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Full text of "Les amateurs de l'ancienne France: Le surintendant Foucquet"

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lUhl.lOTlIllQUt:    INTEUNATIONAI.i;    Ut    LAKT 


LES  AMATEURS  DE  L'ANCIENNE  FRANCE 


LE    SURINTENDANT    FOUCQUET 


P.XRIS.  _  IMPRIMI-RIK  m-    I.ART.  J.  ROL  AM.   IM  PR  I  MK  LR-KDITF.l  R 

41,    UUi;    DE    LA    VICTOIRE,    4I. 


I^,ir,I.10THÈQUE   INTFRNATIONAI.F  DV.    LART 


LES  AMATEURS  DE  L'ANCIENNE  FRANCE 


LE  SURINTENDANT 


FOU  COU  ET 


EDiMOND    BONNAFFE 


I  j  1  ;  K*  A  I  1  M  I-:    I  )  I-:    i  .  .\  i  :  r 

I'  \1<  l>    I    I     ION  DON 

3i,      VXt.M'I.      111.     l'ol'KHA,     r\Uls  ^  'M.     >iK\V     IIOND     «THKKT,     I.OMUOM 

J    KOLAM,     IM1M(IM[:UR-KDITI£UU  |     KKMINGTON    AND   Co,    PlMtl.lSHKRS^ 

i88j 


^    DEC    31968 


\/ 


SALON    DU    CHATEAU    DE    VAUX,    CARrATlDES    PORTANT    I.ES   SIGNES    DU    ZODIAQUK. 


^jix.^jLejtxrrg.ï  JJLr-gTjr^  tji^gxxJXXtXJJ-gn 


LES    AMATEURS 


\X(:ii:n\f   i-hance 


LE  SURINTENDANT 


j& 


.j_, 


FOUCQUET 


Ln  Curiosilc  française  nu  xvii*  »iiclc.  -  \xs  Précurseurs  Uc  NicoU»  Foucquct  :  M-  Je  RambouilUl. 
I«  cnrilinnl  Miuarin,  les  griyyrs,  le»  financier». 


I.c  xvii'  sicclc  marque  une  crc  nouvelle  pour  la  curiosité  fran<^ai<ic, 
elle  {^raiiclit,  se  transforme,  prenil  son  aplomb;  comme  la  société  même, 
clic  se  lait  moderne.  Deux  femmes,  deux  Italiennes,  ont  singulièrement 
favorisé  celle  évolution,  Marie  de  Médicis  et  la  marquise  de  llambouillet. 
Lune  apportait  en  l'iance  le  .lioùt  traditionnel  de  sa  famille,  l'amour  de 
la  peinture,  pour  en  faire  un  des  attributs  du  courtisan;  l'autre.  C.athe- 


2  I.KS    AMAll.l.  i(^    IJK    l.'A  N  CI  H  N  N  K    1"|{ANCK 

linc  (le  \'iv(innc  ',  en  bouleversant  l'architecture  intérieure  des  maisons, 
ouvrait  la  porte  toute  grande  à  la  curiosité,  lui  préparait  un  logement, 
la  faisait  entrer  clans  les  UKCurs. 

(  )n  ne  sait  pas  assez  (|iie  l'Iukel  de  Hambouillet,  Toracle  du  brm 
ton  et  du  bel  esprit,  fut  aussi  le  modèle  des  arrangements  élégants,  des 
distributions  ingénieuses,  le  type  nouveau  du  bien-être  chez  soi-'.  Le 
moyen  âge,  toujours  sur  le  (jui-vive  et  prêt  à  déménager,  avait  façonné 
la  vie  intérieure  à  son  image  :  une  salle  commune  tenant  lieu  de  chambre 
à  coucher,  de  salon  et  de  salle  à  manger;  peu  de  meubles,  beaucoup  de 
coussins,  de  taj^is  et  de  coffres  ;  un  outillage  simple,  pratique,  solide  et 
peu  encombrant.  La  Renaissance  hérita  de  ces  principes,  mais  sous 
bénéfice  d'inventaire,  se  réservant  de  les  interpréter  librement,  à  sa 
manière,  avec  ses  grâces  et  sa  belle  humeur.  Le  .wii"-'  siècle  n'avait  point 
d'attaches  dans  le  passé;  il  amenait  une  société  neuve,  avide  de  paix,  de 
bien-être  et  pressée  de  se  consolider.  M"""  de  Rambouillet  le  comprit  à 
merveille;  interprète  de  son  temps,  elle  mit  à  son  service  deux  facultés 
qui  ne  marchent  pas  souvent  d'accord,  l'instinct  du  confort  et  l'imagi- 
nation de  l'artiste.  «  Le  goût  fin  et  savant  tout  ensemble  de  cette 
héroïne,  dit  Sauvai,  a  découvert  des  agréments,  des  commodités  et  des 
perfections  ignorées  môme  des  anciens,  et  que  depuis  on  a  répandues 
dans  tous  les  logis  propres  et  superbes.  )^  C'est  à  elle  que  nous  devons 
les  chambres  de  dimension  moyenne,  multipliées  suivant  leur  destination, 
les  dégagements  commodes,  les  tentures  de  soie  pour  remplacer  les 
tapisseries  réservées  aux  salons  d'apparat,  les  cheminées  proportionnées 
aux  chambres  et  faites  ]5our  la  causerie  du  coin  du  feu,  les  fenêtres  sans 
ajipui.  ouvrant  dans  toute  la  hauteur,  pour  répandre  l'air,  le  jour  et  la 
gaieté,  des  meubles  plus  variés,  plus  maniables".  Sans  cesse  préoccupée 
de  rendre  son  hôtel  plus  commode,  son  salon  plus  attrayant,  elle  combine 
des  ])lans,  des  embellissements  nouveaux  :  «  Un  soir,  après  y  avoir  bien 
rêvé,  elle  se  mit  à  crier  :  \'itc,  du  ])apier;  j'ai  trouvé  le  moyen  de  faire 

1.  F-'ilIc  ilu  niariiuis  Pisani  et  d'une  Savclli. 

2.  De  l.aborde,  Palais  Ma^ariii. 

3.  De  I.abordc,  ibid.  o  C'est  la  pi-emicre,  dit  Tallemant  (II,  4S7),  qui  s'est  avisée  de  faire  peindre 
une  cliambrc  d'autre  couleur  que  de  rouj^e  ou  de  tanne;  et  c'est  ce  qui  a  donne  à  sa  grande  chambre 
le  nom  de  la  chambre  bleue,  n 


LK    SURINTENDANT    FOUCQUET  3 

ce  que  je  voulois.  Sur  Ihcure  clic  en  fit  le  dessein,  car  naturellement 
elle  sayt  desseigncr  et,  des  qu'elle  a  veu  une  maison,  elle  en  tire  le 
plan  fort  aisément  '.  ■)  N'oiture  lui  C'crivait  à  sa  fai^on  hyperbolique  : 
«  En  vous  jouant,  vous  avez  fait  des  dessins  que  Michel -Antje  ne 
dcsavoucroit  pas.  »  C'est  une  Parisienne  de  sang  italien  ;  elle  aime  les 
tableaux-,  les  objets  d'art,  les  curiosités,  toutes  les  belles  choses  qui  sont 
le  charme  des  yeux,  l'àmc  du  logis,  l'esprit  de  la  maison.  Elle  sait  les 
arranger,  les  faire  valoir,  les  combiner  avec  la  décoration;  elle  fait,  qu'on 
me  passe  le  mot,  de  la  curiosité  appliquée.  «  Tout  est  magnifique  chez 
elle  et  môme  particulier,  les  lampes  y  sont  différentes  des  autres  licu.x. 
Les  cabinets  sont  pleins  de  mille  raretés  qui  font  voir  le  jugement  de 
celle  qui  les  a  choisies;  l'air  est  toujours  parfumé  dans  son  palais,  diverses 
corbeilles  magnifiques,  pleines  de  fleurs,  font  un  printemps  continuel 
dans  sa  chambre,  et  le  lieu  où  on  la  voit  d'ordinaire  est  si  agréable  et 
si  bien  imaginé,  cju'on  croit  être  dans  un  enchantement  lorsqu'on  y  est 
auprès  d'elle''.    » 

M""-  de  Kambouilict  fit  école;  chacun  voulut  imiter  plus  ou  moins 
les  belles  inventions  de  \' incomparable  Arthcnice,  ses  arrangements  nou- 
veaux, ses  distributions  commodes,  sa  façon  originale  et  pittoresque  de 
comprendre  le  chez  soi.  Des  lors  la  curiosité  pénètre  dans  la  vie  privée, 
elle  élargit  son  domaine  et  sa  clientèle.  Aux  médailles,  aux  livres,  aux 
antiques,  aux  monuments  sévères  de  la  science  et  de  l'histoire,  viennent 
s'ajouter  les  meubles,  les  porcelaines  de  la  l^hine,  l'orfèvrerie,  les  estampes 
et  les  peintures  contemporaines.  L'art  moderne  prend  sa  place  à  côté 
de  l'art  ancien.  I.c  cabinet  de  tableaux  et  la  bibliothèque  deviennent  un 
luxe  nécessaire,  l'accessoire  obligé  de  toute  installation  élégante.  On 
les  entoure  de  ceintures  (étagères),  on  ménage  ilans  la  boiserie  des 
ouvertures  garnies  de  rayons,  des  relais  pour  mettre  les  rareté^  '.  Les 

I.  Tnllcmmu,  i*i./. 

i.  Scuilcry,  iliin»  son  (UiUloniir,  l'iiris,  Courb«,  t(>4(>,  cilo  pluiicun  peinture*,  |HI|(c>  N7,  tfo,  o5 
u(  1 11,1,  i|ui  ilcvnicnt  se  trouver  chc<  M-*  Je  Rnnibouillot.  I.e  in«r«)ui»  uvaii  rapparie  Je  Kome  un  tableau 
J'Annibiil  Cnrrnchc,  /c  M,trlyre  >/c  .utiiit  /ititmtc,  >|ui  fut  enkuite  Jonne  au  Roi  par  le  Juc  Je  Montau* 
nier.  (Au  l.iuivrc,  n*  i.p.i 

*.  M"*  lie  SiUilcry.  .l»Minrilr  i>ii  le  /,'i-,tii./  (\riii.   l'iiti».  ;hi.-;  ,\<K  ts;.  \'ll.    . 

.).  Mcni    ilti  l'iirJiitit!  Je  Ricliclicii  >iir  lc«  ir>u>i>i\   ii  cxc^tiicr   .1    -^  i.  Ki-i'in-   - 

II.   i:i>. 


4  LKS    AMATKURS    DK    L'ANCIENNE    FRANCE 

cbcnistcs  de  la  cour,  l'icirc  (iolc,  Doincnico  (Àicci  et  Macc  de  Blois, 
fabriquent  ces  maj^nifiques  armoires  en  ébènc,  à  tiroirs  et  j,fradin  inté- 
rieurs, où  les  femmes  installent  en  bel  ordre  les  miniatures  et  les  bijoux 
«  montes  en  or  à  ravir  »,  les  émaux  et  les  ivoires,  les  coquilles  et  les 
cristaux  de  roche,  les  laques  et  les  porcelaines,  toutes  les  raretés  cjue 
Ton  trouve  à  la  foire  Sainl-(ierniain ,  à  la  foire  Saint-Laurent,  au  grand 
magasin   île  1  Aiche  de   Noé'. 

La  réforme  imaginée  par  la  marquise  exerça  même  son  influence 
sui-  la  peinture.  Du  moment  que  l'on  remplaçait,  dans  l'intimité,  les 
anciennes  tapisseries  par  des  tentures  de  soie  destinées  à  recevoir  des 
tableaux,  l'artiste  devait  nécessairement  augmenter  le  nombre  et  diminuer 
le  foi-niat  de  ses  com|K)silions,  ])our  les  mettre  à  l'échelle  des  nouveaux 
appartements.  Le  Poussin  lui-même  fut  oblige  de  sacrilier  à  la  mode  : 
«  On  lui  envoyoit  de  divers  endroits,  dit  l'"elibien,  et  ])articulièrement 
de  Paris,  des  mesures  pour  avoir  des  tableaux  de  cabinet,  d'une  grandeur 
médiocre;  ce  qui  luy  donna  occasion  de  renfermer  son  pinceau  dans  des 
bornes  un  peu  étroites'-.  »  Ainsi  le  peintre  jette  dans  la  circulation  un 
plus  grand  nombre  d'objets  d'art  mobiles,  relativement  moins  dispendieux, 
faciles  à  placer,  à  déménager,  pouvant  se  vendre,  s'échanger,  passer  de 
main  en   main;   il   fait  les  affaires  de  la  curiosité. 

.\kizarin  reprit  à  son  tour,  sous  une  forme  nouvelle,  l'œuvre  de  ses 
deux  devancières.  Marie  de  Médicis  avait  fait  de  la  curiosité  officielle, 
M""  de  Rambouillet  de  la  curiosité  intime,  le  cardinal  fit  de  la  curiosité 
politique.  On  connaît  sa  collection  fameuse,  un  des  recueils  les  plus 
magnifiques  et  les  plus  intelligents  que  la  France  ait  jamais  possédés  : 
67G  tableaux  et  241  portraits  des  maîtres  les  plus  renommés,  35o  antiques, 
411   tapisseries,  5o,ooo  volumes  et  400  manuscrits,  21   cabinets  d'ébène, 

I.  Bien  que  les  porcelaines  de  la  Chine  aient  paru  dans  les  cabinets  d'amateurs  dés  le  xvr  siècle 
(voir  les  Cullcctionnetirs  de  l'ancienne  France),  la  mode  de  ces  curiosités  ne  date  réellement  que  du 
xvii°  siècle.  Ch.  Patin,  dans  son  Introduction  à  l'histoire  des  médailles,  parle  des  cimelia  miirrhinonim 
Sinensium  ac  Japuncnsium.  L'Arche  de  Noé,  dans  l'ile  du  Palais,  était  le  magasin  principal  «  où  l'on 
vend  toutes  les  curiosités  naturelles  ou  artificielles  des  Indes  ou  de  l'Europe.  »  (Evelyn,  p.  aSi.)  Sur  les 
foires  de  Saint-Germain  et  de  Saint-Laurent,  voir  Sauvai,  I,  ÔG4-65.  La  ville  de  Dieppe  avait  aussi  la 
spécialité  de  vendre  n  tout  ce  que  les  Indes  orientales  peuvent  fournir  de  cabinets,  de  porcelaines  et 
d'autres  choses  rares  et  précieuses.  »  (Evelyn,  p.  2b\.]  Pierre  Borel  cite  encore  à  Amsterdam  «  le 
magasin  des  Indes  ». 

■1.  F'elibicn  (11,  324).  Voir  aussi  le  Journal  du  Dernin,  Ga-;ctte  des  Beau.v-Arts,  XXll,  2'  pér.,  95. 


KI.USAUN     kl      UKVISK     Ut     MICOI.A.S     tu- 
l)»«iii  Je  l.c  llruu.  ir.ollcvlhin  Je  M.  AU   ■>•» 


LE    SURINTKNDAN T    FOfCQUET  7 

d'ivoire  et  de  mosaïques,  des  miroirs  d'argent,  des  lustres  et  des  giran- 
doles de  cristal  de  roche,  des  coupes,  des  aiguières  de  matières  précieuses, 
une  vaisselle  et  une  orfèvrerie  incomparables.  «  Ces  propretés  de  cabinets 
et  de  cristaux,  disait  un  jour  Chantelou  au  Bernin',  se  sont  introduites 
sous  la  Régence  qui  étoit  un  gouvernement  de  femmes,  et  M.  le  cardinal 
Mazarin  les  a  cultivées  pour  entretenir  et  divertir  le  Roi.  >■  Laissons 
dire  Chantelou,  il  avait  servi  la  Fronde  et  gardait  rancune  à  .Mazarin. 
Divertir  le  Roi!  le  cardinal  n'y  pensait  guère  :  en  prenant  à  l'Italie  ses 
chefs-d'œuvre,  à  Florence  ses  mosa'iques  et  ses  matières  précieuses,  à 
la  Flandre  et  à  l'Angleterre  leurs  tapisseries,  à  \'cnise  ses  miroirs  et 
ses  dentelles,  à  l'Orient  ses  tapis  et  ses  damasquinures,  à  la  Chine  ses 
soieries,  ses  laques  et  ses  porcelaines,  Mazarin  voulait  faire  de  son 
palais,  suivant  le  mot  de  Laborde -,  «  une  sorte  d'e.vposition  générale  des 
produits  de  l'industrie  »,  fournir  des  modèles  à  nos  artistes  et  populariser 
le  goût  des  collections.  Malgré  les  critiques,  les  pamphlets  et  les  chansons, 
il  eut  la  gloire  de  réussir. 

Ainsi  se  consolidait  de  jour  en  jour  la  curiosité  française.  Encouragée 
par  le  ministre,  patronnée  par  la  moilc,  luxe  nécessaire  pour  les  uns, 
étude  attrayante  pour  les  autres,  elle  faisait  son  chemin  par  le  monde, 
brillante,  active  et  remuante.  Déjà  le  curieux  a  un  sobriquet,  on  l'appelle 
un  grippe;  on  le  chansonne ,  on  danse  à  la  cour  le  ballet  des  fTtppc:; 
à  la  mode'.  Vn  recueil  iiiéilit  tiu  temps*  met  en  scène  tous  les  p-ippés 
du  jour  et  chacun  délile,  débitant  des  couplets  de  circonstance.  \'oici  les 
quatrains  liu  i^rippi'  des  nicdiiillcs;  à  coup  sûr  Corneille  n'a  point  passé 
par  là,  mais  les  chansonniers  n'y  regardent  pas  de  si  près  ; 

Dedans  mes  niéJ.iillcs  de  cuivre 
Je  lys  les  belles  iiciions 
Des  héros,  et  je  l'iiis  revivre 
l.cs  Césars  et  les  Scipions. 
l'ourles  morts  seuls  j'ai  ceste  envie 
De  priser  les  antiquités; 
Mais  pour  celles  qui  sont  en  vie, 
J'tidore  les  jeunes  beautés. 

I    Journal  Jii  lii-rmn,  y.  '}H(t. 

■i.    J'itlitis    .t/.If.lllll. 

!<•  Calai.  .Soleiimc,  III,  p.  H.S,  cilo  p«r  Ed.  Fournicr  dan»  le  tiVrr  commoJr. 
.).  Itibl.  nnt.,  inss,  f.  Ir.,  n*  n.iiii,  p.  iliN. 


8  m:s  ama  l'KiiKS  ni-:  i/ancirnnf.  FRANcr: 

Le  ^l'ippc  de  la  roquaillc.   l'amateur  de  coquilles, 

Fstimc  un  rucher  ilc  roquiiillcs 
Beaucoup  plus  qu'un  cœur  de  rocher. 

Les  cou]:)lcts  du  grippe  de  tableaux  sont  d'assez  mauvais  ton  : 

Une  femme  toujours  caquette, 
Ne  vous  Unissant  jamais  en  paix; 
Mais  une  peinture  est  muette 
Et  ne  vous  cstourdit  jamais. 
Une  femme  un  temps  ne  peut  phiire. 
Voulés-vous  sçavoir  comme  quoy 
Je  prends  du  phiisir  à  les  faire, 
Mais  non  à  les  prendre  cheux  moy. 

Le  prippé  des  miroirs  '  trouve  dans  sa  curiosité  l'avantaci'C  philoso- 
phique dc^c  se  cognoistre  soy-mcsmc  ».  Le  grippé  des  verres  et  le  grippé 
des  pierreries  vantent  leur  prédilection  ,  chacun  à  sa  manière.  11  y  a 
encore  le  grippé  des  fleurs,  le  grippé  du  Peluii,  le  taLxic  «  qu'on  appelle 
l'herbe  à  la  Reyne  »,  le  grippé  des  poules  et  des  pigeons, 

Kst-il  une  grippe  pkis  belle 
Que  d'avoir  poules  et  pigeons 
Qui  soient  ;'i  la  mode  nouvelle? 

Et  la  liste  est  loin  d'être  complète;  notre  chansonnier  anonyme  ne 
parle  ni  des  estampes,  ni  des  pierres  gravées,  ni  des  armes,  ni  des 
chinoiseries ,  etc. 

En  1G4S,  à  la  veille  de  la  Fronde,  quatre-vingt-dix  villes  en  France 
sont  déjà  pourvues  d'un  ou  de  plusieurs  amateurs-;  Paris  compte  cin- 
quante cabinets  curieux  à  une  époque  où  Rome  n'en  possède  que  huit  ^ 

1.  Les  glaces  de  miroirs  venaient  encore  à  cette  époque  de  Murano  ;  c'était  presque  une  rareté  et 
l'on  en  faisait  de  véritables  collections.  P.  Borel  cite  un  amateur  de  Nancy,  "  M.  Rignol,  bourgeois, 
curieux  des  miroirs  et  des  perspectives  ».  Le  fournisseur  à  la  mode  était  Poquelin,  qui  faisait  un 
grand  commerce  de  points  et  de  glaces  de  Venise.  C'est  lui,  dit  Savary  {Dictionnaire^,  «  qui  trouva  le 
moyen  d'attirer  des  ouvriers  vénitiens  qui  vinrent  à  Paris,  où,  après  quelque  temps,  les  ouvriers 
français  qui  travaillèrent  d'abord  sous  eux,  se  perfectionnèrent  de  telle  manière  que  les  glaces  soufflées 
de  France  devinrent  intiniment  plus  belles  que  celles  de  Venise.  "  En  iGô5,  Poquelin  obtint,  avec 
Nicolas  du.  Noyer,  le  privilège  pour  l'établissement  de  la  première  manufacture  de  glaces  qui  fut 
installée  à  Tourlaville,  près  de  Cherbourg. 

2.  J'ai  réuni  une  liste  de  i,noo  noms  environ  d'amateurs  français  au  xvii"'  siècle;  cette  liste  sera 
publiée  prochainement. 

3.  Sans  compter  les  galeries  de  tableaux  et  de  sculptures. 


LE  SURINTENDANT  FOL'CQL'ET  «j 

et  Londres  cinq  '.  La  curiosité  pénètre  dans  toutes  les  classes  et  dans 
tous  les  mondes;  c'est  un  terrain  neutre  où  les  ducs  de  Richelieu,  de 
la  Vrillicre,  de  Créqui,  de  Liancourt,  de  Verneuil,  de  Grammont,  font 
concurrence  au  banquier  Jabach,  au  médecin  Delorme  et  au  brodeur 
Henry.  Le  curieux  est  homme  de  cour  avec  Bussy-Rabutin  et  Beringhem, 
apothicaire  avec  Nodin  et  Catelan,  homme  d'église  avec  La  Noue, 
de  Marolles,  Claude  Maugis,  Séguin,  Feydeau,  l'abbé  de  Louvois.  Il  est 
orfèvre,  magistrat,  horloger,  avocat,  diplomate,  bourgeois,  artiste,  prince 
du  sang  comme  Gaston  d'Orléans,  poète  comme  Scudéry  et  pâtissier 
comme  Tribou,  qui  collectionne  «  les  tableaux,  les  armes  des  Indes,  les 
couteaux   de  Turquie  et  de  Perse  -  ». 

La  finance  à  son  tour  se  jette  dans  le  mouvement  avec  son  cortège 
de  partisans ,  de  gens  d'affaires  et  de  fermiers.  Tous  ces  par\'cnus 
faisaient  alors  grand  tapage,  renversant  les  vieux  hôtels  parisiens  pour 
bâtir  leurs  nouveaux  palais,  détruisant  les  villages  et  comblant  les 
vallées  pour  installer  leurs  châteaux,  leurs  parcs  et  leurs  pièces  d'eau  "'. 
Du  jour  où  la  curiosité  devint  un  lu.xc,  ce  fut  à  c|ui  aurait  les  tableaux 
des  plus  grands  maîtres,  les  cabinets  les  plus  rares,  les  bibliothèques 
les  mieux  p<iurvucs'',  les  galeries  les  mieux  décorées.  La  Basinièrc, 
Trésorier  de  l'épargne,  ir/otègc  Le  Brun;  d'Hervart.  que  l'amitié  de  La 
Fontaine  a  rendu  célèbre,  patronne  Mignard  ;  Guénégaud  réunit  à  son 
château  (le  Frcsncs  une  remarquable  collection  de  tableaux;  de  Chambré, 
Trésorier  des  guerres,  grand  amateur  île  musique  et  de  peinture,  fait 
illustrer  pai  Le  Sueur,  .\braham  Bosse  et  Nanteuil,  les  compositions 
musicales  de  son  ami  Denis  (iaultier.  On  cite  les  livres  et  les  estampes 
de  (,)uerver,  Receveur  général  îles  finances,  les  tableaux  de  Mauroy, 
les  médailles  de  (Iharron    et    de   Basin  de  Limeville.  intéressé  dans   les 

t.  I.cx  collections  fntiicusc*  ilc  Charlc»  I",  Je  lorU  ArunJcl,  du  Juc  Je  Buckingham.  le  cabinet 
lie  John   lliirgravc,  cl  celui   ilcs  frère»  Triulcjcunl.  Ce  ilcrnicr  fu«  Icjsuc  à  Klic  A»hinol  ci 
lui  II  l'l!iiiver»ite  iri)xforil  en   iiiS.'.  Voir  à  vc  Niiici  un   cv^iltcnt  ir.n.til  .le  M.  Nctl'ill  J«i- 
tcrly  Hfi'icw,  oct.  iHHo. 

ï.  J.  Spon,  Aiiliifuil^s  Je  la  ville  Jr  /,i  <i>i.  i";  -.  t.>i.nii  1.A111  .i.im  »<•»  .■.■«riM/  en  i6>a  :  •  Ici 
ik  Piirii)toul  pemonnagc  >le  rnn);,  qui  ne  bAlil  une  mai>on,  te  croit  obligé,  ()ueUcs  t)ue  loicnl  d'ailleurs 
se»  prelcniion.t  intclleclucllcii,  d'avoir  son  cabinet  et  >«  bibliothè>)ue.  » 

;<.  Snuviil,  Ml,  .Si. 

.).  Vuirc  niOiiie  de*  bibliuthc>)uc*  pour  la  montre,  ne  conicnani  i)uc  de*  doa  da  voluiuc*.  Sauvai, 
I,  iH,  et  II,  333. 

i 


,0  LES    AMATliliKS    U\:    L' A  N  CI  K  N  N  K    rUANCI': 

fermes.  I.cs  liiKiiu'icis  de  pioviiuc  riv;iliscnl  avec  leurs  confrères  pari- 
siens :  à  l-y"".  'i  ■\''^'  -'  Mouen,  à  liordcaux,  de  l'ianclle,  Sibon,  Bigot, 
de  hois!4arnicr  loiment  des  recueils  célèbres  de  tableaux,  de  livres, 
cranli(|ues,  tie  monnaies,  de  manuscrits. 

L'heure  elait  venue  pour  l'"(iuci|uel  d'entrer  en  scène. 


11 


Nicolas  Foucquct,  François  Foucqucr,  Saint-Mandé,  la  bibliothèque,  les  sarcophages. 
Vaux-lc-Vicomtc,  inventaire  du  château. 


icoi.As  Polcqlkt'  est  une  des  jurandes 
fif^urcs  de  la  curiosité  parisienne.  11  aime 
les  lettres,  les  arts,  les  poètes,  les  fem- 
mes, les  lleurs,  les  tableaux,  les  tapisse- 
ries, les  livres,  les  antiques,  tous  les 
luxes  et  toutes  les  élé<,'ances  ;  un  de  ses 
juives  rappelait  omnium  curiositatum  cx- 
ploralor  -.  C'est  un  délicat  et  un  clair- 
voyant, qui  choisit  tout  dabord  .Molière 
et  La  Fontaine,  Le  Nôtre  et  le  Poussin, 
Pufret  Le  Brun  et  La  Quintinie,  avec  .Mcnneville  et  du  Fouilloux. 
les  deux  plus  jolies  Hlles  de  la  cour,  au  dire  de  Racine  qui  sy 
connaissait.  Amoureux  de  gloire  et  de  ijrandeur,  u  le  plus  magnifique 
et  le  plus  curieux  homme  de  s..n  temps  »,  séduisant,  politique, 
rompu  aux  alVaires,  il  a  le  c.up  d<eil,  la  passion,  la  puissance  et  la 
fortune,  tous  les  di>ns  i|ui   font  l'amateur  de  haute  taille  '. 

.le  n'ai  pas  à  refaire  ici  le  procès  de  Koucquet.  L'histoire  et  la 
chronique  scandaleuse  se  sont  partagé  la  besogne;  on  a  louillé  les 
gazettes  et  les  mémoires,  iléchillVé  les  mystères  de  la  fameuse  cas.scttc; 
on   a  raconté   pai    le   menu   ses  aventures,   ses  faiblesses,   ses  dilapida- 

I.  Jiii  conserve  liincicnnc  orlhoBraphc.  celle  de  Nicola»  Foucquct  lui-même  (»oir  M  aignalurc, 
p.  37)  et  de  presque  lnu»  «c»  conlenipornin». 

a.  Oiuiiiir»  soiniiuirc  Jf  cr  ,}ui  .1  H^  invi-nlarié  à  Sainl-ManJc,  Bibl.  Nal.,  mu.  «uppl.  fr.,  109W: 
—  Bibl.dc  \inucn,  t'ttpifrs  J'drmf  (son,  vol.  VI. 

».  Voir  non  portniii  par  l.c  l»run  Nantcuil  »  lait  un  »h:«u  portrait  J«  Foucquct.  «i  i»ii»i««i,  i«i«'>i  : 
M.   II.   Ui.rdier  croit  reconnnltrc   Foucquct  dan»  un    email  de  Pclitot   de  la  collection  Go«forJ.  en 

An({lclcrrc.    {".laudc    Mclliin  n  uravc   «on    portrait  en    M/m  et  rnllc»   Bou»»clcl   <—    ''    ^'  ••"••' 

l'a   peint  ver»  HWio. 


12  LKS    AMA  I  1,1KS    Dl'i    I/ANClENNli    KUANCi-: 

lions,  sfiii  inltrminai)lc  pinces,  sa  li)ii;;uc  ca|)tivitL'.  I-c  financier, 
riinmnic  i)i>liiii[iic  cl  riiomine  prive  ne  sont  pas  mon  alFaire;  c'est 
rainatciii-  i|ui    ])osc. 

Il  iiai|tnt  en  i(m5.  Son  pèie,  l''rancfiis  I-Vjucquct,  conseiller  dlàat, 
l'un  (les  liiiUHiics  les  |ilus  intèi^rcs  de  son  temps',  avait  formé  un 
cabinet  rLnKii(|ual>lc  ilc  médailles  et  de  livres.  i*circsc  en  parle  dans 
Mil  i\c  ses  manuscrits-;  r)n  sait  (jue  le  savant  amateur  ne  manijuait 
jamais,  en  voyage,  de  visiter  les  cabinets  célèbres  et  d'en  noter  les 
particularités  les  ])lus  intéressantes,  j-'n  \ù\()  nu  i6i6-',  se  trouvant  à 
PaiMs,  il  ne  manqua  pas  d'aller  voir  la  collection  de  François  Foucquct 
et  décrit    longuement    ses    médailles  romaines  en  or  et  en  argent  ''. 

Nicolas  l''ouc(]uct  hérita  des  i^oùts  de  son  ])ère  et  débuta  comme 
lui;  il  acheta  des  monnaies,  des  médailles  et  des  livres;  c'était  assez 
pour  un  jK'tit  maître  îles  requêtes.  Mais  Foucquet  savait  attendre,  il 
croyait  à  sa  bonne  étoile  et  ses  amis  l'avaient  déjà  surnomme  l'Aveuir. 
La  Fronde  décida  de  sa  fortune.  Resté  fidèle  à  Mazarin  pendant  les 
mauvais  jours,  il  appi'it  à  son.  école  les  grandes  aflaires  cl  la  grande 
curiosité.  V.n  i()5o,  il  avait  acheté  la  charge  de  Procureur  Général 
au  Parlement  de  Paris;  trois  ans  plus  tard  il  était  nommé  Surintendant 
des  b'inanccs.  La  Fronde  venait  de  dire  son  dernier  mot,  Mazarin 
triomphant  s'apprêtait  à  refaire  ses  collections  dispersées  et  chacun  se 
hâtait  de  réparer  le  temps  perdu.    Foucquet  se   mit  à  l'œuvre  à  son  tour. 

Il  possédait  alors  deux  maisons  principales,  Saint-Mandé  et  \'aux- 
le-\'icomte  ■"'.     Saint-Mandé,    sa    résidence    habituelle,    avait    le    double 

1.  \'oii-  SOS  titres  dans  son  épitaphe  citce  par  Hiirtaut,  I\',  S40.  Il  avait  épousé  Marie,  fille  de 
Gilles  de  Maupeou,  seigneur  d'Al'>leiges,  contrôleur  général  des  finances.  François  Foucquet  mourut 
en   1(140. 

2.  Conservé  dans  la  bibliothèque  du  musée  Meermanno-Westreemanum  de  La  Haye.  M.  le 
D'  C^ampbcll,  directeur  du  musée,  a  bien  voulu  prendre  la  peine  de  faire  pour  moi  un  e.xtrait  très 
étendu  de  ce  précieux  manuscrit;  je  tiens  à  l'en  remercier  ici  publiquement. 

3.  Une  coupure  en  haut  de  la  feuille  du  manuscrit  ne  permet  pas  de  fixer  la  date  plus  exacte- 
ment. 

4.  I.e  Père  du  Molinet  \Cabinct  de  Saintc-Gcncvicve,  lOq-j),  parle  d'une  «  agathe  antique 
portant  le  nom  d'Agrippine,  qui  avoit  appartenu  à  Tristan  de  Saint-.\mant,  lequel  l'avoit  eue  de 
M.  Foucquet.  » 

5.  Foucquet  logeait  à  Paris  rue  Saint-Thomas-du-Louvrc.  11  acquit  par  son  mariage  une 
maison,  rue  du  Temple,  appartenant  à  sa  femme  Magdeleine  de  Castille.  En  it)38,  il  acheta  Belle-lsie 
et  vers  la  même  époque  l'hôtel  d'Émery,  à  Paris,  celui  que  Sauvai  appelait  le  Commode.  Cet  hôtel 
disparut  dans  les  démolitions   nécessitées   par  la   construction   de   la  place  des  \'ictoires.  \  Fontaine- 


IL 


IIIIIIIIIIIIIIIIIIIUIIIIIIIUIIIIIIIIIIIIllllllllllllllUllllllllllllllllIlIlllllllllllllllllllllllllllllllllMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIllllllllllllllllH^^ 


NICUI.AS      FOUCIjUKT,     l' A  H      LE     HKUN. 


LE    SURINTENDANT    FOLCQUET  i5 

avantage  d'être  aux  portes  de  Paris  et  de  Vinccnnes  où  .Mazarin 
passait  dordinaire  la  belle  saison.  Les  jardins  de  Foucquet  touchaient 
au  parc  royal  et  le  surintendant  pouvait  traverser  directement  de 
chez  lui  chc/  le  cardinal.  Dans  l'origine,  le  domaine  se  composait 
de  deu.\  propriétés  vendues  par  M""  de  Beauvais  '.  Peu  à  peu  Fouc- 
quet acheta  de  nouveaux  terrains,  augmenta  les  bâtiments,  ajouta  des 
appartements,  des  cours  (il  y  en  avait  sixi,  une  galerie,  une  biblio- 
thèque; si  bien  que  la  construction  revenait,  au  dire  du  maître  maçon-, 
«  pi)ur  le  moins  à  onze  cent  mille  livres  dont  le  plus  beau,  qui  est 
commence,  rcstoit  à  parachever"  )>.  L'abbc  de  Marollcs  parle  «  des 
belles  choses  que  Foucquet  faisoit  peindre  à  Saint-.Mandé,  et  des 
inscriptions  latines,  confiées  aux  soins  de  Nicolas  Gervaise,  méde- 
cin''. »  Un  document,  conservé  aux  Archives',  donne  u  l'estimation  et 
kl  prisée  des  statues,  bustes,  scabellons,  colonnes,  tables  et  autres 
ouvrages  de  marbre  et  de  pierre  étant  à  Saint-.Mandé  »,  dans  la 
galerie,  le  salon,  la  bibliothèque,  l'orangerie,  les  jardins  et  les  maga- 
sins. Un  grand  nombre  de  ces  pièces  sont  antiques;  les  autres,  pour 
la  plupart,  sont  ilc  la  main  de  .Michel  .Anguier.  le  sculpteur  favori  de 
Foucquet,  (]ui  passa  trois  années  à  Saint-.Mandé,  de  i<i33  à  i('>58.  On 
citait  parmi  ses  meilleurs  ouvrages  un  Hercule  de  six  pieds  de 
haut  '•  et  "  une  (.'Invite  serrant  en  ses  bras  un  entant  enilormi  et 
qui  en  a  un  autre  à  ses  pieds,  et  ileux  i|ui  en  sont  tnut  proches, 
piiui  représenter  .M""-'  l''oucquet  et  ses  entants,  et  marquer  la  ten- 
dresse   et    l'union    ipii     régnoient    dans   cette    famille  *.    "    Ce   groupe 

bicnu,  l-'uucquct  iiviiii  un  lugciiiciit  l'i  ^ll(^tcl  ilcs  surintcniUnts  ilcs  linniu-cs  t>Uli  par  l.ouit  Xtll.  Ilur- 
taut,  III,  -1. 

I.  (^iithcriiic-llcnricttc  livllicr,  prciiiicrc  l'cmnic  Je  chambre  J'Annc  J  Autriche.  Cherud, 
Mcmuirci  de  la  vie  ,ic  l-'oiic>)iiel ,  II,   iSi. 

i.  Il  s  a|<pcliiil  l'iiMcl. 

i.  Discours  smninaire,  etc.,  Jcj.t  cilc. 

.(.  Mcmoircs,  III,  jjK,  iH'y.  I.ch  sUk>  ctaiciii  l'icuvrc  Jc|  l'icti'i  S.i>>i.  uit  artiiti:  italien,  ^^ui  lu), 
jucmi»,  uppvlc  en  l''riini;e  par  Maiarin  cl  iravailla  pour  lui.  ;,/oiiriM/ Jii /Ifrnin,  (J.lf.  Jet  Oe^HX-.irtt, 
.\XI\',  :<iij.)  Un  lie»  pluloiuU  était  peint  par  l.c  lirun.  ,Mim.  Jet  AcaJ.,  I,  31.) 

S.  Appendice,  page  iii.  I.'eatiiiiatinn  cat  laite  par  Jacques  liouicau,  «culptcur  >le  l'AcaJcinic 
Koynie,  et  Jeun  l.e  Uruc,  maître  iculpicur,  le  ;ii>  février  \(M\.  Il  y  a  vingt-tix  nlaluc*  cl  quarànls^buit 
bustes. 

'I.  Mémoire  Jcs  iXCilJtmiciens,  I,  ||i 

7.  liiiillct  ile  Saint-OeorgM,  Vie  Je  .UicHel  Ait/ciiier.  lîun.  Gre»)',  Ckàle>tu  Je  \'jux-lc' Vie omie, 
Melun,  i8'ii. 


iG  M. S    Ai\l.\  I  1.  l.K.^    i)i:    I.  ANCIKNN  [•:    l-UANCli 

lii;Lii,iit  ilaiis  If  cabinet,  de  l'(  )iani^rcrie.  (rcst  encore  Michel  Anj^uier 
(|ui  composa,  poiif  la  i^aleiic  tle  SaiiU-Mandé,  treize  statues  de  grandeur 
naluielle,  «  représentant  les  divinités  de  l'Olympe  et  copiées  sur  les 
meilleurs  modèles  de  ranti(|ui'é'  >■.  (les  belles  ligures,  alternant  avec 
lienle-trois  bustes  de  bronze  et  de  marl)re,  placés  sur  des  meubles 
et  des  scabcllons,  formaient  autour  île  la  galerie  une  décoration  impo- 
sante   et  magnili(|ue. 

1  ,a  bibliothè(pie  du  suiintendant  est  célèbre  :  «  c'est  là,  dit  le 
gi-aïul  Cloineille -,  (pi'on  attend  ces  précieux  moments  qu'il  dérobe  aux 
occupations  qui  l'accablent,  pour  en  gratifier  ceux  qui  ont  (|uelque 
talent  il'écrire  avec  succès.  »  Composée  de  plusieurs  pièces,  elle  renfer- 
mait environ  27,()()()  \olumes  tlont  7,()(){)  in-tolio,  8,000  in-8"  et  plus 
de  I •_',()()()  in-4",  imprimés  ou  manuscrits.  Dans  une  des  salles  se 
trou\aient  «  les  alcorans,  les  talmuds,  les  rabbins  et  quelques  vieux 
interprètes  de  la  biiblc  «  ;  dans  une  autre,  les  historiens  de  tous  les 
pays,  les  traités  de  médecine,  de  droit,  d'histoire  naturelle,  de  mathé- 
matiques, les  orateurs,  les  poètes,  les  théologiens,  les  philosophes,  les 
savants,  les  livres    à  ligures,  etc.  "'  Partout  des  cabinets  de  médailles  '', 

I.  G.  Hi'icc,  171  ?,  Il,  (Jo. 

■1.  (Kdipe,  1659,  Avis  au  lecteur.  Chcrucl,  Mémoires,  1,  43o.  Foucquet  avait  une  vraie  passion 
pour  les  livres;  dans  les  Conseils  de  la  Sa/^esse  composes  par  lui  dans  sa  prison,  il  écrit  :  «  Vous 
savez  que  je  me  consolois  autrefois  en  livres,  n  II  dota  la  bibliotlièque  des  Jésuites,  au  collège  de 
Louis-le-Grand,  «  de  mille  livres  de  rente  pour  son  entretien  et  pour  l'enrichir  de  ce  qui  pourroit  y 
manquer,  et  lit  construire  à  ses  dépens  les  logements  où  elle  est  établie  ».  {G.  Brice,  169S,  II,  116.) 

Pour  le  dire  en  passant,  cette  question  des  livres  de  Foucquet  est  assez  obscure.  Suivant 
Neimetz  [Séjour  à  Paris,  261),  les  livres  achetés  par  le  Collège  des  Jésuites  avec  la  dotation  de 
Foucquet  0  ci-devant  ministre  d'État  de  France,  sont  marqués  au  dos  de  deux  phi  grecs,  qui 
doivent  signifier  les  lettres  initiales  de  François  Foucquet  u.  Or  le  surintendant  s'appelait  Nicolas. 
M.  de  Montaiglon,  dans  ses  annotations  sur  \'aux-le-A'icomte  par  Eug.  Grésy,  pense  que  le  donateur 
de  la  rente  en  question  serait  le  père  du  surintendant  qui,  en  effet,  s'appelait  François,  mais  comment 
concilier  cette  opinion  avec  les  textes  de  Germain  Brice  et  de  Neimetz  lui-même?  Enfin,  si  l'on 
s'en  rapporte  à  une  note  de  l'abbé  Goujet,  en  marge  de  l'exemplaire  de  Bibliothecis  Parisiensibus 
de  Dan.  Maichel,  1729,  que  possédait  M.  Ed.  Fournier.  le  donateur  de  la  Bibliothèque  des  Jésuites 
ne  serait  pas  le  surintendant  Foucquet,  mais  Fouquet,  marquis  de  la  Varenne.  [Livre  Commode, 
I,  i32.)  Voir  ci-après,  page  48. 

.1.  Lettre  du  conseiller  de  la  Fosse  du  7  octobre  1661  ;  voir  aussi  Vlm'entaire,  prisée  et  estimation 
des  livres  trouvés  à  Saint-Mandé,  du  3o  juillet  i665.  Bibl.  nat.,  mss.  f.  fr.  9438.  Le  total  de  l'estima- 
tion s'élève  à  38,544  livres.  Dans  ce  chifl're  figure  une  somme  de  i,i3i  livres  pour  livres  appartenant 
au  R.  P.  de  Champncuf,  au  collège  de  Clermont.  C'était  un  des  parents  de  Foucquet;  le  26  oct.  1661, 
il  obtint  de  Le  Tellier  l'autorisation  d'entrer  dans  la  Bibliothèque  de  Saint-Mandé,  une  fois  par 
semaine.  {Arch.  Bastille,  vol.  1.)  L'inventaire  est  signé  par  Jacques  ViUery,  Louis  Gontier,  Pierre 
Bicnfaict  et  Pierre  Le  Petit,  libraires-jurés  de  Paris,  et  clos  le  27  mars   lôôô. 

4.  .-Vndré  BouUc  possédait   «    deux  cens  médaillons   grecs,    moules    sur  les   antiques   quavoit 


•5' 


13 


:  2 


> 


o 


I.E    SLRINTt:NUANT    FOUCQLET  lo 

des  cartons  pleins  d'estampes  ',  des  tableaux,  des  statues,  des  bustes, 
des  tables  de  porphyre  et  de  mosaïques,  des  raretés  de  tous  les  âges 
et  de  tous  les  pays  ;  Rcx  Hispaniarum  nihil  taie  hatebat,  disaient  avec 
enthousiasme   deux   voyageurs  espagnols,   à  la  vue  de  ces  mer\-eilles  '. 

Deux  morceaux  extraordinaires  attiraient  surtout  l'attention  des 
curieux  et  des  savants  :  c'étaient  des  sarcophages  égyptiens  de  forme 
humaine,  l'un  de  marbre  blanc,  l'autre  de  basalte,  les  premiers,  disait- 
on,  qui  fussent  venus  à  Paris.  Leur  histoire  est  piquante  et  vaut  la 
peine  d'être  racontée. 

IJn  iG'^2,  des  habitants  de  la  province  de  Saïd  découvrirent  dans 
une  pyramide  deux  tombeaux  contenant  des  momies.  Amenés  au  Caire, 
de  là  à  Alexandrie,  ils  furent  achetés  par  un  marchand  français  et 
embarqués  pour  Marseille.  A  Gênes,  où  le  navire  fut  obligé  de  relâ- 
cher, le  prince  Doria  se  rendit  à  bord  et  offrit  un  prix  considérable 
de  la  cargaison  ;  il  faut  croire  que  la  proposition  ne  parut  pas  assez 
tentante,  car  le  navire  reprit  sa  route  et  gagna  Marseille  le  4  sep- 
tembre i(J32  '.  Là,  CCS  monuments  inconnus  furent  l'objet  de  l'admi- 
ration universelle.  Le  Père  Kircher,  informé  de  l'événement  par  une 
lettre  tilt  Pcrc  Mrussct,  se  rendit  à  .Marseille  pour  les  voir  et  publia 
ses  observations  dans  VŒdipus  .L'isyptijciis  '•.  Quel  fut  l'heureux  pro- 
priétaire de  ces  reliques  pendant  vingt-^cinq  ans?  Je  l'ignore;  pcut-<itrc 
faisaient-elles  partie  du  cabinet  du  s'  (Ihembon  de  .Marseille,  possesseur, 
dit  une  pièce  anonyme  tic  i('>4S  •,  ..  d'idoles  d'Kgypte  pour  serrer  les 
momies  ».  Quoi  qu'il  en  soit,  vers  l'année  1(09,  les  sarcophages  furent 
achetés  poui  le  compte  île  l'oucquet  et  transportés  à  Saint-Mandé. 
Les    momies,    retirées   île    leurs    cercueils,    furent    mises   à    part    dans 

feu  M.  KiiuCv]ucl  •>.  Ces  inciliiilloii!!  l'urciil  brùlc»  Jant  l'inccnilic  t)iii 
3o  ni>ût  1730;  .IrWi.  Je  l'jrl /ranfais,  \\\  y.i)i.  \'<iir  .\p|H:nJti:c,  |v  i.'- 
vcc»  ik  Saiiil-Mnnilc  ». 

I.  D'nprcit  M.  Duchctnc  (Cabinet  des  estumpet,  VI),  la 
rcnrcrinc  principnlcincnl  Je*  pièces  topii^tnplii.pio  cl  des  i. 

chcsnc  »c  bnsc  sur  un  ccrinin    notiilirc  >l'c!>l>impcs  Je   U    I  !c 

l'tmq.  iju'il  prcsuiiic  ilcvnir  CTrc  U-  imiu  Je  KmKijucl.   bien  _  ,   _...ii 

avec  un  c. 

j.  Pixcniirs  toxiiM.ii'i   ,it|.i  >itc 

.'<.  Ci.  Ilrice,  I.  lij. 

.j.  Œdipiit  .1  le.  Kl.Vj.  m.   1  '  \ni»l..  1676. 

&.  Publiée  J.>  'iiieiiri  Je  l'j». 


■^„  i.i;s  A.NiA  I  i;iii;s   di:   i.'anci  I'INNK   fi«anci-: 

(c    un   ;ipi)cntis   fcniiû   à   clef    »,   et   les  deux   sarcophages,    montes    sur 
un  socle,  prirent  place  dans  la  galerie  du  surintendant. 

(lomme  on  peut  le  croire,  l'aclmiration  ne  fut  pas  moindre  à 
Sainl-Mandc  (pi'à  Marseille  '.  I  .es  tonilieaux  jirovenant  d'une  pyramide, 
il  lallait  à  tout  prix  leur  trouver  une  origine  illustre  et  l'on  décida 
qu'ils  tievaient  contenir  les  corps  de  C>héops  et  de  son  frère  Chc- 
pliren,  grands  fondateurs  de  pyramides,  comme  chacun  sait  ^.  Or, 
un  jour  que  La  Fontaine  attendait,  plus  longtemps  que  de  coutume, 
le  surintendant 

V.n  ce  superbe  appartement 

Où  l'on  a  fait  d'cstrange  terre, 

Depuis  peu,  venir  à  grand'erre 

|Non  sans  travail  et  quelques  frais) 

Des  rois  Cephrim  et  Kiopès 

Le  cercueil,  la  tombe  ou  la  bierre, 

il    me    fallut,    dit    le    poète    dans    une    c'pitre    à    Foucquct, 

Il  me  fallut  entretenir 
Avec  ces  monuments  antiques. 
Pendant  qu'aux  affaires  publiques 
Vous  donniez  tout  votre  loisir. 
Certes,  j'y  pris  grand  plaisir. 
■Vous  semblc-t-il  pas  que  l'image 
D'un  assez  galant  personnage 
Sert  à  ces  tombeaux  d'ornement  f 
Pour  vous  en  parler  franchement. 
Je  ne  puis  m'empêcher  d'en  rire, 
n  Messire  Orus,  me  mis-je  à  dire, 
Vous  nous  rendez  tout  ébahis. 
Les  enfants  de  votre  pays 
Ont,  ce  me  semble,  des  bavettes 
Que  je  trouve  plaisamment  faites.  » 
On  m'eût  expliqué  tout  cela; 
Mais  il  fallut  partir  de  là 
Sans  entendre  l'allégorie. 
Je  quittai  donc  la  galerie 
Fort  content,  parmi  mon  chagrin, 
De  Kiopès  et  de  Cephrim, 

1.  Lettre  du  conseiller  de  la  Fosse,  Bibl.  nat.,  f.  fr.  17398  :  «  Après  cela,  je  vins  dans  un 
appentis  fermé  à  clef,  tout  rempli  de  statues,  de  tables  Je  marbre  et  de  bronze,  et  entre  autres  de 
deux  grands  corps  égyptiens  embaumés  et  en  momie.  » 

2.  Sauvai,  II,  344;  Thévenot,  1674,  p.  i?i;  Gourville,  p.  258,  Paris,  17-24. 

3.  La  prisée  du  26  février  iGôf)  (Voir  l'Appendice,  page  61)  les  catalogue  comme  suit  : 
«  Deux  mosoUées  antiques  représentant  un  roy  et  une  reyne  d'Egypte,  800  livres.  » 


LE    SURINTENDANT    FOUCQUET  ii 

D'Orus  et  de  tout  son  lignage, 
Et  de  maint  autre  personnage. 
Puissent  ceux  d'Egypte  en  ces  lieux, 
Fussent-ils  rois,  fussent-ils  dieux. 
Sans  violence  et  sans  contrainte, 
Se  reposer  dessus  leur  plinthe 
Jusqucs  au  bout  du  genre  humain! 
Ils  ont  fait  assez  de  chemin 
Pour  des  personnes  de  leur  taille. 

Foucquct  ne  jugea  pas  à  propos  d'exaucer  les  vœu.v  du  poète;  il  avait 
forme  le  projet  d'installer  les  deu.x  sarcophages  à  Vau.x,  c'est  M"'  de 
Scudéry  qui  nous  l'apprend  '  :  Mclcandrc,  —  l'homme  noir,  c'est-à-dire 
Le  Brun,  —  chargé  de  ce  soin,  «  fîst  bâtir,  en  un  petit  coin  de 
terre  assez  irrcgulier,  deux  pyramides  à  l'imitation  de  celles  qui  sont 
auprès  de  Memphis  »;  attention  délicate  pour  les  deux  exilés  d'Egypte. 
Hélas!  ils  n'étaient  pas  au  bout  de  leurs  aventures. 

Mais  retournons  à  Saint-Mandé. 

J'ai  dit  que  Foucquet  avait  la  passion,  ou,  pour  parler  le  langage 
ù  la  mode,  lu  grippe  des  Heurs.  c:'était  une  curiosité  fort  rép;induc  au 
xvii"  siècle  et  La  Bruyère  n'a  pas  oublié  dans  sa  galerie  le  fleuriste, 
«  cet  homme  raisonnable  qui  a  une  âme,  qui  a  un  culte  et  une  reli- 
gion, et  (|ui  revient  chez  soi,  fatigué,  alîamé,  mais  fort  content  de  sa 
joLiincc  :  il  a  vu  des  tulipes  ».  La  curiosité  florale  était  d'ordinaire 
le  complément  d'autres  collections  :  .Morin,  qui  avait  réuni  10,000  es- 
pèces de  tulipes',  recherchait  aussi  les  estampes;  Guillaume  de  Lamoi- 
Lmon  cl  1  ambonncau  collectionnaient  les  plantes  aussi  bien  que  les 
livres  et  les  tableaux.  Quand  Olivier  d'Ormesson  fut  voir  le  duc  de 
Verneuil  ',  un  grand  amateur  de  médailles,  «  l'entretien  fut  de  nou- 
velles, et  puis  des  llcufs  et  des  fruits.  Il  me  fit  voir  un  livre  de  tulipes 
enluminées  les  plus  belles  du  monde  '  ».  On  citait  les  jardins  curieu.x 
des  ducs  de  Vendôme  et  de  (îrammont,  des  .Monnerot,  de  Pugc^ 
maître    des    reiiuètes,    des   Céleslins,  des    Petits    Jacobins,   des    Kécol- 


I.  /,«>  (MiV,  I.  X. 
a.  I\vclyn,  y.-^Ji. 
:i.  tlctiriJc  llourbon,  liU  d'Ilcnrieito  d'Gn(ra)|;uc> 

.(.  Jouriml  d'DIlv,     1  Orn. .•>»...<     I      •...     —  r.:.lilkl 


IV. 


ï2  i.i:s  AMAii;i  iv'S   i>i:    \..\\r.\\:\-\\:   i-rancf. 

Icts,  etc.  '  Tous  les  ans  la  foire  aux  oi^rnons  fournissait  un  assortiment 
«  d'oit^mons  de  tulipes,  d'ane'moncs,  de  tubéreuses  et  autres  plantes 
considcrces  ]iiiur  leur  iKiuveauté  et  leurs  odeurs-'  ».  On  tirait  les 
graines  et  les  piaules  rares  de  Hollande  ou  d'Italie;  \'aillanl,  le 
célèbre  antiquaire  voyageur,  s'approvisionnait  même  en  Orient.  Fouc- 
quet,  qui  passait  pour  être  »  mieux  pourvu  en  anémones  qu  homme 
de  l'"rance  '  »,  se  Taisait  adresser  par  ses  correspondants  «  des  greflFes 
d'orangers  et  de  citronniers  les  plus  rares  d'Italie,  recouvrés  dans  les 
plus  célèbres  jardins  de  iU)nie  '  ».  Le  potager  de  \'aux  avait  été 
organisé  par  La  (^)uintinic,  et  le  jardinier  de  Saint-Mandé  était  un 
personnage  ;  «  il  y  a  dans  les  jardins,  écrit  le  conseiller  de  la  Fosse, 
deux  cens  grands  oi'angcrs  ■'  et  force  plantes  de  noms  à  moi  inconnus 
et  barbares.  Le  jardinier  t|ui  est  vêtu,  logé  et  meublé  comme  un 
honnête  homme,  et  ijuc  l'on  appelle  le  Fleuriste,  est  celui  de  tous 
les  domestiques  dudit  lieu,  duquel  le  sieur  l-'oucquet  faisoit  le  plus 
d'estat,  et  auquel  il  prenoit  le  plus  de  confiance,  nonobstant  qu  il  tust 
allemand    luthérien  ''   ». 

Fn    novembre     iGSj,    Louis    XI\',    accompagné    de    Mazarin,    alla 
visiter 

Cet  agréable  lieu 
Qui  Saint-Mandé,  sans  faute  nulle. 
Se  qualifie  et  s'intitule. 

C'est  Loret  qui  parle  ;  et  le  surintendant 

Reçut  admirahlenient  bien 
Ce  roi  très  sage  et  très  chre-tien, 
Qui  très  content  témoigna  d'être 
Tant  de  ce  logis  que  du  maître. 

Le  château  de  Vaux  lui  réservait  d'autres  surprises. 

La  maison  de  Saint-Mandé  construite,  remaniée,  augmentée    d'an- 

1.  Sauvai,  III,  45. 

2.  Sauvai,  I,  lî(Î2. 

3.  Lettres  de  Louis  Foucquet,  Archives  de  l\irt  français,  -i'  série,  II,  3o5. 

4.  Ibid. 

5.  Arch.  nat.,  O'   iqG^,  Inventaire  des  orani^ers. 

('1.  Pap.  de  Séguicr;  M.   Chéruel    qui   fait   la  même   citation   [Mém.   sur  Foucquet,  I,  uS-;  a  lu 
par  erreur  le  Henristc  au  lieu  de  le  Fleuriste. 


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ll:  surintendant  foucquet  2? 

née  en  année,  avait  grandi  avec  la  fortune  de  Foucquet;  Vaux-le- 
Vicomtc,  commencé  en  i656 ',  achevé  en  quatre  ans,  création  col- 
lective de  trois  hommes  de  génie.  Le  Vau,  Le  Brun  et  Le  Nôtre,  est 
une  œuvre  d'un  seul  jet,  grandiose  et  définitive.  Gest  le  salon  du  mi- 
nistre, comme  Saint-Mandé  était  son  cabinet  de  travail,  sa  bibliothèque 
et  même,  si  la  cassette  dit  vrai,   son  boudoir. 

On  connaît  les  splendeurs  de  Vaux;  tous  les  contemporains  en  ont 
parlé,  La  Fontaine  les  a  chantées.  M'"'  de  Scudéry  a  célébré  le  châ- 
teau sous  le  nom  de  Valterre  ',  Silvestre,  Perelle,  .\larot,  .Aveline 
ont  gravé  la  maison,  le  jardin  et  les  fontaines  sous  toutes  leurs  faces. 
De  nos  jours,  MM.  lùig.  (]résy  et  de  .M.mtaiglon  ont  publié  des 
notices  excellentes  sur  les  artistes  employés  à  \"aux";  ainsi  nous 
savons  que  Le  \  au,  larchitectc,  avait  sous  ses  ordres  Antoine  Ber- 
geron,  juré  des  maçonneries  du  Uni.  Pierre  Gittard,  charpentier',  et 
Jacques  Prou,  menuisier.  Beaudrain,  maître  peintre  à  Paris,  et  Philippe 
LallcinciU  de  Ucims,  peintre  de  paysages,  travaillaient  avec  Le  Brun, 
(^e  ileinicr  Inurnissaii  aussi  des  cartons  à  la  manufacture  de  tapisseries 
lonilée  à  Maincy  ',  |)rès  de  \au\,  par  l'oucquet;  l'atelier  de  tapis- 
series, composé  douvriers  ilamands  commandés  par  un  Frant^ais, 
Louis  Blamard,  exécuta,  sur  les  dessins  de  Le  Brun,  les  Chasses  de 
Afclcaf(ic  et  fini]   pièces  de  Y  Histoire  de  Coiistaulin^'. 

Parmi  les  sculpteurs,  on  trouve  .Michel  .Anguier  •,  qui  passa  de 
Saint-Mandé  à  Vaux  en  i()5S;  Nicolas  Legendrc  *,  chargé  des  stucs 
de    tous  les  plafonds;    Thibaut    Poissant,    qui    exécuta    des    modèles    de 

I.  IVaprc»   le   i>liin   inJiiiuc   page  ïti.   Suivant  une  oianipc    Je    l'crclle.   le  chilcau  «umll  e«ê 
coinincncc   en   iil.i:*.  Vnituirc  iiiixurc  que  le  palni»  et  le»  jarilini  «vûieni  coule  |8  million»  i  ! 
lequel  OUI  «il  «  lnUi  le   ptiliii»   deux  fui»  et  nchcio   iroi»  village*  enlicr»,  Jont  le  terrain  !..• 
iliinn  ce»  jnt'tlinK  ininienses  a. 

•1.  C.lvlic,  X,  1(111 1. 

;{.  Arch.  Jt  l'an  ftwiftiis,  V  et  tirage  \  part.  Mclun,  iJWii. 

».  II  einil  le  frère  Je  Daniel  Oillar>l,  archiiectc  que  l-oucquci  employa  plu»  lar.l  .. 
n  II  iichela  la  terre  .le  Helle  i»le  »lan»  le  itc»»cin  Je  faire  fnriilier  le  vhiUcau;  en  ellet  il  > 
sieur  Oeliiril,  très  bon  architecte,  qui  y  lit  travailler  a»»e(  lonutcnip».  •  GfMtrville,  178»,  li  ■>  t 

5.  Muincy,  Seinc-ei-Murnc,  ik  ilcux  kilomètre»  et  «Icnii    ilc   \'»\t\. 

h.  Voir  page  .pi, 

7.   Voir  tl.in»   le»   Mémoires    in^Jili  sur   Irt  ouvrJt;rt   dft  membrtt   Je   lAcJJc  '•    le 

ilelail   lie»   principaux  iiuvrage»  île    Michel  Anguier,  A  Vaux-lc-\  icomlc. 

S.  Ne  A  Kiiimpc»,  morl  A  cinquanic-ileux  an»,  en  l<l7t.  ^Mim.  AcaJ.,  I,  411.' 

I 


2C  I.i:S    AMAIIIIKS    l)i;    l.ANCir.NNI':     I-KANCI-; 

Termes  el  la  Kenomiiice  couchée  dans  un  des  frontons.  Puj,'et,  que 
l^e  Puutrc  avait  recommandé  à  Foucquet,  fut  charj^é  en  i6(3o  d'aller  à 
Gènes  acheter  des  marbres  et  réserva  un  de  ses  plus  beaux  blocs 
pour  en  lirci-  V Hercule  <^aul<)is,  destiné  au  surintendant  '.  Quant  au 
Poussin,  (jui  mmlcla  des  'l'ermes  en  pierre  pour  le  château,  nous  le 
retrouverons    tout    à    1  heure. 

f^nfm  I,e  Nckre  avait  pour  chef  fontainier  (>laude  Hohillart  et,  pour 
janlinicr,  Antuine  'IVumcl,  peut-être  un  compatriote  du  jardinier  de 
Saint-Mandé. 

Les  Aichives  nationales  possèdent  plusieurs  pièces  originales  et 
manuscrites,  relatives  aux  deux  maisons  de  Vaux  et  de  Saint-.Mandé  -  : 
l'une  i\c  ces  pièces  est  «  l'Flstimation  et  prisée  des  statues,  bustes 
antii|ucs  el  modernes,  colonincs,  tables,  carreaux  et  autres  ouvrages 
de  bronze  et  de  pierre  qui  sont  dans  les  appartements  de  la  maison  et 
jardins  de  \'aux,  ]xir  Jacques  Houzeau  ■'',  sculpteur  ordinaire  des  basti- 
mens  du  Roi,  et  Jean  Le  (irue,  maistre  sculpteur  de  cette  ville  de 
Paris,  le  17  juillet  \()(^5  »  ;  ces  deux  artistes  furent  chargés  l'année 
suivante  de  l'estimation  des  statues  de  Saint-.Mandé.  l'n  autre  dossier 
renferme  le  «  Mémoire  des  figures  qui  sont  à  ^'aux  et  du  prix  que 
.M.  (îirardon  les  estime  »  (2  mars  16871.  \  l'appui  de  ce  .Mémoire  se 
trouvent  quinze  feuillets  sur  lesquels  une  main  habile,  sans  doute  celle 
de  Girardon  lui-même,  a  indiqué  à  la  plume  la  silhouette  des  princi- 
pales  statues.    Nous   donnons   deux  fac-similés   de    ces  croquis  '\ 

Nous  reproduisons  également  une  vue  du  château.  Cette  vue  fait 
partie  d'une  série  de  trois  dessins  au  lavis,  appartenant  à  un  de  nos 
amateurs  parisiens  les  plus  délicats  :  ils  représentent  le  plan  et  les  deux 
façades  du  bâtiment.  Ce  sont  les  pièces  originales  annexées  au  marché 
pour  la  construction  de  ^'aux;  au  dos  de  chaque  feuille  on  lit  la  men- 

1.  Mariette  le  dit  espresscmeiit.  Abcc.  au  mot  Piii^ct.  Ga:;cttc  des  Beaux-Arts,  W'III,  .^17-iS. 

2.  Je  dois  la  connaissance  de  ces  documents  curieux  à  M.  A.  de  Montaiglon.  L'estimation 
des  statues  de  \'aux  et  le  Mémoire  de  Girardon  ont  ëté  rêcemincnt  publiés  dans  le  Bulletin  de 
la  Société  de  l'histoire  de  Paris;  les  autres  pièces  sont  inédites. 

3.  Né  à  Bar-le-Duc,  mort  en  iijyi,  à  soixante-sept  ans. 

4.  A  la  tin  de  ce  Mémoire  on  lit  :  Total  des  prix  de  M.  de  \"aux  25,400  livres,  et  de 
M.  Girardon  16,000  livres.  M.  de  Vaux,  Louis  Nicolas,  était  le  fils  aîné  de  Foucquet;  il  proposa  sans 
doute  au  Roi  de  lui  vendre  les  statues  restant  à  \'aux  et  Girardon  fut  chargé  de  faire  une  évaluation 
contradictoire. 


3"     S 


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aS  l.KS    AMA  ri;i!|<S    l)H    L'ANCIENNE    FRANCE 

lion  suivante  :  Paraphe  iic  varictur  p'iiii-  cstrc  c.xcciitc  .suiraiil  l'arrcslc 
fait  ce  joitrd'hiiy  deux  aoiist  iG5G.  —  KOUCQUET,  Ll^:  VAU.  —  et 
au-dessous  :    Paraphe  suivaiil  le  iiiarelié  du  dix  aousl  iGSG.  —  (j.  \'ll,- 

li:do  '. 

Ces  dessins  présentent  un  intérêt  ]-)articulier  :  ils  fixent  la  date 
des  premiers  travaux,  lui  outre,  ils  indiciuent  certains  remaniements 
cfTectués  en  cfturs  d'exécution;  ainsi  la  construction  est  fii^urée  en 
briques,  tandis  (]u"cn  réalité  le  château  fut  exécuté  en  pierre  de 
taille  •'. 

Un  dernier  document  complète  heureusement  les  indications  pré- 
cédentes. La  Kil)liothèi|ue  Nationale  conserve  XInvenlaire  inauuscrit  '■ 
dressé  à  \'aux  le  K^i  septembre  i6(Ji,  \ydv  Jean  d'I'^stempes  de  \  alencay 
et  Frant^-ois  de  Vertamont,  conseillers  d'iàat,  Jacques  Pat^et  et  Pierre 
d'Albertas,  maîtres  des  requêtes.  Nous  pouvons  donc,  pour  la  première 
fois  depuis  deux  siècles,  visiter  le  château  de  lond  en  comble.  Pro- 
litons  de  l'occasion  pour  jeter  un  coup  dceil  aux  appartements',  ils 
sont  encore  tels  ijue  le  surintendant  les  avait  laissés  à  la  lin  d'août  16G1, 
quelques  jours  avant  son  arrestation. 

Un  orrand  vestibule  donne  accès  dans  le  château;  il  est  orné  de 
quatre  bustes  avec  draperies  d'albâtre  oriental  et  de  deux  statues 
antiques,  Auguste  et  Tibère,  estimées  chacune  2,000  livres  '.  Le  vestibule 
ouvre  dans  le  grand  salon,  placé  au  centre  du  château;  des  caria- 
tides portant  les  signes  du  Zodiaque  (voir  le  dessin)  soutiennent 
l'immense  coupole  sur  laquelle  Le  Brun  devait  représenter  les  quatre 
Saisons;  la  rapide  disgrâce  de  Foucquct  l'cmpècha  de  mener  à  fin 
son    projet"'.     L'appartement    à    main  droite   est    celui    de    M"'"     Fouc- 

I.  Ville^in  clait  Pcntreprciieur ;  en  i'Î74,  il  devint  maître  des  œuvres  de  maçonnerie  des  bâti- 
ments du  Roi.  Son  fils  fut  conseiller  du  Roi  et  contrôleur  général  des  bâtiments  de  S.  M.,  ponts  et 
chaussées  de  France;  voir  Jal,  Dictionnaire. 

1.  Les  deux  façades  gravées  par  Marot  présentent  des  dilYérences  très  notables  avec  le  dessin 
original  que  nous  publions  ici.  L'estampe  de  Mamt  a  dû  être  faite  d'après  un  dessin  défectueux  ou 
d'après  un  premier  projet  non  exécuté. 

3.  Appendice,  page  77. 

4.  Dans  le  dessin  que  nous  publions  la  figure  de  gauche  porte  par  erreur  le  nom  de  Domitien. 
\'<)ir  les  estimations  de  Girardon,  Appendice,  page  73. 

5.  Comme  le  fait  remarquer  M.  Eug.  Gresy,  «  Carie  Audran  n"a  donc  pu  graver  ses  belles 
planches  des    Saisons   que    d'après    les  cartons  ou  une  esquisse  du  maître  > . 


4  '^^ 


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3o  I.HS    AM\Ti;ri?S    l)K    l.'A  N  c:  IK  N  N  l-.    IKANCK 

quct  '  ;  If  phifiiiKl  (lu  l'antii  haiiihrc  rcprcscntc  \' Apothéose  d'Hercule 
par  Le  Brun  :  «  Monte  sur  un  cliai'  iiUL-ntraîncnt  de  fougueux  coursiers, 
le  demi-dieu  entre  dans  l'Olympe,  guidé  par  la  Sagesse  et  couronné 
par  rimmnrtalité  •'  ».  Aux  deux  extrémités,  des  anges  soutiennent  les 
armes  de  la  lainille  tle  (bastille'.  Sur  les  murs,  cpiatix-  pièces  de 
tapisserie  de  {Histoire  de  Clyteiniiestre  ;  «  plus  trois  douzaines  et 
(piatre  chaises  de  moquette  et  une  table  de  porphire  de  trois  pieds 
et    demi   de  long,   montée  sur  un   |)ie(.i   lort   pri)|M"e  '    ". 

1  .a  salle  suivante,  la  Chambre  des  Muses',  est  encore  décorée  par 
Le  liiiui  qui  a  peint  au  plalontl  le  Triomphe  de  la  /•'idélité  repré- 
sentée par  une  iemme  tenant  un  épagneul  endormi  sur  ses  genoux; 
elle  est  escortée  de  la  Prudence,  de  la  Raison  et  de  la  Force;  Apollon 
la  protège  en  décochant  ses  flèches  contre  ses  ennemis  ''.  La  tenture 
se  compose  de  »  huict  pièces  de  tapisserie  de  haulte  lisse  de  trois 
aulnes  et  dcmve  de  hauU  ou  environ,  représentant  VHistoire  de  l'ul- 
caiu,  avec  des  rideaux  vcrdz  tout  à  Tentour  pour  les  couvrir  ».  Ces 
tapisseries  fameuses,  rehaussées  d'or,  j^rovenaient  de  la  fabrique  de 
Mortlake  en  Angleterre';  elles  étaient  estimées  11,789  livres.  \'ingt 
fauteuils  de  peluche  de  la  Chine,  des  tables,  des  guéridons  "  vernis  de 
rouge  »,  quatre  lustres  de  cristal  de  roche,  des  miroirs  dans  une  bor- 
dure d'argent  et,  sur  le  sol,  un  tapis  de  Perse  d'environ  8  aunes  de 
long  (g'", 40)  complètent  cette   magnifique  décoration. 

La  troisième  pièce,  formant  l'angle  du  château  sur  le  jardin,  est 
entièrement  dorée;  au  plafond,  Aïorphée  sous  les  traits  d'une  jeune 
femme,  peint  par  Le  Brun. 

Dans  la  même  partie  du  château,  mais  sur  la  cour,  une  salle  avec 
plafond  à  poutrelles  est  garnie  de  six  pièces  de  tapisserie,  l'Histoire 
d'Iphif^éuie  ^,   protégée  par  des   rideaux  verts;  tapis  de  Perse  d'environ 

1.  Maric-Magdeleine  de  Castille,  lilli;  de  François  de  Castille  et  deuxième  femme  de  Foucquet, 
qui   répousa  en   i()5i.  Il  était  veuf  de  Louise  Fourché,  morte  en  1641. 

2.  Eug.  Grésy,  p.  12. 

3.  D'azur  au  château  sommé  de  trois  tours  d"or;  devise  :  Surgit  radicibtts  altis. 

4.  Estimée  3oo  livres. 

5.  Florent  Le  Comte,  III,  i5g. 

6.  Revue  universelle,  XII,  30?. 

7.  Voir  page  47. 
S.  Voir  page  47. 


I.I-:    SURINTENDANT    FOLCQLET  3i 

5  aunes  1/2  de  long  (6", 901,  et  meubles  de  velours  rouge  cramoisi 
brode.  Dans  une  autre  chambre  à  coucher,  la  tenture  de  l'Histoire  de 
Rap/iacl  \    et    un  mobilier    de    damas  bleu  à  franges  d"or -. 

L'autre  moitié  du  château,  celle  qui  se  trouve  à  gauche  du  vesti- 
bule d'entrée,  ne  nous  arrêtera  pas  longtemps;  toutes  les  chambres, 
qui  formaient  l'appartement  du  Roi,  sont  dégarnies  et  les  meubles 
déposés  provisoirement  dans  le  garde-meuble.  La  seule  pièce  encore 
meublée  est  la  «  salle  à  manger  »  contenant  «  trente-une  chaises  de 
moquette,  de  bois  de  noyer  tourné,  clouées  ave;  un  galon  de  soyc  », 
trois   tables,    dont  une   de   marbre,  et  deux  lustres  de  cristal  de  roche. 

.Montons  maintenant  au  premier  étage.  A  gauche,  on  entre  dans 
une  chambre  tendue  de  six  pièces  de  tapisseries  rehaussées  d"or,  les 
DoUyC  mois  de  (' année  \  et  dune  pièce  de  la  tenture  de  Pvranie  et 
Thisbé  ''.  Le  mobilier  se  compose  d'un  «  tapis  de  pied  rhodien,  d'un 
lit  ;i  |K'ntcs  de  ve!i)urs  en  broderye  d'or  cramoisy  rouge,  avec  cres- 
pines  d'or  et  d'argent  »  et  les  sièges  pareils.  L'autre  appartement,  sur 
le  jardin,  «  tout  doré,  peint  et  lambrissé  »,  renferme  «  un  tableau  sur 
la  cheminée  et  un  sur  la  porte  d'entrée,  sept  fauteuils  de  peluche  de 
la  (Ihine,  un  buste  de  jaspe  dont  la  tète  est  de  marbre,  sur  un  pié- 
destal de  jaspe  ». 

Près  de  là  se  trouve  la  chapelle,  qui  n'est  pas  achevée. 

A  main  droite  de  l'escalier,  l'antichambre  contient  une  lapi.sserie 
de  huit  pièces  à  personnages  représentant  V Histoire  J'Israi'i'^\  dans  la 
pièce  attenante,  un  lit  et  des  sièges  de  satin  cramoisi  rouge,  en 
broderie  d'or,  et  une  tenture  de  haute  lisse  à   Meiix  persnnnaf^es^. 

Le  cabinet  de  Foucquet  ouvre  sur  la  même  antichambre  :  tenture 
de  11  petit  taby  à  lleurs,  et  un  petit  lict  île  campagne  ci>mplet  en  satin 
à    fleurs    avec    une    frantre    et    ni<.let    ni    et    argent     >•;    six    fauteuils    et 


I.  En  i>c|<t  piccc».  S'ii|iil-il  Je  U  icnlurc  Ju  Souveiiu  Testament  ou  Je  colle  <le*  Logri  et 
Raphaël  ? 

i.  *  Plu»  un  pciit  iiibicau  rvprcRcntant  la  MufiJcIcinc  •  [Inveni.  Je  V«u«)  ;  probablement  U 
cUiiiiilirc  A  coucher  Je  M-*  Kouci^uet;  voir  piige<i<. 

3.  Voir  pnne  47. 

4.  I.crotc  «e  trouve  nu  gnrJe-mcuble  ;  en  tout  huit  piice»  Je  iroi*  aune*  Je  haut 
b.  Priihiil^lcinct)!  /7/i</iiirr  Jf  tieJeoH  JonI  il  »ora  parle  p«Rc  17. 

O.  Scpi  picvc». 


3.J  Li:s  AMAii.i  Ks  i>i;   i.'an(:ii:nni-;  krance 

(|u;itrc  sièges  en  pareil,  deux  tables  avec  leurs  tapis,  et  »  une  cscri- 
tuirc  fermant  à  clef  ».  A  cote,  la  naide-n.he  tendue  d'une  tapisserie 
(\c   Rouen. 

I,e  P)i-un  occupe  la  clianihre  \oi-;ine,  sous  l'ieil  et  sous  la  main 
du  surintendant.  Depuis  i().iS,  nommé  directeur  tics  peintures  du 
château  de  \'au.\,  il  avait  installé  à  Maincy  son  logement  personnel, 
son  atelier,  l'atelier  des  tapissiers  et  celui  des  peintres  décorateurs'. 
L'appartement  de  \'au.\  n'est  donc  (|u'un  pied-à-tcrre;  il  se  compose 
tle  deux  pièces,  une  cliamhi-e  à  alci')\e  avec  im  "  lit  de  tahy  jaune, 
garny  complet,  six  chaises,  un  l'auteuil  de  serge  bleue  avec  de  la 
bange  de  soye  meslée  »,  et  une  grande  garde-robe.  Les  deux  pièces 
sont    tendues    tle  tapisseries  de   lîergame. 

L'inventaire  ajoute  à  cette  description  sommaire  quelques  détails 
qui  laissent  deviner  une  partie  de  la  décoration  intérieure  :  "  Plus, 
cinq  bustes  de  fonte  sur  des  picdz  d'estail  de  bois,  —  une  figure  de 
marbre  blanc  sui"  un  pied  d'estail  de  bois  -,  —  neuf  tableaux  du  Bassan 
de  moyenne  grandeur  à  bordures  dorées,  —  quatre  autres  tableaux 
dont  deux  grands  et  deux  moyens  aussy  à  bordures  dorées  ».  Dans 
la  garde-robe,  «  deux  tableaux  de  fruictz  rouliez  sur  un  baston,  — 
un  tableau  à  bordure  dorée  représentant  une  bataille  avec  plusieurs 
personnages,  —  un  autre  tableau  qui  n'est  qu'esbauché,  —  un  autre 
tableau  à  bordure  dorée  représentant  un  homme  et  un  chien  (Méléagreri 

une  fioure  entière  de  bronze  ■'■,  —  une  autre  plus  petite  de  marbre, 

—  trois  testes  ■''  et  un  buste  de  fonte,   —  deux  autres  petites  figures  et 
un    buste    de   marbre;   —  plus    un  modelle  de  cire  d'un  Hercule  ». 

Si  je  ne  me  trompe,  cet  intérieur  a  tout  l'air  d'un  petit  cabinet 
d'artiste-amateur.  Le  Brun  aimait  la  curiosité,  «  il  étoit  parfaitement 
bien  logé  et  bien  meublé,   dit    Florent   Le   Comte"';    les  tableaux  et  les 

I.  Les  peintres   Yvart,    Courant   et   Lefcburc  exécutèrent   à    Maincy  les  copies    de   l'Histoire  de 
Constantin. 

1.  Probablement  le  Bacchus  jeune,  estimé  700  livres. 
i.  Estimé  5oo  livres. 

4.  Estimé  75  livres. 

5.  111,  i65.  Plusieurs  objets  indiqués  ici  comme  existant  en  1601  ne  figurent  plus  dans  l'es- 
timation faite  en  iC)65,  ce  qui  permet  de  supposer  qu'ils  étaient  la  propriété  personnelle  de  Le  Brun 
et  furent  enlevés  par  lui  après  le  premier  inventaire. 


LK    Sl'RINTENDANT    FOUCQUET  33 

curiositez  dont  il  étoit  la  source  ne  lui  manquoicnt  pas  ;  il  sçavoit 
Tarrangement  et  la  disposition  des  choses  comme  si  cet  art  fut  ne 
avec  luy  ». 

La  chambre  à  la  suite  est  «  celle  où  sont  les  coffres-forts,  argent 
monnoyé  et  vaisselle  darge-nt,  et  pierreries  et  autres  meubles  ».  La 
vaisselle  d'argent  comprend  '<  cinq  cent  douzaines  d'assiettes,  trente-six 
douzaines  de  plats  et  un  service  d'or  massif  ><.  Les  bijoux  sont 
nombreux  et  d'une  grande  richesse,  chaînes  d'or,  de  pierres  fines 
et  de  perles,  portraits  entourés  de  diamants,  heures  «  couvertes  d'or 
à  jour  csmaillé,  et  touttcs  chargées  de  diamantz  tout  plain,  au  dos  et 
aux  fermoirs  aussy  -  »,  bagues,  cachets,  bracelets,  pendants  d'oreilles, 
—  un  de  ces  bijoux  est  estimé  14,000  livres,  —  un  service  de  table  et 
un  service  de  chapelle  de  vermeil. 

Le  \  au  loge  à  l'extrémité  de  l'escalier  situé  au  bout  du  bâtiment; 
dans  la  première  pièce,  une  tapis.scrie  de  Uouen,  un  mobilier  de 
serge  rouge;  dans  la  seconde,  une  tapisserie  de  Rouen  et  «  une  table 
de  h(jis  sur  des  tréteaux  »,  la  table  de  l'architecte. 

Ne  quittons  pas  cet  étage  sans  visiter  «  une  petite  chambre  estant 
au  bout  dudict  corridor,  près  un  petit  escallier,  et  en  laquelle  logcoit 
ordinairement  le  sieur  Naute  »  ;  c'est  ainsi  que  le  rédacteur  de  l'inven- 
taire a  défiguré  le  grand  nom  de  Le  Nôtre',  ilien  de  plus  modeste 
(luc  cet  intérieur  :  une  tenture  de  Rouen,  un  tapis  de  pied  de  moquette, 
le  lit,  sept  chaises  et  un  fauteuil  en  «  fustaine  à  petits  carreaux  »,  une 
table  avec  .son  tapis  vert  et  un  guéridon,  i  Dans  un  coin,  une  armoire 
dans  le  bas  de  laquelle  il  y  a  une  paillasse,  matelas,  couverture  et 
traversin  pour  coucher  un  vallet,  et  au-dessus  une  armoire  que  ledit 
a'  Naute  nous  a  ouvert,  où  il  ne  s'est  trouvé  que  des  papiers  de 
dessins  de  ses  ouvrages  de  \'aux.   » 

Le  ganle-meuble,  situé  au  second  étage,  mériterait  une  longue 
visite,  mais   nous  n'avons  que  le   temps  de   jeter   un    coup   d'œil;    c'est 

I.  M»«.  f.  fr.  i7o.(<"i,  Portffeuillf  Je  Wtll.int. 

i.  K»liinu  .j.cMMi  livre».  Appcnilicc,  page  7.^. 

!<•  Noion»  ici  celle  iniriicuiuriic  i|uo  le  14  »cpl.  iiWji,  c'ctt4-diro  U  veille  «lu  iour  où  l'on 
inventorie  m  chambre  It  Vaux,  Le  NAiro  était  ^  S«inl-Roch.  atkitlani  au  bapKine  >le  m  Aile  Jeanne- 

l-'riinv'oisc,  où  il  ligure  «ou»  le  litre  Je  •  Cuntcillcr  ilu  Roi  et  ContrtMeur  gênerai  Je  :--■  ' -■-     • 

jnnlins.  u  (Jal,  771.) 

S 


34  I.KS    AiM  A  I  I   1    KS    l)i:     I    ANCIKNNI-:    l-KANCE 

là  que  sont  déposes,  en  labscnce  du  surintendant,  quelques-uns  de 
ses  meubles  les  plus  précieux,  nntainmcnl  ceux  qui  <,'arnissent  l'appar- 
tement (lu  Uni.  \()iti  une  collection  de  lits  d  une  richesse  sans  é^alc, 
en  brocart  lond  d'argent  à  lleurs  d  or,  en  brocart  d'or  lin  fond 
incarnadin,  en  velours  routée  en  bioderie  d  Or  et  d  ar^^ent,  en  bro- 
cart de  soie  à  lond  vert  doublé  de  satin  incarnat,  en  velours  vert  à 
passementeries  traroent,  en  velours  vert  i^arni  de  broderies  d'or  et 
d'argent,  pièce  magnifique  estimée  14,000  livres  '.  Tous  ces  lits  sont 
chamarres  de  passementerie  d'or  et  d'argent  lin  et  accompagnés  de 
leurs  meubles  assortis,  «  chaises,  fauteuils,  sièges  pliants,  pommes  de 
lictz  et  petites  dépendances  ». 

La  série  des  tapisseries  n'est  pas  moins  remarquable.  Nous  avons 
déjà  rencontré  quelques  tentures  magnifiques  dans  les  appartements, 
voici  les  plus  intéressantes  parmi  celles  du  garde-meuble  :  les  Gro- 
tesques (cinq  pièces)'-,  les  Vertus  (huit  pièces)"',  V Histoire  d'Abraham 
(dix  pièces) '',  à  Personnages  d'antiques  (huit  pièces),  les  Sauvages  (une 
pièce)  ■'",  Sainte  Su:;anne  (une  pièce"),  les  Pèlerins  d'Emmaiïs  d'Angleterre 
(une  pièce)  '',  «  trois  pièces  de  celles  c|ui  ont  été  faites  à  Maincy  >', 
rehaussées  d'or  (c'est  la  célèbre  tapisserie  de  Constantin)  ',  la  Vie  de 
Notre-Seigneur  (cinq  pièces)  ^,  l'Histoire  sainte  (deux  pièces),  Saint 
Luc  (une  pièce)'-',  les  Actes  des  Apôtres  (six  pièces)'",  l'Histoire  de 
Priant  (sept  pièces)",  Pyranie  et   Thisbc  (sept  pièces). 

1.  Voir  page  45. 

2.  Trois  aunes  et  demie  sur  vingt-cinq  ;  tigure  à  Tinventaire  des  tapisseries  du  Roi  en  i6ciî,  sous 
le  nom  de  Grotesques  de  la  Couronne.  Ce  sont  probablement  les  Mois  dits  de  Lucas,  sur  fond  d'orne- 
ments. Au  Garde-meuble,  en  copie  du  xviii'  siècle.  (Note  communiquée  par  M.  Alfr.  Darccl.) 

3.  Inventaire  de  \uivx. 

4.  Ibid. 

5.  «  Une  seule  pièce  de  la  tapisserie  des  sauvages,  aussy  de  haulte  lisse,  le  surplus  de  la 
tenture  estant  à  Paris.  »  Serait-ce  la  Tenture  des  Indes  exécutée  deux  fois  avant  1692  sur  des  tableaux 
donnés  au  roi  par  un  prince  d'Orange;  {Hist.  de  la  Tapisserie,  par  Darcel;  Galette  des  Beau.v- 
Arts,  XIV,  201.) 

6.  M.  Eug.  Mûntz  pense  qu'il  s'agit  peut-être  ici  dune  autre  suite  des  Actes  des  Apôtres  conruxe 
sous  le  nom  de  Araj::;!  dclla  scuola  nova,  dont  les  cartons  attribués  à  Raphaël  furent  envoyés  à 
Bruxelles  où  Charles  1°'  a  pu  faire  l'acquisition  de  l'un  ou   de  l'autre  d'entre  eux. 

7.  Voir  pages  46  et  97,  la  série  des  tapisseries  réservées  par  Louis  XIV. 
S.  Id. 

9.  Id. 

10.  Id. 

1 1 .  Id. 


LE    SURINTENDANT    FOLCQLET 


33 


Le  reste  se  compose  dune  quantité  de  tapis  de  Turquie  et  de 
Perse  tissés  dor,  de  tentures  de  damas,  de  cuir  doré,  de  brocatelle 
de  Venise;  il  y  a  des  tapisseries  de  Rouen,  de  Bergame,  blanc  et  bleu 
de  Flandre,  des  tapis  de  table,  des  lustres  de  cristal  de  roche,  des 
miroirs  garnis  d'argent  massif,  des  cabinets  débcnc,  des  écrans,  guéri- 
dons, bois  de  lit,  de  fauteuils,  de  sièges,  etc.  ;  c'est  la  plus  riche  collec- 
tion de  meubles  que  nous  ayons  rencontrée  après  celle  de  Mazarin. 

L'inventaire  se  termine  par  une  visite  à  la  sommellerie,  à  la 
panneteric,  à  la  cuisine  et  dans  les  pavillons  des  cours  où  logent  le 
mailrc-inacun  Ucrgeron  et  sun  lils,  le  tapissier,  quelques  ouvriers 
|)LiiUres  et  doreurs,  le  S'  de  la  Rivière,  médecin,  (Claude  Lcgras, 
«  apprenti  du  nommé  Legendre  (Nicolas),  sculpteur  »,  Courtois,  capi- 
taine du  château,  et  les  gardes. 


Les  agents  de  Foucquet  en  Italie,  l'abbé  Louis  Foucquet;  le  Poussin,  la  Mmiic  et  les  Termes. 

Maucroix,  Bcrtinciti. 


N  i655,  Foucquet  envoya  son  jeune  frère 
à  Rome.  L'abbé  Louis  Foucquet,  conseil- 
ler au  Parlement',  était  charo;c  de  sur- 
veiller notre  ambassadeur  de  Lyonne  et 
devait  profiter  de  l'occasion  pour  acheter 
des  objets  d'art  destinés  à  l'embellisse- 
ment des  maisons  de  Vaux  et  de  Saint- 
Mandé.  La  mission  ne  laissait  pas  que 
d'être  ditVicile  :  l'abbé  n'était  pas  connais- 
seur, il  en  t'ait  l'aveu,  il  «  ne  sent  pas 
du  tout  en  lui  un  cerUiiii  i;énie  qui  |)(trle  à  ces  connoissanccs  *  •; 
mais,  avec  le  temps,  il  espère  faire  des  proj^rès.  A  peine  installe 
depuis  trois  mois  dans  la  Ville  éternelle,  il  commence  à  voir  un  peu 
plus  clair  :  <>  Je  n'ay  pas,  écrit-il  à  son  frère,  ni  le  goût  ni  les  yeux 
si  yiossicrs  jjour  ces  sortes  de  choses  que  j'avois  en  arrivant  à  Rome. 
L'espouvantable  quantité  que  j'en  ay  veus  insensiblement  m'ont  rendu 
moins  barbare.  » 

Une  autre  question  l'embarrassait  peut-être  davantaije.  Le  surin- 
tendant exii^eait  que  ses  acquisitions  fussent  tenues  secrètes;  il  avait 
SCS  raisons  pour  dissimuler  ses  dépenses  et  ne  cessait  de  recommander 
à  son  frère  la  discrétion  la  plus  absolue.  .Mais  le  moyen  de  réussir? 
«  Il  est  absolument  impossible,  répond  I  abbé,  que  l'on  achète  ici 
quelque  chose  ilc  la  nature  de  celles    qui    ne    .sortent    qu'avec   licence  \ 

I.  Il  ctiiit  le  cinquicnic   enfant   Je   Kran<oii    Foucquet  et  de   Marie  do   Maupcou.  L.  Fouc<)U«l 
devint  évCque  et  cunite  d'Afidc,  et  mourut  en  170?.  R,  l.ochon  •  i- 
t.  I.ellrctt  de  Lcuii»  Faucqucl  it  «<>n  frcrc.  Arihiwt  Je  l'jrtj'-. 
?.  Citu.ivritt  sur  l\irt  cl  la  ciiriotil^,  p.  9»).  l'ari»,  Quuntin,  1878. 


38  I.i:S    A.MATKIIRS    DK     I.' A  N  Cl  K  N  N  K    I-UANCE 

comme  marlirc  cl  une  inlinitc  d'atittcs,  sans  (|u'unu  ]KirUc  de  Komc 
ne  le  sache.  Il  en  iaul  pailer  au  Pape,  mesme  des  moindres;  il  faut 
avoir  la  déposili<jn  du  commissaire  des  visites  pour  les  antiques;  il 
faut  solliciter  la  permission  de  Sa  Sainteté;  il  faut  oitlenir  le  con<,fé  du 
cardinal  camerlinj^ue  ou  vice-camerlingue;  il  iaut  une  patente  de  la 
Chambre  apostolique;  il  faut  da^  visites  des  douanes,  des  composi- 
tions avec  la  douane,  d'autres  menus  droits  de  pnsle,  des  traités  et 
des  emliarquements  avec  les  capitaines.  ,lu-e/,  .Monsieur,  si  ce  sont 
choses  (jui  puissent  être  tenues  secrètes  ou  cpii  se  puissent  taire  sous 
le  noni  d'autruy?  De  sorte  (]ue  de  nécessité  il  faut  choisir,  ou  de  ne 
rien  acheter,  ou  (]ue  ce  qu'on  achète  soit  sçeu,  hors  tabicau.x  et  austrcs 
menues  hardes.   » 

Cependant  l'abbé  eut  la  main  heureuse  :  il  se  mit  dans  les  bonnes 
o-râces  du  Poussin  qui  consentit  à  le  guider  dans  ses  acquisitions. 
Foucquet,  qui  avait  du  «  goût  pour  les  choses  exquises'  »,  ne  vou- 
lait que  des  morceaux  excellents  et  «  de  fort  bons  tableaux  ».  Aidé 
des  conseils  du  maître,  l'abbé  fit  un  premier  envoi  (ii  janvier  i656), 
«    statues,    bustes,    scabellons,    tables    de    marbre    en    estât    et    autres 

choses un  lit   de    broderie    non    achevée,    à    qui    neantmoins   il    ne 

manque  que  deux  pièces,  qui  a  esté  trouvé  beau  et  à  bon  compte, 
un  tapis  de  Perse,  un  ballot  de  tableaux,  un  cabinet  d'agathes.  toutes 
fines  et  orientales,  et  grandes  chacune  comme  la  paume  de  la  main,  et 
de  lapis-lazuli  ;  un  service  de  chapelle  d'ambre  )'.  Les  objets  les  plus 
pesants  devaient  aller  par  mer  jusqu'à  Saint-Malo,  les  autres  jusqu'à 
Marseille.  Le  ballot  de  tableaux  comprenait  une  Décollation  de  saint 
Jean,  le  Massacre  d'Abcl,  le  Baptême  de  Notre-Seigneur,  la  Magde- 
leine,  Saint  Jean  l'Évangèliste,  Saint  François,  Saint  Sébastien,  Saint 
Joseph,  «  tous  originaux  fort  beaux  et  fort  bien  faits  et  de  grands 
peintres  tous  morts...  un  Paysage  de  Gaspard  (Guaspre),  beau-frère  de 
M.  Poussin,  et  deux  copies  d'originaux  de  M.  Poussin;  elles  repré- 
sentent une  Exposition  de  Moyse  et  une  Vierge  avec  un  Jésus  ».  Les 
deux  premiers  tableaux  coûtaient  »    loo    pistoles',    les    sept  autres    ori- 

1.  Tourncfoi-t,  Galette  des  Beaux-Arts,  X\  III,  ^17. 

2.  Pistoles  d"Espai;ne  de  10  livres. 


LE    SURINTENDANT    FOUCQUET  39 

ginaux   80  pistolcs,    ce   qui   a   étc    un    marche    admirable  ».    Un   Saint 
Michel  dAlexandre  Véronèse,  une  ébauche,  fut  même  donne  par-dessus 
le    marché    «    pour   tenir    les    tableaux    en    estât   dans   le   ballot  ».    Le 
cabinet   d'agates    orientales   coûtait   700   écus,   le   lit   en    broder.e    .90. 
les   deux   copies  23  pistoles,  le  paysage  du  Guaspre   12  ou   .3,  le  tap.s 
de  Perse  26    pistolcs,  la   chapelle   d'ambre   .3o  écus.    «   Vous  trouverez 
aussi,  disait  labbé   en    terminant  sa   lettre  ij  mars    i656),  des   bassms 
dar-ent    cjui    mont    paru    beaux   et   d'un  travail    incogneu   en    France; 
ils   Lt    belle    monstre   sur   un    buffet.  Ce  nest  pas  que  je   ne   sçeusse 
bien    qunn    travaille    admirablement    en    France    en   argent,    mais   en 
choses   massives  et  dune  autre  manière.  Ccst   argent  de    la    Chambre 
apostolique,    qui    est   tout   le    meilleur.    L'argent    et    sa    façon    coûtent 
SH8   écus    d'Italie.    »    H    paraît    que   le  surintendant    tut    satisfait    de  ce 
premier  envoi,  sauf  de   la  chapelle  d'ambre,   qu'il    trouvait   ..   inutile  et 
dilTicile  à  conserver  »    Sur  quoi  l'abbé  piqué  réplique  que  le  bon  marche 
ra  décidé,  que  d'ailleurs,  si  la  chapelle  ne  plaît  pas,   il   «  la  retirera  a 
semblable    prix,    espérant   bien   le   faire   doubler   par   quelque   autre    a 
Paris,  par  troc  ou  autrement    ». 

Le  3  avril  de  la  même  année,  nouvel  envoi  de  quatorze  tableaux 
sans  désignation.  Le  .0,  l'abbé  informe  qu'il  fait  restaurer  «  une 
bcllissime"  statue  antique  qu'il  avoit  achetée  depuis  longtemps  ...  Le  17, 
il  lail  espérer  «  un  marché  de  force  bons  tableaux  •■  ;  en  même  temps 
il  annonce  -c  une  lahle  magnifique  de  pièces  rapportées,  qui  est  enfin 
achevée,  et  qui  depuis  quatre  mois  m'a  fait  suer  sang  et  eau...  deux 
petits  vases  de  porphire  bien  jolis  et  à  fort  bon  compte...  deux  petites 
,,.l,.n>ies  de  marines  toutes  dune  pièce.  Vous  en  ave/  maintenant 
(lualre    et    ilans   peu   vous  en   aurez  huit    ». 

l.a  dernière  lettre  de  l'.ibbé  est  du  -.'.j  avril  iC.5C.;  elle  annonce 
„  une  statue  restaurée  passable  et  à  bon  marché,  et  de  nouvelles  co- 
l„nncs  fort  belles,  et  autres  choses  »,  ainsi  que  des  grelTcs  d'arbustes 
,ares  -  accommodés  avec  du  miel  et  de  la  mousse...  M"  Senci,  qui  a 
le  plus  beau  jardin  di'.urope  en  agrumes  .cédrats  et  citrons^  est  celui 
.,„i  en  a  donné  la  meilleure  partie,  et  un  Père  Ferdinand  le  reste  .. 
Quelle    était    la    valeur    de    ces    peintures    que    l'abbé    décrit    d'une 


40  LES    AMATEURS    DE    L'ANCIENNE    FRANCE 

façon  si  sommaire?  Sans  doute  ces  «  originaux  fort  beaux  et  fort  bien 
faits,  de  grands  peintres  tous  morts  »,  qui  reviennent  en  moyenne  à 
200  livres  la  ])ièce',  sont  des  morceaux  honorables,  car  le  Poussin 
disait  son  mot  sur  le  tout  et  "  ne  laissoit  rien  passer  de  médiocre  »\ 
])(juitant  on  se  fait  une  autre  idée  des  magnillcences  du  surintendant, 
et  Ion  aimerait  à  voir  son  frère  moins  préoccupé  des  prix  et  des  bonnes 
affaires.  11  faut  bien  le  dire,  la  pénurie  des  beaux  ouvrages  était 
extrême  à  Rome  :  «  c'est  l'œuvre  d'un  siècle,  disait  le  Poussin,  que 
de  trouver  une  bonne  emplette  à  faire  ».  La  concurrence  des  ama- 
teurs avait  fait  table  l'ase  des  anciens  maîtres,  «  on  avoit  déjà  trans- 
porté ce  qu'il  y  avoit  de  meilleur  et  le  peu  qui  reste  n'éloit  plus  dans 
le  commerce  ». 

Aussi  l'abbé  pressait- il  vivement  son  frère  de  commander  au 
Poussin  «  une  couple  de  belles  pièces  d'une  égale  grandeur,  de  quelque 
sujet  agréable  et  de  son  choix  )>.  Mais  le  surintendant  avait  d'autres 
vues  :  le  Poussin  se  faisait  vieux,  on  parlait  déjà  de  «  sa  main  trem- 
blante* «;  Foucquet  préféra  sans  doute  choisir  lui-même,  sur  place 
et  à  coup  sûr,  une  œuvre  de  son  meilleur  temps,  (^hantelou  possé- 
dait alors  les  plus  beaux  Poussin  et  l'œuvre  capitale  du  maître,  la 
Manne,  composée  en  i63g.  Comment  la  Manne  devint-elle  la  pro- 
priété de  Foucquet?  Je  ne  saurais  le  dire,  mais  le  fait  est  hors  de 
doute.  Dans  le  Journal  du  cavalier  Bernin  en  France  (i665),  rédigé 
par  Chantelou  lui-même  ^  celui-ci  raconte  qu'il  eut  l'idée  de  proposer 
à  Colbert  de  faire  faire  «  pour  le  Roi  une  tenture  de  tapisserie  sur 
divers  tableaux  de  M.  Poussin  qui  sont  à  Paris,  de  l'histoire  de  Mo'ise, 
laquelle  pourroit  être  appelée  la  tapisserie  du  Vieux  Testament.  Elle 
seroit  composée  de  Mo'ise  exposé  sur  les  eaux,  qui  est  chez  Stella,  du 
Moïse  trouvé,  qu  a  M.  de  Richelieu,  de  la  Manne,  qu'avoit  M.  Fouc- 
quet >i  ;  et  Chantelou  énumère  les  autres  originaux  du  Poussin  appar- 
tenant à  des  amateurs  parisiens.    Voilà  qui  est  net  :    Chantelou   devait 

i.Les  tableaux  du  Poussin,  «dont  la  cherté  est  estonnante  «,  se  payaient  200  pistoles, 
2,000  livres.  H  est  vrai  qu'il  s'agissait  «  des  trois  plus  grandes  pièces  qu'il  aye  faites  et  des  plus 
achevées  ».  Lettres  de  L.  Foucquet,  id. 

2.  Lettres,  id.,  p.  290. 

3.  Galette  des  Beaux-Arts,  .XXIII,  2'  pér.,  271'). 


Of^ 


^    1 


4; 


t- 


c.-. 


I.A      I.IDKkaI.IT». 

ituiK-  >M  pum-,  ii\..,KK  i-.ii  u-  i-..ii««iii  p<iiir  NtcolM  F0UC4UCI,  iJtrJiii*  Jv-  Wruilk»,  ^nlnraocv»  Ja  S 


LE    SURINTENDANT    FOUCQLET  45 

savoir  mieux  que  personne  où  se  trouvait  lu  Manne  qu  il  avait  pos- 
sédée. 11  ne  saj^it  pas  ici  d'une  réplique,  puisque  le  Poussin  n'en  a 
pas  fait  ;  dailleurs,  Chantelou  n'eût  pas  parlé  d'une  réplique  pour  servir 
de  modèle  à  des  tapissiers,  s'il  avait  eu  l'original  entre  les  mains. 
Ce  petit  détail  n'était  point  connu,  il  a  son  intérêt  pour  fixer  la 
généalogie   des    tableaux    de    notre    grand    maître  national '. 

Au  lieu  des  peintures  que  demandait  l'abbé,  Foucquet  le  chargea 
de  commander  au  Poussin,  pour  la  maison  de  \'aux,  quatorze  Termes 
sculptés.  L'artiste  se  mit  immédiatement  à  l'œuvre;  on  sait  qu'il  aimait 
ù  modeler  lui-même  et  se  servait  de  maquettes  en  cire  pour  préparer 
la  composition  de  ses  tableaux  -.  «  Il  le  fit  bien  voir,  raconte  Bcllori, 
dans  ses  statues  de  Termes  pour  la  maison  de  campagne  que  faisait 
M.  Fochet  (sicj,  car  il  fit  de  sa  main  les  modèles  de  la  grandeur  d'exé- 
cution de  ces  statues,  qui  furent  exécutées  par  plusieurs  sculpteurs 
dans  latelier  desquels  je  lai  vu  bien  des  fois  travailler  la  terre  avec 
l'ébauchoir  et  modeler  avec  une  grande  facilité.  Avec  ces  figures,  il 
donna  aussi  le  dessin  de  deux  vases  à  l'antique  qu'il  fit  travailler  et 
exécuter    en  marbre  africain  antique'.    » 

La  correspondance  de  Louis  Foucquet  montre  que  les  Termes 
étaient  en  main,  et  que  l'on  y  travaillait  sous  la  direction  du  Poussin; 
mais  l'abbé  ne  parle  jxis  de  l'expédition  de  ces  ouvrages,  qui  eut 
lieu  probablement  après  sa  rentrée  en   l'rance. 

Quelques  années  plus  tard,  en  i()()i,  après  la  mort  de  Mazarin, 
Foucquet  envoya  un  nouvc;ui  cliargé  ilallaires  à  Home;  c'était  l-ranijois 
de  MaucroiN,  l'ami  île  La  l'ontaine.  La  missi(.n  de  .Maucroix,  comme 
celle  de  rabl>é  l'oucquet,  avait  deux  buts  :  il  devait  créer  au  sunn- 
tciulanl  des  iiarlisans  à  Kome  et  acheter  pour  lui  des  antiques,  des 
peintures  et  des  curiosités,  en  prenant  les  c«>nseils  de  l'abbé  KIpidio 
Uenedetli,  agent    de    l'iance    à    Kome    et   l'ancien    homme  d'alVaires  de 

I.  I.c  projet  .le  i:iinnicl.m  lut  iiii»  à  cxcuti-ii  ci  Ton  ctuiv.w  aux  Gohclin»  Jeux  «cnlurc»  Je 
Yllisloirc  de  Mow  .HCC  or  en  Jix  et  onjc  piccc».  I.c  |H:.nlrc  Itonnciucr  fut  ihar({C  J'«sr«nJir  U 
Mjiine.  (Note  Je  M.  Diiricl,  Chronique  Jet  arts,  j.S  n>«r«  iHKi.) 

■1.  Voir  une  curicu»c  notice   Je  M.  Je  .MontuiKl..»  .'«  ^e  Miict.    .l-vA.  4t   tan  /nii^Ms,  s*  »cric. 

\.>l.  II.  j;--. 

}.  /./.  ilclltirl.  IV  Jii  roiifuii,  cJ.  Pi»c,  III,  171  ■>•• 


44 


(.i:S    AMATKUkS    l)K    L'ANCIENNE    FRANCE 


Mazarin.    Ses    instriiclions    lui    prescrivaient    d  ailleurs    la   discrétion   et 
le    mystère    recommandés  à  son   prédécesseur'. 

Bertinctti,  graveur  en  médailles,  qui  remplissait  auprès  de  Foucquct 
les  fonctions  de  secrétaire,  fut  également  l'un  de  ses  agents  à  l'étranger. 
M.  lùig.  (îrésy  a  raconté  les  aventures  romanesques  de  ce  personnage''; 
on  innore  si  lui  ou  Maucroi.K  réussirent  dans  leur  mission. 

1.  Chcrucl,  Mcmoircx  sur  Foucquct ,  p.  1.14. 

2.  Pape  iS. 


IV 


Procès  de  Foucquct.  Ce  que  sont  devenus  Saint-Mandé,  Vaux,  les  tapisseries,  les  statues, 
les  meubles,  les  livres,  les  sarcophages. 


K  5  septembre  1661,  Nicolas  Foucquet 
t\it  arrête  à  Nantes.  La  Chambre  de 
justice  se  réunit  dans  les  premiers  jours 
de  décembre  et  le  procès  commença  im- 
médiatement ;  il  devait  durer  trois  ans. 
Foucquet  fut  condamné  au  bannissement, 
peine  commuée  par  le  roi  en  un  empri- 
sonnement perpétuel  dans  la  forteresse  de 
INi^-^nerol.  C'est  là  qu'il  mourut  en  1680'. 
Dès  l'origine,  tous  ses  biens  avaient 
été  saisis  par  les  créanciers.  Aussitôt  le  procès  terminé  et  les  forma- 
lités remplies,  on  soccupa  de  la  vente  publique,  de  l'invcutairc  comme 
on  disait  alois.  .Mais  auparavant,  le  roi  fit  mettre  à  part  un  certain 
nombre  de  meubles  cl  tic  ta])isserics  d'une  richesse  exceptionnelle. 
Nous  en  donnons  la  nomenclature  et  l'estimation  d'après  un  document 
manuscrit,  conservé   aux  archives  ilc  l'Oise-   : 


l'n   lii  '  (le  biocart  l'nnd  d'ar<i;cnt  avec  les  sièjjes,  estimé. 

Vn  lit  CM  velours  vert  en  broilerie  fort  riche  avec  tous 
les    sièges 

l'n  autre  lit  de  velours  vert  chamarré  île  grands  passe- 
ments d'or  et  il'argent 

Quatorze  lapis  de  Perse  et  île  Chine,  la  plupart  a  lunds 
d'iif. 


.^,()(xi  livres. 
14,000      — 
.J.400      — 


I.  Voir  II.  HrikC,  \~\'\,  II,  70;  cl  ClicrucI,  .^f^mnires  sur  Foucquet,  dcji  cite» 

j.  On  trouvera  cette  pièce  i»i  i*.v/r«*>.  Appendice.  p«(!c  1(7. 

;t.  Ce  ht  Cl  les  deux  sulvnnt»  liKuixnt  A  l/MivMMir,-  Je  Ijux;  nou*  le*  •von»  tignalc*  plut  haut. 


4f)  LES    AMAlKI'kS    l)K    L'ANCIENNE    FRANCE 

'l'cntuics    :  Apollon  et  les  qiialrc  Saisons  {cinq  pièces)'  .  i,5oo  livres. 

Hisloirc  d'Abraham  ià'w  p\cccii}^     ....  1,600  — 

Les   (lùtvrcs    de    luisérieorde    (huit    pièces).  5,000 
Verdure     et     Chasses     de     linixelles    1  sc])t 

pièces)  ' 800  — 

Sii:;aiii!e  et  les  Vieillards  (une  pièce).     .     .  60  — 

].' Histoire    de    Constantin  (deux   piècesV'     .  2,000  — 

La    l'raction  dit  pain   (iinc    pièce).     .     .      .  200  — 

Verdure  de   Fouquièrcs   (cinq   pièces)'.     .      .  1.200  — 
Le    Festin    de    Simon    le  lépi'eux,    X.    S. 

portant    sa    croix,  X.    S.    devant  Pilate, 

Ecce    Homo,     Résurrection    de    X.     S. 

(cinq    pièces)''' 1,000  — 

U Histoire    de    saint    Jean-Baptiste    1  quatre 

pièces) 750  — 

Xotre-Seigneur  en  croix   (une  pièces.      .     .  60  — 

Saint  Luc  qui  peint  (une  pièce) 1 5o  — 

Les  Actes  des  Apôtres  (six  pièces)'.     .     .     .  i,5oo  — 

Histoire  de  Priant  (sept  pièces)**    ....  i,5oo  — 

Histoire  d'Arthémise  (huit  pièces)'^     .  2,400  — 

1.  Au  Garde-meuble.  Cinq  pièces  de  la  luC-me  suite,  appartenant  à  M.  le  comte  d'Vvon,  tiiju- 
raient  au  Musée  rétrospectif  en  i865. 

2.  Inventaire  des  tapisseries  du  Roi  en  if)92. 

3.  Peut-être  des  imitations  des  chasses  de  Van-Orley,  dont  une  réplique  a  paru  à  l'Exposition 
de  187^. 

4.  L'Inventaire  de  Vaux  mentionne  (i  trois  pièces  de  tapisserie  de  celles  qui  ont  été  faites  à 
Maincy,  rehaussées  d'or  u;  nous  n'en  trouvons  ici  que  deux.  Il  s'agit  de  ce  qu'on  appelait  la 
troisième  tenture  fabriquée  à  l'atelier  de  Foucquet,  qui  fut  apportée  et  complétée  aux  Gobelins,  où 
l'on  substitua  des  bordures  nouvelles  aux  armes  du  Roi,  en  remplacement  de  celles  portant  le  chiffre 
de  Foucquet.  La  tenture  complète  comprenait  cinq  pièces  d'après  Raphaël  et  Le  Brun,  peintes  par 
Yvart,  Courant  et  Lefébure.  (Note  communiquée  par  M.  Darcel.)  —  Au  Garde-meuble. 

5.  L'inventaire  de  1G92  dit  :  «  Paysage  et  verdure  à  bestions,  d'après  les  dessins  de  Fouquières  ». 
Jacques  Fouquier,  né  en  Flandre  et  mort  à  Paris  en  1C60;  il  excellait  dans  le  paysage.  C'est  lui  que 
Poussin  appelait  le  baron  de  Fouquier. 

6.  Portés  à  VInvcntaire  de  Vaux  sous  le  nom  de  Vie  de  S.  S. 

7.  Ce  n'est  pas  la  célèbre  tenture  faite  en  Angleterre  et  actuellement  au  Garde-meuble,  mais 
une  série  de  très  petite  dimension,  une  aune  deux  tiers  de  haut.  Les  Actes  des  apôtres  de  Mazarin 
ont  trois  aunes  et  demie 

8.  Inventaire  de  1692. 

9.  Une  des  nombreuses  tentures  qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  la  première,  exécutée  à  la 
Trinité  pour  Catherine  de  Médicis.  Cette  suite  porte  le  nom  de  Foucquet  dans  l'inventaire  de  1692. 
—  Au  Garde-meuble. 


I.i:    SURINTENDANT    FOUCQUET  47 

Tentures  :    Les   Vertus  ihuit  pièces)  ' 900  livres. 

Les  Duuic  Mois  iûx^'xhcci)' 3, 000  — 

Histoire  de  Gédéuii  (huit   pièces)'".     .     .     .  1,800  — 

Histoire  d'Iphigéuie  idix  pièces)*  ....  4,000  — 

Fable  de   Vulctiin  ihuit  pièces)  "■     ....  11,789  — 

Histoire   de   Salonion   ihuit   pièces)'"'   .     .     .  8,000  — 
Adoration  des  Rois  mne  pièceK 

En  se  réservant  presque  toutes  les  tapisseries  de  Foucquct, 
Louis  XIV  n'entendait  pas  les  confisquer  pour  lui  seul  et  sans  profit 
pour  l'Etat.  La  magnificence  du  surintendant,  son  goût  intelligent 
des  belles  choses,  ses  façons  quasi  royales,  l'éclat  de  ses  fêtes  et  le 
hi\c  de  sa  maison  avaient  singulièrement  frappé  l'esprit  du  jeune  roi. 
La  mcjrt  de  Mazarin  le  débarrassait  d'une  tutelle  étroite  et  gênante; 
libre  désormais  d'agir  à  sa  guise,  il  résolut  d  imiter  Foucquet  comme 
un  grand  prince  pouvait  le  faire  et,  pour  aller  plus  vite,  il  emprunta 
son  organisation  qui  était  toute  prête.  Le  ô  juin  166-2,  l'hôtel  des 
(jobelins  fut  acheté  ;  on  y  transporta  le  personnel  et  l'uutillage  de 
Maincy  avec  les  tapisseries  en  cmirs  d'exécutiun  et,  dès  la  fin  de 
l'année,  la  Manufacture  des  'J'apisseries  royales  était  en  pleine  activité, 
(le  n'est  pas  tout  :  Le  Hrun  fut  nommé  directeur  du  nouvel  établis- 
scincnl  et  |)icniicf  peintre  du  Kni.  Le  \'au,  premier  architecte;  le 
Nôtic  lut  cliargé  tle  créer  \'ersailles.  On  fit  venir  de  \aux  et  de 
Saint  Mandé  les  |)lus  belles  statues,  les  plantes  les  plus  rares,  la  col- 
lectinii  ilorangers,  le  jardinier  Trummel  pour  les  .«soigner"  et  La 
(^)uintinic    pi)iii-    in^talkf    le    |)i'iager. 

Ainsi   Versailles  et  les  (jobelins  sont  les  héritiers  directs  de  Vaux- 

I .  Invcntiiirc  ilu  Hhij. 

3.  Pciil-iiirc  les  Mois  i;ii)tt-<^iii-s,'.'  Its  l><>ii;r  .Umv  .le  llHvfnl.tirr  Je  .\l.t;jriM  oni  U  mcmc 
hnutctir,  iiuijs  le  cour»  n'v»!  pus  le  iiiOiiie. 

3.  l'uui-eire  lu  inCiiic  suite  t|uc  celle  cnialoguec  >\  l'/iiivitMirr  Jf  \'an.v  sou»  le  liirc  SHUtoirt 
dhrat'l. 

4.  Invenliiirc  >te  Hiiu. 

b.  Kiibriijue  île  Mi>rlliike,  —  nu  »i.ii.li.-MKiil-lc.  le  I  ii/c.iiu  .le  I /iift->iMir<-  J,-  .\/j;jrim  4  ncul 
pièces  cl  celtu-ci  huit. 

li,  Alt  tiiir>le-iiie(ilile,  >liiiis  la  série  île  l'.4Nt'i<-H    J'esUmenl. 

7.  Comf>li:i  ./<•.»  Kùimi-nix  ,iii  Ktii  publies  p.«r  J.  J.  Ouillrcy,  anitcc*  Hi66  et  hVkH  Voir  aux 
Archives  nnliuiiules,  0<   li/>(,  lu  /'ri«V  Jcs  uruN^'rrj,  et  Duuicux,  IVrMt//<«,  I,  90. 


48  LES    AMATKUKS    DK     I.  ANCIENNE    FRANCE 

Ic-Vicomtc  et  (le  Maincy  ;  l'honneur  de  1  inilialive  apjjarUent  à  Foucquct, 
c'est  lui  (|ui  a  il<^nné  rexcmple  et  montré  le  chemin. 

La  vente  puMique  coninieiiça  en  i665  et  continua  jusqu  en  sep- 
temi)re  1666;  elle  se  fit  à  Saint-Mandé  '  et  à  Paris,  «  dans  la  mai- 
son du  (latlelan,  rue  \  ivieiie  '  ».  Guy  Patin  écrit  à  la  date  du 
25  lévrier  i()65  :  "  On  procètle  ici  à  la  vente  de  .M.  l-"oucquct,  on 
commence  i)ar  les  meubles.  11  y  a  une  belle  bibliothèque;  on  dit  que 
M.  Colbert  la  veut  avoir;  s'il  en  a  tant  envie,  je  crois  bien  (|u'il  l'aura, 
car  il  est  un  des  grands  maîtres  et  a  bien  de  quoi  la  j^aycr.  »  En 
effet  Colbert  en  avait  envie,  mais  pour  le  roi;  (>arcavi,  yarde  de  la 
P)ibliothè(|ue  Royale,  lut  charité  d'acheter  pour  cet  établissement 
i3,ooo  volumes  environ.  Les  comptes  des  Bâtiments  du  Roi^  men- 
tionnent, en  janvier  1667,  un  payement  de  6,000  livres  k  au  sieur 
Mandat,  directeur  des  créanciers  de  M.  Foucquet,  pour  le  pri.x;  des 
livres  que  le  Roy  a  fait  achepter  de  ceux  de  la  bibliothèque  de  Saint- 
Mandé  )i,  et  un  autre  payement  de  14,000  livres  «  au  sieur  Arnoul 
pour  les  livres  de  l'histoire  d'Italie  que  S.  iM.  a  fait  pareillement  achep- 
ter'' ».  Les  manuscrits  passèrent  entre  les  mains  des  libraires  Denys 
Thierry,  Frédéric  Léonard,  Jean  Dupuis  et  Claude  Barbin''.  J'ignore 
si  ce  sont  les  mêmes  que  les  498  manuscrits  provenant  de  Foucquet 
et  offerts  au  roi  en   1700  par  l'archevêque  de  Reims". 

Le  roi  Fit  aussi  quelques  acquisitions  de  meubles  précieux;  elles 
sont    en    partie   indiquées   dans    une   pièce    manuscrite,    conservée    aux 

1.  Le  3  sept.  i6ij6,  M.  de  Chenciië  écrit  à  Colbert  :  «  Je  suis  en  peine  de  savoir  si  parmi  les 
bustes,"  termes,  mausolées,  figures  et  tables  de  marque  de  Saint-Mandé,  il  y  en  a  quelques-unes  à 
marquer  pour  le  Roi  ;  Ton  en  fera  demain  après  midi  la  seconde  exposition  pour  la  vente  à  la  hui- 
taine. »  {Arcli.  Bastille,  III,  35-3(3.) 

2.  Is'oiivclle  estimation  des  pierreries  de  Vaux,  Appendice,  page  75.  Fr.  Catelan  était  conseiller 
du  Roi  en  ses  conseils  et  secrétaire  du  Conseil  d'Ktat  et  direction  de  ses  finances;  il  fut  compromis 
dans  les  affaires  de  Foucquet  et  enfermé  à  la  Bastille. 

3.  Déjà  cités. 

4.  Probablement  les  mêmes  que  Foucquet  avait  acquis  de  Raphaël  Trichet  du  Fresne,  fils  de 
Pierre  Trichet  :  «  Il  avoit  fait  entr'autres  une  collection  de  livres  sur  l'histoire  d'Italie,  que  M'  Fouquet 
avoit  achetée  de  luy  quatorze  mille  francs.  »  [Pierre   Trichet,  par  Dezeimeris,  Bordeaux,  1S78.; 

5.  M.  le  baron  Pichon  possède  un  petit  in-iu  de  Ô2  pages,  intitulé  :  Mémoire  des  manuscripts 
de  la  bibliothèque  de  M.  Foucquet,  qui  se  vendent  à  Paris  chez  Denis  Thierry,  Frédéric  Léonard, 
Jean  Dupuis  rue  Saint-Jacques  et  Claude  Barbin  au  Pallais  M.D.C.LXVll.  Dans  une  lettre  du 
i3  sept.  i6(3.i,  le  libraire  Cramoisy  informe  le  chancelier  Seguier  qu'il  a  fourni  à  Foucquet  des 
livres   pour   une   somme  de  23,ooo  livres  dont  il  n'est  pas  payé.  Bibl.  nat.,  mss.  fonds  fr.  17398. 

N.  -Mb.  de  la  Fizelière,  la  Rymaillc,  p.  144. 


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LE    SURINTENDANT    KOLCQL'ET  3i 

archives  de  lOise,  intitulée  VEstal  de  ce  qui  a  esté  vendu  et  adjuge  au 
Roy  à  l'inventaire  fait  des  meubles  de  M.  Foucquet  ' .  Ce  sont  des 
étoffes  de  soie,  des  objets  en  cristal  de  roche,  montés  en  or  émaillé 
et  en  vermeil,  des  tables  de  porphyre  et  de  marbre;  quelques-unes 
de  ces  pièces  doivent  se  trouver  à  la  galerie  d'Apollon. 

La  Manne  du  Poussin  fut-elle  achetée  par  le  roi  ou  réserA'ée  pour 
lui  avant  la  vente  comme  les  tapisseries;  Kn  tout  cas,  ce  chef-d'œuvre 
faisait  déjà  partie  du  cabinet  du  Roi  en  1G67  et  fut  l'objet  d'une  dis- 
sertation savante  de  Le  Bru  devant  les  membres  de  l'Académie  de 
peinture'.  En  1709,  la  Manne  ornait  le  petit  appartement  du  mi  à 
Versailles;  elle  est  au   Lnuvre. 

Le  Louvre  possède  un  autre  tableau  venant  de  Foucque.,  la  Ctr- 
cuncision  de  Bagnacavallo^  ;  Le  Brun  s'en  rendit  acquéreur  à  la  vente. 
La  Circoncision  passait  alors  pour  un  ouvrage  de  Jules  Romain;  en  1084 
elle  appartenait  au  peintre  Bonnemer  iiui  la  vendit  au  roi  6,700  livres, 
par  l'entremise  de  Charles  Hérault. 

Les  quatorze  Termes  modelés  ]iar  le  Poussin  furent  enlevés  de 
Vaux  en  1(381^;  ils  sont  à  Versailles,  dans  les  anciens  bosquets  de  la 
Girandole  et  du  Dauphin  (quinconce  du  nord  et  quinconce  du  midiK 
L'exécution  est  assez  faible  en  général,  mais  la  composition  a  tous 
les  caractères  du  maître'.  (\'oir  le  dessin  d'une  de  ces  ligures.»  Quant 
aux  deux  «  vases  à  l'antique  »,  que  l'on  croyait  encore  dans  les  maga- 
sins de  \ersailles\  latlministrateur  actuel.  M.  le  comte  ('lément  de 
Ris,  m'assure  ijuil  ne  les  a  jamais  vus. 

\.' Hercule  gaulois  île  Puget  n'était  pas  encore  terminé  au  mo- 
ment de  la  disgrâce  de  l'ouci|uet '';  Colbert  le  lit  venir  en  l-'rancc 
|îour  le  i)lacer  dans  un  des  bosquets  de  Sceaux.  Ce  beau  marbre  a 
passé  de  Sceaux  au   Luxembourg  et  de   là   au   Louvre. 

Le  inar.|uis  de  Seignelay  acheta  de  .Michel  .Vnguier  trois  ligures  de 

I.  t.ciiL-  l'icic  l'.ir.iii  iiu'icMiltu.    A||viuliie,  pn({C  loi. 
•j.  Kclibicti.  Il,  .("'> 
H.  N-  ;<iMi.  t.alKtlofiiu-  VtUot 

4.  A.  lie  Mnmiii(!l'«n,  .IrcA.  Jf  l'art  fraHciixs,  11,  i*  wrie,  iKi. 
h.  Id..  ibiJ. 

(■).  Miiiictlc,  AbnrJarto,  m  nxn  /'M^f*.  l»<>U|;ercl  iMure  <\\w  VHcfxulr  fut  «chclc  J"«l>or\l  p«r 
Dus  Niiycr».  lil»  ilii  sccrcirtire   .n%ui.  V..tr  /'icrrr  /'«^T».  yAX  I.    I.«nr»ngc   64frtfr.  XVIII,  'i<». 


52  i.KS  a.m.\ii:i;ks   dk   i.ancik.nnk   franci-: 

pierre  de  Vernon,  (|u'il  avait  exéciitées  pour  la  maison  de  \aii\'.  et 
les  installa  clans  le  parc  de  Sceaux.  Les  treize  statues  d'après  l'an- 
tique, qui  décoraient  lu  nralcric  de  Saint-Mandé,  furent  divisées;  J)e 
rislc,  architecte,  en  acheta  cinq  qu  il  j^laca  dans  son  jardin,  rue  de  la 
(^)uturc  Sainte-datlieiine,  à  Paris;  les  huit  autres  furent  envoyées  à 
Choisy-,  chez   la   marquise  de   Louvois. 

Une  des  plus  belles  statues  de  \'aux,  \' Antinous  antique  de 
bronze''',  couiut  d'autres  aventures.  Un  vieux  domestique,  sachant  le 
piix  t|ue  l'on  y  attachait,  voulut  la  conserver  pour  les  enfants  de 
son  maître  et  l'enterra  dans  une  cave,  ce  qui  ex|)lique  comment  elle 
ne  ligure  sui'  aucun  de  nos  inventaires.  Plus  tard,  le  marcpiis  de 
Bellc-Isle,  lils  du  surintendant,  chercha  les  moyens  de  s'en  défaire  ;  il 
chargea  Mariette,  le  père,  de  négocier  la  vente  au  prince  lùigènc, 
grand  amateur  d'objets  d'art;  l'afiaire  ne  fut  conclue  qu'en  1717.  \^ An- 
tinous entra  dans  la  galerie  du  prince  à  Vienne;  celui-ci  le  revendit  au 
prince  de  Lichtenstein  qui  l'olFrit  au  roi  de  Prusse;  et  le  bronze  fut 
porté  à  Sans-Souci''. 

Rcllc-Ilc,  que  Foucquet  avait  acquis  en  i658,  demeura  la  pro- 
priété de  sa  femme  pour  ses  reprises  ■%  et  fut  érigé  en  marquisat  en 
faveur  de  son  petit-lils. 

Saint-Mandé  fut  acheté  par  Titon,  directeur  des  manufactures 
d'armes  et  secrétaire  du  Roi*',  pour  le  compte  des  Hospitalières  de 
Gentilly.   Elles  occupaient  encore  la  maison  en   lySS. 

Quant  au  château  de  Vaux,  voici  ce  que  nous  avons  appris  sur 
son  histoire.  M'""  Foucquet,  séparée  de  biens  avant  la  condamnation 
de  son  mari,  avait  ]ui  conserver  une  partie  considérable  de  sa  fortune. 
Le  19  mars  lôyl-i,  elle  racheta  aux  créanciers,  movennant  le  prix  de 
i,25o,ooo  livres,  la  vicomte  de  Melun  avec  la  terre  de  Vaux  et  d'autres 
terres   et  seigneuries  ''.    Di\   ans  après,   elle   en  lit    donation    à    son    fils 

I.  Mcm.  des  Acad.,  I,  441'),  imtc  2. 

■2.  G.  Bricc,  I,  321,  et  Hurtaut,  Dictionnaire,  au  mot  Choisy. 

3.  Quatre  pieds  de  haut. 

4.  Mariette,  Abecedariv,  11.  2?ii,  au  mut  Fuiicquet. 

5.  Chcruel,  II,  4rii'>. 

6.  Père  de  Titon  du  Tillel.  Il  habitait  non  loin  de  là,  rue  de  Montreuil. 

7.  Voir  une  lettre  de  Koucqiiet  à  sa  femme  à  ce  propos.  Chéruel,  11,  4.^7. 


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34  LES    AMA  I  i:i;US    DK    I.ANCIENNK    FKANCIi 

aine  I -nuis-Nicolas  Foucqiict,  par  ilivcrs  actes  cntrc-vifs  des  i3  février 
i683,  3  août  1689  et  14  mars  1703.  (^e  lils  étant  mort  en  ijob  sans 
postérité,  sa  mère,  «  héritière  pai-  liénéfice  (.l'inventaiie  des  meubles  et 
aciiuets  et  des  choses  pai-  elle  données  au  défunt  seigneur  conile  de 
Vaux,  son  fils  »,  vemlit  la  teire  le  29  août  lyoD  à  k  très  haut  et  très 
puissant  seigneur  M*"  Louis-Hector,  duc  de  \illars,  chevalier  des  ordres 
du  Roi,  maréchal  de  France  »,  pour  le  ]iri\  princi|)al  de  5(K),cj(K)  livres 
et  différentes  charges.  La  terie  de  \'aux  constitua  dès  lors  la  duché- 
pairie  de  Villars. 

Le  duc  de  Villars  vendit  à  son  tour,  le  27  août  1764,  à  «  très 
haut  et  très  puissant  seigneur  M*^''  Ccesar-Gahriel  de  (^iioiseul  ,  duc 
de  Fraslin  ,  ])air  de  I*'rance    »,  moyennant   1,600,000  livres. 

La  terre  est  restée  dans  les  mains  de  la  famille  de  Choiscul-Praslin 
jusqu'au  (')  juillet  1875,  époque  à  laquelle  M.  Sommier  s'en  est  rendu 
acquéreur  '. 

L'œuvre  de  Le  Vau  a  survécu,  le  bâtiment  est  en  parfait  état. 
Quelques  appartements,  remaniés  par  les  anciens  propriétaires,  aban- 
donnés, repeints  ou  mal  entretenus,  avaient  souffert.  M.  Sommier  a 
entrepris  la  tâche  délicate  de  les  restaurer  dans  les  limites  du  possible. 
La  direction  des  travaux  a  été  confiée  au  goût  sûr  et  distingué  de 
M.  Destailleurs,  architecte  ;  on  ne  pouvait  mieux  choisir.  Grâce  à  lui, 
les  anciennes  distributions  ont  été  rétablies,  quelques  réparations  né- 
cessaires ont  été  entreprises  ;  on  a  retrouvé,  sous  les  anciens  badi- 
geons, un  plafond  et  des  peintures  remarquables  de  Le  Brun  ou  de 
ses  élèves.  Le  sfrand  salon  a  conservé  son  ancienne  décoration  circu- 
laire  et  les  belles  cariatides  soutenant  la  coupole.  Les  trois  plafonds 
de  Le  Brun,  l'Apothéose  d'Hercule,  le  Triomphe  de  la  Fidélité  et  le 
Morphée  existent  encore,  ainsi  que  les  deux  statues  de  Tibère  et  A' Au- 
guste, les  quatre  bustes  avec  draperies  d'albâtre  oriental,  un  Trajan 
et  une  Muse   au    pied    de   l'escalier,  et  trois  statues  dans    les  jardins'. 

1.  Je  dois  CCS  renseignements  à  robligeance  de  M.  Sommier. 

2.  Le  Louvre  conserve  le  dessin  d'un  fronton  avec  Técureuil  de  Foucquet  (Dessins,  suppl. 
n"  1870).  M.  Alfr.  Beurdeley  a  bien  voulu  me  permettre  de  reproduire  un  dessin  de  sa  collection,  de 
la  main  de  Le  Brun,  représentant  les  armes  et  la  dc\ise  de  Foucquet.  Ce  dessin  a  tiguré  à  l'E.xposi- 
tion  du  Musée  des  Arts  décoratifs,  n°  228. 


LE    SIJKINTENDANT    FOICQIET  ?5 

Tout  le  reste,  mobilier,  objets  d  art,  tentures  et  tableaux,  a  dis- 
paru'. M""'  Foucquet  avait  gardé  pour  elle  un  petit  nombre  de  meubles 
dorés,  souvenir  des  anciens  jours;  après  la  mort  de  son  mari,  elle  se 
retira  au  \'al-de-Gràce  et  fit  transporter  son  mobilier  dans  un  des 
pavillons  extérieurs  où  elle  vécut,  pieuse  et  solitaire,  jusqu'en  1716-. 
f)r,  au  mois  de  mars  1700,  un  édit  royal  ordonnant  aux  particuliers 
de  déclarer  et  de  porter  à  la  Monnaie  tous  les  meubles  dans  lesquels 
il  entrait  de  Inr  ou  de  l'argent,  la  veuve  de  Foucquet  comparut  à 
son  tour  devant  le  commissaire  de  son  quartier  et  fit  la  déclaration 
suivante  '  : 

«  Et  ledit  jour  i2i  avril  1700K  est  comparue  Maric-Magdeleinc 
de  Castillc,  veuve  de  messire  Nicolas  Foucquet,  surintendant  des 
linanccs,  demeurante  dans  l'un  des  pavillons  du  \'al-de-Gràcc,  qui 
nous  a  déclaré  qu'elle  a  un  lit  de  campagne  découpé  destoffc  d'or  et 
d'argent  avec  les  chaises  pareilles,  une  tenture  de  tapisserie  de  damas 
à  demi  lé/,  de  brocart  d'or,  vingt  chaises  et  un  bois  de  lit  de  bois 
doré,  un  sopha  à  six  places  de  munie,  un  lit  de  tapisserie  et  les 
chaises  garnies  de  frange  d'or,  six  petites  consoles,  douze  petits  pieds 
dorés,  deux  guéridons  et  deux  tables  et  un  bureau  dorés  en  partie,  un 
petit  lit  tout  garni  dune  dentelle  or  et  argent".  "  \'oilà  tout  ce  qui 
restait  alors  des  splendeurs  de  Vaux  et  de  Saint-.Mandc. 

r.  Diiji^  en  H'M,  M**  KoucqucI  .se  plaint  au  Roi  Jet  dcprcJalions  cuinmitcx  (Mr  tct  «ilcnU; 
voir  i\  ce  sujcl  la  note  pnge  8M,  sur  n  le  noiiiinc  ilWngevilIc  ».  I.c*  gardes  Je  Sainl-ManJc,  ajoute 
M"'  roiii:t)Uet,  se  sont  portes  jusqu'à  tel  point  Je  linrJiesse  iiu  il»  ont  ouvert  un  cabinet  Jans  Icj  u  ! 
était  un  ^riiml  nombre  Je  meubles  Je  fort  );ranJ  prix;  il  y  avait  Jcs  linges  tins  |viur  Je  granU'' 
sommes,  Jes  bnnJes  Je  lit  en  broJeries  J'or  et  J'argent,  et  un  si  granj  nombre  Je  choses  Joni  elle 
ne  peut  se  souvenir,  qu'il  a  fallu  un  long  temps  pour  les  prcnJre  et  les  transponer.  Néanmoins  tout 
a  été  vole  et  enlevé  par  les  fenêtres  ou  autrement,  les  portes  et  fenOtrcs  se  trouvant  très  renfermées, 
ce  >|ui  ne  peut  avoir  été  l'ait  i|ue  publii|uement  par  les  garJes,  ou  à  leur  vu  et  su.  Je  leur  |\inici|>a. 
lion  et  Complicité  (\-lte  perte  se  monte  à  plus  Je  vingt  mille  livres,  >)ui  ne  tournent  |viinl  au  prulil 
lie  Votre  Majesté,  et  i)ui  vont  A  la  ruine  entière  des  créanciers,  entre  les>)uels  il  )r  a  un  nombrv 
incroyable  Je  pauvres  familles  Je  toutes  sortes  J'artisans  ■  ,.lrcA.  llasùlU,  II,  171  cl  iH.<<,  au 
sujet  J'un  bris  Je  scelle  et  J'un  vol  coininis  A  Saint-ManJe.) 

i.  Saint-Simon,  XIV,  iii,  éJ.  Hachette,  h'aprcs  une  note  Je  Jal,  au  mot  FotK^itrt.  M—  Fouc- 
quet s'était  procure,  je  ne  suis  comment  ni  pourquoi,  le  corps  Je  saint  l.ibcrat,  n>*nyris«  k 
Oarthage,    qu'elle   tit    porter    proccssionnellemcnt    à   Saint-Jacques   Ju    llaul-l\is.  le  17  août  ttkfn. 

.^.  liulIclinJc  la  SocifW  Je  l'hisloire  rfc  r,vl  /r,VH-ait,    ï*  anncv,   juillc-    ■<■-■     :■     =«*    .......   1,. 

M    J.  J    (luilTrey. 

4.  Il  me  semble  reconnaître  ici  Jivcrs  meubles  Je  VlHVfMlitirr  Je  t'dii.t.  k  lu  Uc  >,4ii>)\agni:  Jc 
Foucqiiel  et  queU|UCS  parties  Je  l'ameublement  Je  la  chambre  Je  M~*  i-oiicqucl  a  Vau\. 


56  i.KS  AMAri;i:i<s   m;   i.  .\N(;ii;nm-;   i-I{ancl: 

Ft  les  sarcophaijcs  ?  —  Nous  les  avons  laissés  dans  la  j^^alcric  de 
Saint-Maiiilc,  attcntlant  le  nouveau  jnoemenl  (|ue  I.e  iiiun  leur  jjrcpa- 
rait  dans  les  jardins  de  \'au.\.  A  la  vente  de  l'oncquct,  un  sculpteur  de 
l'aris,  dont  le  nom  est  inconnu,  les  acheta  et  les  revendit  à  Le  Nôtre'. 
Le  Nôtre  était  un  L^rand  curieux;  il  occupait  aux  Tuileries,  près  de 
la  «grande  écurie,  un  j)etit  pavillon  encombré  de  tal)leau\  précieux, 
d'antiques,  de  médailles,  d'estampes,  avec  des  «  ])orcclaincs  et  vernis 
(laques)  de  la  (Ihinc  fort  rares-  »,  Les  deux  monuments  de  pierre  ne 
purent  trouver  place  dans  la  maison  ;  on  fut  obligé  de  les  déposer 
«  dans  le  petit  jardin  des  Tuileries,  où  ces  rares  pièces  restèrent  très 
longtemps  exposées  aux  injures  de  lair  et  loit  néijli/T^écs''  «.  De  fjuerre 
lasse,  et  ne  sachant  nù  les  caser,  Le  Nôtre  en  lit  présent  à  son  voisin 
Bcrnin  de  \'alcntinay  d'Ussé,  contrôleur  i^énéral  de  la  maison  du 
Roi,  ilnnt  le  jardin  donnait  sur  les  Tuileries.  Celui-ci  les  lit  dresser 
«  à  l'extrémité  d'une  allée  couverte  ilun  berceau  où,  dit  (jcrmain 
Urice,  il  ne  paroit  pas  que  l'on  en  fasse  grand  cas,  ni  que  Ion  en 
connoisse  le  prix  et  la  rareté   ». 

l]n  lôqS,  le  docteur  Lister,  visitant  les  curiosités  de  Paris,  voulut 
étudier  ces  reliques  fameuses,  dont  la  réputation  était  européenne; 
«  par  malheur,  M.  de  Valentinay  les  avait  envoyées  à  sa  maison  de 
Tours  peu  de  temps  avant  notre  arrivée  à  Paris.  On  dit  qu'un  de  ces 
tombeaux  est  de  pierre  de  touche  noire,  qu'il  a  été  apjMuté  de  la 
haute    Egypte   et    qu'il    est    rempli  d'hiéroglyphes  ^   y 

En  effet,  M.  d'Ussé  qui  avait  épouse  en  1C91  Jeanne  Françoise 
Le  Prostré  de  ^'auban,  la  fille  du  futur  maréchal,  avait  amené  à  Ussé,  en 
Touraine%  sa  jeune  femme,  —  clic  avait  douze  ans  et  demi,  — •  et  ses 
vieux  sarcophages.  Le  château  d'Ussé  réclamait  de  grosses  réparations; 
Vauban  offrit  à  son  gendre  de  se  charger  de  la  besogne,  on  l'accepta; 
naturellement    il    trouva  moyen  de  construire  une   terrasse,   —   l'ingé- 

1.  G.  Brice,  iGc)S,  I,   1-14. 

2.  Spon,  Antiquité^  de  la  ville  de  Lyon,  niyl^p.  2i().  Voir  .lussi  Lister,  Voyaf^c  à  Paris,  en  1608, 
p.  47,  où    il    rend    compte   d'une    \isite   à   la  collection  de  Le  Nôtre. 

3.  G.  Hrice,  id. 

4.  Lister,  p.   loS. 

.T.  Ail  conlUient  de  Tlndre  et  île  la  Lnire,  canton  d'.\zav-Ie-Rideaii. 


LE    SURINTENDANT    FOUCQUET  5^ 

nieur  ne  perd  jamais  ses  droits;  —  la  terrasse  fut  faite  et,  dans  la 
partie  inférieure,  on  réserva  une  niche  tout  exprès  pour  loger  les  deux 
Égyptiens. 

C'est  là  que  La  Sauvagère  les  vit  en  1750.  H  habitait  aux  envi- 
rons, à  deux  lieues  d'Ussé,  et  s'occupait  beaucoup  d'antiquités  locales; 
il  se  passionna  pour  les  sarcophages  et  publia  sur  leur  compte  une 
dissertation  sous  forme  de  lettre  adressée  à  Court  de  Gébelin,  avec 
deux  planches  reproduisant  un  des  monuments  et  la  copie  des  hiéro- 
glyphes'. Trente  ans  plus  tard,  en  17S0,  La  Sauvagère  se  trouvait 
encore  à  L'ssé;  le  prince  de  Montbazon  venait  dacquérir  le  château  et 
notre  antiquaire,  lui  indiquant  un  des  sarcophages,  ne  put  s'empêcher 
de  dire  :  ><  .Mon  prince,  vous  avez  là  un  morceau  qui  vaut  à  lui  seul 
autant  que  votre  terre!  -  .Monsieur,  reprit  celui-ci,  si  vous  voulez,  je 
vous  fais  présent  de  onze  cent  mille  francs  :  la  terre  m'en  coûte  douze 
cents,  et  je  vous  lais.se  la  statue  pour  cent  mille.  —  La  Sauvagère 
1  aurait    pris  au    mot  sil    eut  p(jssédé  cette  somme".    « 

A  la  Révolution,  la  terre  d'I's.sé  appartenait  à  Louis-\incent 
Roger,  marquis  de  Chalabrc,  qui  avait  émigré.  Son  fils  la  vendit 
en  iS.,7  au  duc  de  Duras^;  mais,  comme  il  attachait  une  valeur 
particulière  aux  deux  tombeaux,  il  refusa  de  les  comprendre  dans  la 
vente,  leur  lit  faire  une  .seconde  fois  le  voyage  de  Paris,  et  les  installa 
chez  lui,  ..{1  tout  le  monde  lut  admis  à  les  voir'.  Depuis  cette 
époque  ils  avaient  disparu,  .sans  que  personne  ait  appris  ce  qu'ils 
étaient  (!e\enns. 

Or,  en  1.S4X,  un  archéologue  parisien  bien  connu.  M  Konnardot, 
vi.sitant  l'ancien  cimetière  de  labbaye  de  Lon^champs,  démolie  à  la 
Révolution  et  convertie  en  ferme,  déc.uivrit,  sur  les  bords  d'un  chemin 
traversé    p;u     les    charrettes,    deux    pierres    émergeant    du    sol    et    pré- 

..  A-.V.,., /./.„„,.,„„,.,  Jan.,  Us  Ca..,,..  p..r  I..  .S.,uv„scrc  l'an..  ,7;o.  p.  3,9.377.  U  «poi,.. 
Je  Court  >lc  (.cbcli.i  CM  imprimcc  A  U  lin  ,tti  recueil.  V   il    ^   «l'w.w 

i.  Dui'ciii-lhouiii»,  /»io/,'r.  miiv.,  nrticlc  Im  Sauragèrc. 

.luclcin.  '^""'""■"''  ""'    '■    ''"'"■"'"■■  ""'  "•'''""""  ""i""^^'"""'  ^  •^'-  '*  ""Nuin:  Je  U  Roch.i.c- 

.,.  l)upc.i,.|  h.,u.M  >.  .J    -  t:h«lM.cl.  ,J..  III.  ...,  j..„„,  ,.„,  ,,^i„„  ji^^^„,^    ^ 
c     c...„e«   .le  ho,.  ,^..m    rcfennec,  .lan.,  le.  .,rco,.h«Kv..  u.n.ba.en,  .Ic.A  en  ru.n»  M,  Je  CluVbn, 
le.     .^..  ..  ..„e.  ou  M.  Ue„.e„,  Je  Hl,  en  a  .u  une  ,.r,ie  en  .p.embre  .y.s   ,;„  j,,,.,  ..„,  J^Z 


3s  i.Ks  am.\m;iks  1)1-:  i.an(;ii:nnk  i-kancl; 

sciU;iiU  la  Idiiuc  de  tlcux  tclcs  loiliccs  d'iiiic  tacon  hi/anc.  lin  Imiil- 
lanl  la  tcirc  avec  sa  canne,  M.  i'utnnardni  icconnut  deux  tombeaux 
é!;v|)liens  à  fac  humaine,  il  signala  sa  découverte  au  propriétaire  de 
la  leinie  i|ui  lialiitail  l'aiis  et  i|ui  n'élait  autre  <|ue  M.  de  Chalabre, 
le  lils  de  celui  dunl  nous  venons  de  |)arler.  Ce  dernier,  ne  sachant  où 
])lacer  ces  tleux  |iièces  encombrantes,  les  avait  fait  transporter  à  la 
ferme  de  Loni^champs  pour  s'en  débarrasser,  et  avait  lini  par  les 
oublier  '. 

il  n  élail  t|ue  temps  de  les  sauver;  on  sempressa  de  les  déterrer 
poui"  les  ramener  une  troisième  lois  à  Paris,  et  voilà  nos  deux  voya- 
geurs encoi^e  sur  les  «grands  chemins.  Sur  ces  entrefaites,  le  ])ro- 
priétaire  nioui'ut  laissant  un  héritiei"  mineur.  Il  fallut  liciter,  faire  des 
annonces,  une  notice  imprimée,  une  exposition  publique;  bref,  la  vente 
eut  lieu  le  K)  décembre  1844,  ]Kir  le  ministère  de  M^  Malard,  coni- 
missaiie-priseur.  M.  Roi;er  de  Chalabre,  avocat,  et  ses  deux  sœurs 
M'""  'Irisant  de  Heaumont,  déclarés  adjudicataires,  s'empressèrent 
d'ollrir  ces  précieuses  reliques  à  la  Liste  civile,  et  celle-ci  les  accepta 
l'année  suivante,   en    1843  ■■'. 

Les  sarcophages  reposent  enlin  dans  les  salles  du  Musée  éci^yp- 
tien,  au  Louvre,  sous  les  numéros  D  5  et  D  7  "  ;  ils  ont  bien  gagné 
leurs  invalides.  La  science  moderne  a  déchilFré  les  noms  des  pro- 
priétaires :  ils  s'appelaient,  l'un  Hor-Kheb,  l'autre  Ank-mer,  deux 
pcrsonnaocs  inconnus,  et  vivaient  sous  la  26"^  dynastie;  les  rois  Chéops 
et  t>hephren  ne    sont    pour    rien    dans  1  aventure. 

I.  M.  Himii  u\li)[,  auiiUL'l  je  dois  ces  détails,  ma  montre  le  plan  des  lieux  dressé  par  lui- 
même  d'après  tin  plan  de  17M7  ^uc  M.  de  Chalabre  lui  avait  confié.  Conf.  la  version  purement 
inia;;inaire  de  M.  Gresy,  p.  8,  note. 

j.  .Vrchives  du  Louvre,  dossier  de  Chalabre. 

li.  .l'ai  fait  connaître  cette  longue  histoire  à  M.  P.  Pierret,  conservateur  des  antiquités  égyp. 
tiennes  au  Louvre,  qui  en  a  fait  l'objet  d'une  notice  insérée  dans  la  Revue  égyptotogique,  ï'  année, 
n"  I,  iiSSi.  ... 


B^TOJfe^^ï;gg^i^s<g3®^ 


J 


V-^ 


¥. 


•■^^1^  ♦-^ 


c:illKhKK     DE     NICOLAS      FOUCQUET, 
JU-dcssiiM  dune  Jcs  fonclri.'>   du   chûloau   de   Vaux. 


PRISEE    DES   BUSTES   ETANT   A   SAINT-MANDE 


2  0     F  E  V  l<  I  K  K     I  t»  0  () 


Archives  nationales,  O'    i(fn.) 


Nous  soubzsignés  Jacques  Houzeau  sculpteur  ordinaire  des  hasiîmcnis  du  Roy  et  de 
l'Académie  Roialle  et  Jean  Le  (irue  maisire  sculpteur  de  celle  ville  de  Paris,  experts  nommes 
d'office  par  le  procès  verbal  de  Monsieur  de  Saincto  Heleinc  conseiller  au  Parlement  de  Rouen 
commissaire  de  la  (Chambre  de  Justice,  des  trois  et  six  febvrier  dernier,  de  nous  cmploicr  et 
travailler  en  nos  âmes  et  consiences  comme  experts  h  l'estimacion  et  prisée  des  statues,  bustes, 
antiques  et  modernes,  scabellons,  colonnes,  tables,  pavez,  et  autres  ouvrages  de  marbre,  de 
bronze  et  de  pierre  qui  sont  dans  les  apartements  de  la  maison,  jardin  de  St-ManJc  apparte- 
nant Il  Monsieur  Foucquet  cy  devant  surintendant,  appres  avoir  preste  serment  en  justice, 
nous  nous  sommes  transportés  audit  lieu  de  St-Mandé  ou  nous  avons  veu  et  visité  tous 
lesJits  iiurraifes  qui  suni  dans  les  appartements,  jardins  de  ladite  maison,  a  la  prisée  et 
estimacion  desquels  nous  avons  proceddé  comme  il  ensuilt  : 


I'  K  l:  M  U:  K  E  M  K  N  T     l>  A  N  S     I.  A     U  A  t.  K  R  I  K 

l.e  niinilire  de  trente-trois  bustes  tant  de  bronze  que  de  marbre  de  diverses  i;ranJcurs  CI 
tant  anciens  que  modernes,  les  uns  avec  leurs  scabellons,  les  autres  sans  scabellons,  lesquels 
bustes  nous  avons  mis  et  prisci,  scnvoir  dans  lu  galleric  douic  bustes  de  brome  modernes 
csj{iiux  avec  leurs  scabellons  a  raison  de  cent  livres  pièce ijool.  t. 

Trois  autres  bustes  inesK-""'  ''*•■  bron/e  nïoderne  sans  scabcllon  a  raison  de  quntre-vingl 
livres  cbacun  j^O  I.  I. 


02 


i.i:s  AMATi:i:us  di:  i/anciknni;  ruANCh: 


l.ii  hiistL-  tic  femme  :iiitici.|iic  ilc  iiKiilirL'  avec  scabcllon  .     . 

Ij'ii  Ixiste  de  femme  anticquc  de  marbre 

Un  demi-liuste  d'homme  et  escabellon 

Un  buste  de  femme  et  escabellon 

lin  buste  de  femme  plus  petilte,  sc^ibellon 

Un  buste  d'homme  scabellon 

Un  buste  d'homme  demi-nature  un  peu  f;asté  au  nez,  scabeiion 
Un  buste  grand  comme  nature  nez  rompu  et  escabellon.     . 

Un  buste  antlcque  d'homme  sans  scabeiion 

Un  buste  anticque  d'homme  sans  scabeiion 

Un  buste  de  femme  anticque  nez  racommodé  plus  grande  que 
Un  buste  d'homme  grand  comme  nature  avec  escabellon  . 

Un  buste  moderne  de  Senecque  et  escabellon 

Un  buste  moderne  de  Socratte  et  escabelUju 

Un  demi-buste  anticque  sans  escabellon 

Un  demi-buste  anticque  sans  escabellon 

Un  demi-buste  de  femme  moderne  sans  escabellon      .     .     . 

Un  buste  de  femme  demi-nature  anticque 

Un  buste  de  femme  anticque 

Demi-buste  d'homme  anticque 

Un  demi-buste  de  femme  anticque 

Un  demi-buste  d'homme  anticque 

Un  buste  demi-nature 


.scabeiion 


120  1.  t. 

I20  1.  I. 

100  1.  t. 

120  1.  t. 

70  1.  t. 

lOO  1.  t. 

-o  1.  t. 

70 1. 1. 

120  1.  t. 

120 1. 1. 

J  20  1.  t. 

120  1.  t 

120  1.  t. 

120  1.  t 

20  1.  t 

20  1.  t 

10  1.  t 

10  1.  1 

10  1.  t 

10  1.  t 

10  1.  t 

lOl.  t 

10  1.  t 

l'  I  G  U  H  K  s     E  N  T  I  K  R  K  s 

Deux  Mosolles  anticque  représentant  un  Koy  et  une  Reine   d'Egipte  ".     .     .     .  Soo  1.  t. 
Quatorze   figures   de   pierre    de    Tonnerre    representans   les   Dieux    et    Déesses    grands 

comme  nature  a  cent  livres  pièce '400  '•  t- 

Une  grouppe  de 200  1.  t. 

DANS     LE    SAl.  I.ON 

Une  ligure  d'un  Mercure  antique  restorée 3oo  1.  t. 

Une  tigure  d'Appolon  anticque  restorée 3oo  1.  t. 

Un  buste  anticque  avec  escabellon  femme 120  1.  t. 

Un  buste  anticque  avec  escabellon  jeune  homme 120  1.  t. 

Un  buste  anticque  femme  avec  escabellon 120  1.  t. 

Un  buste  anticque  jeune  homme  avec  escabellon 120  1.  t. 

AU     DEHORS 

Huict  bustes  de   marbre   moderne   posés   sur  des   consoles  a  l'entour  de  la  gallerie  et  du 

salon  à  soixante  livres  pièce 4<'0  '•  ^■ 

Un  autre  demi-buste  sur  la  porte  de  l'Orangerie 60  1.  t. 


1.  Ce  soin  les  Jeux  sarcophages. 


PIECES    JUSTIFICATIVES  -.. 

Il  A  N  s     LA     B  I  B  r.  I  O  T  E  Q  ir  E 

Deux  bustes  demi-nature  de  bronze  estimés  chacun  quarante  livres     ....        80  I.  t. 

DANS     I.  E     GRAND     CABINET     DE     I. 'OHASGEKIE 

Un  Bascus  ^Bacc/itt5;  anticquc  demy  nature  restorée iîo  1   t 

DANS  LE  PAKTEKRE  A  GAUCHE  DU  COSTÉ  DE  LA  GAI.LERIE 

Un  Terme  unticque  d'un  adolescent  avec  une  drapperie  sur  la  teste     ...  70  I.  l. 

DANS  LK  l'A  K  TERRE  A  l)  R  O I T  E  DU  COSTÉ  DE  LA  G  ALLE  RIE 

Une  figure  d'adolescent  vestue  en  sénateur 100  1.  t. 

DANS     LE     GRAND     l' ART  ERRE 

Une  figure  de  Flore  de  marbre  moderne  avec  son  pied  d'cstal  de  pierre  .     .     .       lOo  I.  t. 

Une  autre  d'une  romaine  coppie  d'anticque 130  I.  t. 

Quatre  quadrans  au  soleil  de   pierre   avec   leur  pied  composé  de  trois  cntTans  satire  u 
dcmy  ruinés  le  tout i3o  1.  t. 

DANS  LE  PETIT  JARDIN  KERMÉ  EN  BERCEAU 

Une  figure  d'.Vtelanie  moderne  avecq  son  pied  d'estail    .     .  ioo  I.  I. 

DANS     I.A     DEMV-I.USE     AU     BOUT     DU     JARDIN 

Une  figure  d'un  empereur  anticque  avec  son  pied  d'estail  .     .  5oo  1.  t. 

DANS  LE  PETIT  JARDIN   DE  I.'aUTKB  COST^  OK  LA  RUE 

Une  figure  moderne  coppiée  d'après  lu  Venus  de  .Médici^  ■ 

DANS     UNE     SALLE      A      MANGER 

Une   fontaine    de    marbre    blanc    avec  sa    cocqtiille  et   un    onllani    au-dessus    six   cens 
livres Thmi  1   i 

DANS     I.K      M  Al.  A/ IN 

Une  Venus  île  Monsieur  Sanuin   non  achevie.    l'n    Mi<oii<(  t/î.nvAii.«»  ndoicvccni  entier 
demi-nature   anticque   resioré  300  I.  t. 

Un  autre  adolescent  de  mesnK'  grandeur  qui  porte  un  Mgne  aoo  I.  I. 

Douze  scabellon>  desmonte/ marbre  i.i>pc  et  un  peu  ruines  u  trente  livrv»  pièce       J«>o  I.  t. 


64  LES    AMAIi:i:i<S    UK    I.A  N  Cl  i:  N  N  H    IKANCE 

Deux   demi   colonne    de    mesnie    ni:irbrc    en  forme  d'escabellons  dcsniontés   à  quarante 

livres  chacun Ko  1.  t. 

Deux  t;ililes  de   marbre   jaspée   octogonncs  avec  le  pied  en  forme  de  balustrc  a  soixunle- 

di\  livres  pièce       140  1.  t 

Deux  tables  de  marbre  noir  et  blanc  a  quarante  livres  pièce Ho  1.  t 

Une  table  de  marbre  rougeastre  et  blanc 40  1.  t 

Une  table  de  masticq  noir  gravée  blanc  entière 3o  1.  t 

Une  autre  de  masticq  rompue 20  1.  t 

Deux  bouUes  de  marbre  rouge  et  blanc.  Une  pièce  en  forme  de  corps  de  vase  de  marbre 

noir 20  1.  t 

U'ne  grande  table  de  marbre  rouge  et  blanc  avec  son  pied  de  vieux  bois  ...         40  1.  t 
Une    autre    table   octogonne   de    divers    marbre    en    compartimcns    avec    son    pied    de 

bois • (jo  1.  t 

U'ne  autre  table  de  marbre  vert  dilférent  d'une  seule  pièce 60  1.  t 

Une  autre  table  de  cuivre  damasquinée 3o  1.  t 

Deux  autres  tables  de  bois  de  ceddre  d'une  pièce  chacune 00  1.  t 

Signé  :  Jean    lk    Guut:    et    Housseau. 

1,'an  mil  et  soixante  six  le  vendredi  \ingt  sixième  jour  de  febvrier  deux  heures  de  relevée 
par  devant  nous  Jacques  le  Cornier  de  S''-'  Heleine  conseiller  du  Roy  en  sa  cour  de  Parlement 
de  Rouen,  commissaire  en  la  Chambre  de  Justice  et  en  cette  partie  en  nostre  hostcl  scis  rue 
Montmartre. 

Est  comparu  M''  Jacques  Housseau  sculteur  ordinaire  des  bastimens  du  Roy  et  de  la 
cadémie  roialle  et  M''  Jean  Le  Grue  maistre  sculpteur  de  cette  ville  de  Paris  lesquels,  après 
serment  par  nous  pris  d'iceux  en  la  manière  accoustumee,  ont  affirmé  en  leur  consicnce 
le  raport  et  apreciacion  par  eux  fait  cstre  véritable  et  ont  signé,  signé  :  Jean  Le  Crue 
Housseau  et  Le  Cornier  de  Saincte  Hcleinc. 

Ll     Coumer  de   S";    Hllene.  Housseau.  Jean   Le  Grue. 


ESTIMATION 


MÉDAILLES    TROUVÉES    CHEZ    M.    FOUCQ.UET 


DU    0     MAI      10  00 


(Archives  nationales,  0>    1964.) 


L'an  mil  six  cent  soixante-six  le  sixiùme  jour  de  May  deux  heures  de  relevée  par  devant 
nous  Jacques  le  Cornier,  seigneur  de  Ste  Hélène,  conseiller  du  Roy  en  sa  cour  du  Parlement 
de  Rouen,  commissaire  en  la  chamhre  de  justice  et  en  cette  partye  en  nostre  hosicl  sis  Rue 
des  Fosscz  Montmartre. 

Est  comparu  M'-  Joassin  de  IHourdey  conseiller  du  Roy  au  siège  prcsidial  d'Angers  ei 
substitut  du  procureur  général  du  Roy  en  ladite  chambre  lequel  nous  a  dit  et  rcmonstré  que 
par  arrcsté  de  ladite  chambre  du  sixième  avril  dernier  rendu  en  nostre  rapport  par  lequel 
entre  autres  choses  il  est  ordonné  que  les  médailles  trouvées  à  St  Mandé  qui  ont  appartenu 
à  Nicolas  Fouquet,  cv-devant  surintendant  des  finances,  seront  apporter  en  cette  ville  pour 
estrc  procédé  à  l'estimacion  d'icelles  par  experts  dont  les  parties  conviendront  par-devant 
nous,  autant  qu'il  en  sera  par  nous  prié  et  nommé  d'office  pour,  ladite  estimacion  laite.  C-trc 
procédé  i  la  vente  d'icelles  en  présence  des  parties  intéressées  ou  icelles  seulement  nppcleci. 
En  exécution  duquel  arrcst  il  aurait  prié  nostre  ordonnance  en  vertu  dclaquelle  il  aurait  fmil 
assigner  à  cedit  lieu  jour  et  heure  par-devant  nous  les  sieurs  directeurs  des  créancier»  duJit 
Fouquet  au  domicile  de  M'  Jean  Rossais  leur  procureur.  M'  René  Roy.  lutteur  des  enfants 
mineurs  dudit  Fouquet,  Inocent  Regnaud  curateur  aux  biens  confisqués  au  domicile  de 
M'  Thomas  Guerin.  aux  fins  do  procéder  à  la  nomination  d'experts  enexécucion  dudu  arrest 
pour  l'estimacion  desdites  médailles  pour  estre  ensuite  procédé  à  la  vente  d'icelles.  ainsy  qu'il 
nous  est  aparu  par  l'exploit  de  Leblanc  huissier  servant  en  ladite  chambre,  estant  au  bas  de 
notre  susdite  ordonnance  du  jour  d'hui  cinquième  du  présent  moys  et  an.  contre  lesquels 
non  comparant  ledit  substitut  Augnon  nous  a  requis  detîault  et  pour  le  proffit  qu'il  nous  plai.e 
présentement  vouloir  nommer  d'olfice  tels  experts  qu'il  nous  plaira  pour  procéder  à  hidite 
prisée  et  estimacion  desdites  médailles. 

II.     L.    ClICNELKTTK. 

Et  .\  l'instant  est  comparu  M-  Jean  Rossais  procureur  des  sieur»  directeur»  de» créancier» 
dudit  l-ouquet  lequel  nous  a  dit  qu'il  compare  pour  satisfaire  *  ladite  ordonnance  et  a»»i- 
gnacion  a  luy  donnée  au  nom  dicelle  et  déclare  qu'il  se  rapporte  à  nous  de  nommer  le» 

•I 


..'.  LI-;S    AiMA'li:U  KS    1)1.    I.ANCIliNNi:    lUANCK 

experts  iju'il  I1CHIS  philiM  pour  pr.)i:c'Jc:r  à  hiditc  prisée  et  cstimucion  dcsdiics  mcilaillcs  en  su 
prcsence  ou  luy  diiumcnt  appelé. 

Rossais. 


INt  iiussy  Lompniu  M'  Klmio  Koy  procureur  au  l'arlemcnt  et  tutteur  Jes  enfants  mineurs 
iludit  sieur  Kouquet  lequel  nous  a  dit  qu'il  compare  pour  satisfaire  à  nostre  dite  ordonnance 
et  iissi;.^nacion  donnée  en  vertu  d'icelle  et  déclare  qu'il  est  prest  de  convenir  d'experts  et  de 
sa  part  et  des  a  présent  qu'il  convient  de  la  personne  de  Louis  de  Pluvicz,  marchand  orfebvre 
jouaillier  en  cette  ville  de  Paris  deniourant  sur  le  quay  des  Orfebvres,  proche  le  Palais,  à 
l'enseigne  de  la  Thoison  d'Or,  pour  procéder  à  ladite  prisée  et  estiniacion  des  susdites 
médailles  en  sa  présence  ou  deument  appelé 

Roy. 

Surquoy  nous  conseiller  et  commissaire  susdit  avons  donné  acte  auxdites  parties  de  leur 
comparucion  droit  et  réquisicion  et  deffault  contre  ledit  Innocent  Regnaud  et  Guerin  son 
procureur  non  comparants  et  pour  le  prolTit  duquel,  conformément  audit  arrest  du  sixième 
d'avril  dernier,  nous  avons  nommé  d'otlice  pour  taire  la  prisée  et  estimacion  desdites  médailles 
dont  est  question  la  personne  de  Thomas  Le  Cointe  '  antiquaire  du  Rov,  demourant  à  Paris 
rue  des  liourdonnays,  lequel  sera  assigné  à  comparoir  par-devant  nous  demain  septième  du 
présent  mois,  deux  heures  de  relevée,  pour  faire  le  serment  en  tel  cas  requis  et  accoustumé 
et  procéder  à  ladite  prisée  et  estimacion  en  la  présence  des  susdites  parties  laquelle  fin 
l'assignation  continuée. 

Le  Corn  IKK  de  .S  ai  ntk-I1  ki.knic  . 

Ht  ledit  jour  septième  du  mov  de  may  Hiciii  deux  heures  de  relevée,  devant  nous  conseiller 
commissaire  soussigné  est  comparu  le  sieur  de  l'Hourdey  substitut  lequel  nous  a  dit  qu'en 
vertu  de  notre  susdite  ordonnance  il  avoit  fait  assigner  à  cedit  jour  lieu  et  heure  la  personne 
de  M''  Thomas  Le  Cointe  antiquaire  du  Roy  expert  par  nous  nommé  d'office  pour  procéder 
à  la  prisée  et  estimacion  des  médailles  dont  est  question,  à  laquelle  assignacion  est  comparu 
ledit  Le  Cointe  duquel  ledit  sieur  de  l'Hourdev  nous  a  requis  vouloir  prendre  le  serment  de 
bien  et  fidèlement  procéder  à  la  prisée  et  estimacion  en  la  présence  des  parties. 

H.   L.  Chknelettk. 


Est  aussy  comparu  ledit  Rossais  procureur  desdits  sieurs  directeurs  des  créanciers  dudit 
sieur  Fouquet  lequel  nous  a  dit  qu'il  n'a  aucun  moven  pour  empêcher  l'exécution  des  arrêts 
de  la  Chambre  et  nostre  ordonnance  rendue,  en  conséquence  et  conformément  à  iceux  que 
le  serment  soit  par  nous  pris  dudit  Le  Cointe  de  procéder  à  la  prisée  et  estimacion  des 
susdites  médailles. 

Rossais. 

I.  Tbomas  Le  Cointe  tut  garde  du  Cabinet  des  antiques  de  i66^  à  1684.  11  avait  formé  un  cabinet  important  de 
curiosités,  Sauvai  dit  qu'il  avait  «  des  émaux  du  dessein  de  Raphaël  pour  plus  de  deux  mille  livres  »  ;  il  possédait  aussi 
des  pierres  gravées  et  les  célèbres  creux  des  Padouans.  Le  Cointe  donna  ces  creux  eu  1670  au  Cabinet  de  Sainte-tjene- 
viève;  ses  pierres  gravées  furent  achetées  après  sa  mort  par  le  Cabinet  du  Roi.  Spon  le  cite  parmi  les  curieux  parisiens  : 
1'  M.  Le  Cointe,  rue  Saint-Honoré,  médailles,  tableaux,  agathes  et  bronzes.  ■ 


PIKCES    JUSTIFICATIVES  07 

Est  aussy  comparu  le  sieur  Roy  procureur  susnommé  lequel  a  fait  pareille  réquisicion 
que  ledit  Rossais. 

Rov. 

Sur  quoy  nous  conseiller  commissaire  susdit  avons  donné  actes  aux  parties  de  leur 
comparucion,  droit  et  réquisicion  et  pris  le  serment  dudit  Thomas  Le  Cointe  antiquaire  du 
Roy,  lequel  a  juré  de  bien  et  fidèlement  faire  la  prisée  et  cstimacion  des  médailles  dont  est 
question. 

Le  Corsmkr   t)K  Saintk-Héi.ène.  Le  Coiste. 

Ce  faict,  est  comparu  M'  Hierosme  Leblanc  huissier  en  la  cour  ser>ant  en  ladite  chambre 
lequel  nous  a  représenté  le  collrc  dans  lequel  ont  esté  enfermez  Icsdites  médailles  et  sur 
lequel  nos  scellez  sont  apposez  et  après  avoir  iccux  scellez  rccogneus  seins  et  entiers,  avons 
iceux  levez  et  lesdites  médailles  mis  es  mains  dudit  Le  Cointe  pour  les  voir  et  considérer 
à  son  loisir,  ce  qu'ayant  fiiit  et  après  avoir  compté  et  prisé  les  médailles  d'or  qui  estoient 
dans  ledit  cotl're  s'est  trouvé  trente  une  médailles  du  hault  Empire  et  vingt-six  du  Bas- 
Empire  y  compris  une  pièce  carrée  aussi  d'or  de  la  Chine,  tant  petites  que  grandes,  le  tout 
pesant  un  marc  trois  onces  cinq  gros  et  demy  à  raison  de  cinquante-troiz  livres  dix  solz 
l'once,  et  après  avoir  examiné  les  médailles  d'argent,  tant  grosses  que  petites,  s'en  est  trouve 
dix  marcs  trois  onces  deux  gros  et  demy  estimé  à  vingt-trois  livres  dix  solz  le  marc,  cl  les 
médailles  de  billon  tant  grandes  que  petites  s'en  est  trouvé  quatre  marcs  qui  ont  esté  prisez 
à  neuf  livres  le  marc,  et  à  l'csgard  des  médailles  de  bronze  tant  grandes  que  petites  s'en  est 
trouvé  vingt-une  livres  prisez  à  dix  solz  la  livre,  plus  trente  médailles  de  cuivre  un  peu  plus 
curieuses,  lesquelles  ont  été  mises  à  part,  prisez  ù  vingt  livres,  plus  un  caillou  d'ugathe  prisé 
neuf  livres  '. 

Plus  deux  fourchettes  et  une  cuillère  de  )aspe  Turc  et  oriental  garnyes  d'or,  où  il  y  a  de 
petits  rubis  enchâssez  et  quelques  turquoises  ouvra;^e  de  Turquie  prisez  cent  livres. 

Plus  une  fourchette  et  une  cuillère  de  cristal  de  roche  garnys  d'or,  enchâssez  de  petits 
rubys  ouvrage  de  Turquye,  prisez  à  quarante  livres. 

.Suivant  ce  que  ledit  Le  Coinie  nous  a  atlirmé  avoir  fait  en  sa  consciance  et  a  signe  et 
ont  lesdites  médailles  et  choses  ci-dessus  mentionnées  ctc  remises  du  consentement  des 
susdites  parties  entre  les  mains  de  l'huissier  Le  Blanc  qui  s'en  est  chargé  pour  cstre  par  luy 
procédé  .1  II  v.iito  d'icelles  suiviim  ••(  «nnformément  audii  arrest  du  sixième  avril  dernier. 

I.l.      CoHNIKH      ht.      .SaI.N  r»:- IllCI.KNK.  Lc     CoiNTK. 

II.     I,.    (IllKNKI.KTTK.  RoSS.\IS.  Lk     Bl-ASC. 

Taxe  audit  Le  Cointe  pour  sa  vacacion  dix  livres. 
I.  KvUcniinonl,  il  nt  ^^$\^  Ici  <\ue  d'une  trvu  pclilc  purilnn  Je»  miiJdlk*  de  Kouoqucl. 


ESTIMATION   DES  BUSTES  DE  VAUX 

DU      I 7     JUILLET     |GÔ3 

(Archives  nationalc<i,  O'  k/i^.  i 


Du  Vendredi  dix-septiesme  jour  de  Juillet  mil  six  cens  soixante  cinq. 

Nous  soubzsignc's  Jacques  Houzcau  sculpteur  ordinaire  des  bastimcnts  du  Roy  et  de 
l'academye  Royallc  et  Jean  Le  Grue  maistre  sculpteur  de  cette  ville  de  Paris,  en  conséquence 

de  l'ordre  à  nous  donné  par   M"" '     procureur  général  de  la  Chambre  de 

Justice  de  nous  employer  et  travailler  en  nos  âmes  et  consciences  comme  experts  à  l'estima- 
tion et  prisée  des  statues,  bustes  antiques  et  modernes,  colomncs,  tables,  carreaux  et  autres 
ouvrages  de  bronze  et  de  pierre  qui  sont  dans  les  appartements  de  la  maison  et  jardins  do 
Vaux  appartenant  ù  Monsieur  Fouquet  cy-devant  surintendant,  après  avoir  preste  serment  en 
justice,  nous  nous  sommes  transportés  audit  lieu  de  Vaux,  ou  avons  veu  et  visite  lesdiis 
ouvrages  qui  sont  dans  les  appartements  et  jardins  de  ladite  maison  et  proceddé  à  la  prisée 
et  estimation  d'iceux  ainsi  qu'il  ensuit  : 

P  R  K  M  I  K  R  K  M  e  N  T 

Dans  le  bois  ù  la  main  droicte  du  chasteau  quatre  termes  de  huict  pieds  de  hault,  leurs 
gucsnes  de  gresseric'',  les  testes  de  pierre  dure,  prisez  cent  vingt  livres  chacun  font  quatre  cens 
quatre  vingtz  livres  cy.     .     .     .  IlII'  Mil"  l.  t. 

Plus  au  fonds  de  la  demye  Lune  une  Iigiirc  u  une  liaurc  J-Uirc,  Ue  pierre  de  trossy*  de 
six  pieds  de  hault,  et  son  piédestal  prisé  cent  cinquante  livres  cy CL  I.  t. 

hem  au  grand  auvalle  du  bois  a  la  gauche  du  chasteau  six  termes  de  huict  pieds  de 
hault,  les  guesncs  de  gresserie,  les  testes  de  pierre  dure,  prises  cent  vingt  livres  chacun  font 
ensemble VIW  X\  I.  t. 

Plus  a  la  descente  dudit  bois  deux  termes  doubles  de  huict  pieds  de  hault,  les  guesncs 
de  gresserie,  les  testes  de  pierre  dure  prisez  deux  cens  livres  chacun  font  quatre  cens  livres 
cy Illl<  l.  t. 

Plus  au  mcsme  lieu  un  chien  et  une  chienne  de  pierre  dure  de  cinq  pieds  de  long  ou 
environ  '. 

I.  I.c  nom  c<l  en  bUnc  dan<  l'urlulnal;  le  premier  procureur  |t<n<ral  Je  U  Clumtirs  de  Jatiice  <UU  IVaU  T«loa: 
le  3(i  novembre  |(1(■^,  Il  (ut  renipUci!  p«r  Jeux  nitlirc»  Jet  re<)uéic*,  Holmin  cl  Cbtmlll«rt.  k  pire  4«  cthil  4al  llM  d«^> 
neeriitalre  J'I  im  Je  U  nuerre. 

1.  Clcrrc  Je  i;r^». 

3.  Troc),  Seine-et-Marne. 

4.  lui  marge  :  H^iUim^t  f,tr  M.  Angtterrt  iMU'hcl  Angular.i 


.    ,„     ,,„c;.F.NNK    ^HANCK 

moderne^'  de  quatre  P^cds  j^^.^,,  ^y.     •     ■  ^^,,iv,us,  de 

ensemble    ■     ■     ■  ,    mesme  suiue   e  .     .     .     • 

„oJc,„c  r...c.  a  «"■;";  -f»,  ,Wr.s  cv,     ■     ■     ■     '     „,„   „.„c,  «c.voir  d.».  0.  ^-. 

ae  quair.  P'^^^         .  endroit  un  tronc  d  un.  i  ^  ....  ,  ^^^ne  deux 

Plu-^  au  mesme  endio  _  .  u-uic  moderne   a  chacun 

,..d-unr-J   '^^^'""-  ■•••■■■■     uorzes  bustes  de  marbre  blanc 

^^■'^"^  .     •     •     ■  .  ,i<,s  pavillons  quatorzes  .•„  chacun  cent 

■■"::-r-:=="-""-""'-::::.i"-^ 

,    ;  -t    Quaire  a  celle  qui  re„  ...  ^^^^.^ron 

"t^^::s":-^ontde..n.UUvr.cy     ^^^^^^^  ^.^^  ^,,,  ^^  i;:!.^  ^san.  ensemble 
^^";::UemaaUesd.mar^^;^;;^^^^3,,.cuneso  _    ,,,  XL  1.  t. 

encastrées  auKdeuK  faces  du  a.  ,     .       .     . 

^n.  cens  quarante   UvresO-     • 


,    Ea  marge  :M^'"'-  ,, 

..  En  marge-.  «<"«■  ^,  ,,ok>gnc,  voir  Vi^S-  ^- '        ^^  p^^^s,». 

3.  par  AUSU-,  ^^P^  ;;  ,,,  ,,..ams  paraissent  are 
Ces  iis  termes  et  1.^ 


PIKCtlS    JUSTIFICATIVES  71 

Plus  dans  le  vestibuUe  quatre  bustes  de  marbre  les  testes  de  marbre  blanc  et  les  drappe- 
ries  d'albastrc  orientalles  moderne  de  deux  pieds  huict  poulces  de  hault  y  compris  leurs  pieds 
douches,  prisez  chacun  deux  cens  livres,  est  huict  cens  livres  cy VU!--  1.  t. 

Item  dans  ledit  vestibuUe  deux  figures  d'hommes  '  nues  de  marbre  blanc  antique,  priscez 
chacune  six  cens  livres,  est  douze  cens  livres  cy.     ...  XIU  1.  t. 

Plus  dans  le  sallon  une  figure  d'un  jeune  homme  satire  de  marbre  blanc  moderne  de 
quatre  pieds  et  demy  de  hault  ayant  le  nez  rompu,  prise  cinq  cens  livres  cy.     .     .     .     \''  I.  i. 

Plus  dans  If  mesme  endroit  une  autre  figure  d'un  jeune  homme  de  marbre  blanc  antique 
restorée  et  brisée  par  les  jambes  de  cinq  pieds  et  demy  de  hault,  prisée  six  cens  livres 
cy VI":  !.  t. 

Item  dans  ledit  endroit  deux  tables  auvalles  de  marbre  rouge  et  blanc  avec  leurs  bordures 
de  marbre  noir  et  blanc  appliquées  sur  un  fonds  de  pierre,  de  six  pieds  de  long  sur  trois 
pieds  et  demy  de  large,  dont  l'une  est  entière  et  l'autre  cassée  par  le  millieu,  prisée  l'entière 
cent  cinquante  livres  et  l'autre  soixante  livres,  faisant  le  tout  deux  cens  dix  livres  cy.     II«  X  1. 1. 

Plus  à  l'antichambre  de  Madame  un  buste  de  marbre,  la  teste  de  marbre  blanc  et  la  drap- 
perie  d'albastrc  orientalle  d'environ  deux  pieds  huict  poulces  y  compris  le  pied  douche,  prisé 

deux  cens  livres  cy II«  1.  t. 

Item  dans  la  chambre  de  Monsieur  Lebrun-  une  figure  de  marbre  blanc  moderne  assise 
représentant  un  Faune,  l'autre  tenant  un  vaze  et  accompagnée  d'un  jeune  enfant  Satire  et 
d'un  léoparl  de  deux  pieds  deux  poulces  de  hault  sur  trois  pieds  trois  poulces  de  long,  prisez 
ensemble   sept  cens   livres  cy VII<  I.  t. 

Item  a  costé  de  la  chambre,  dans  le  cabinet  dudit  sieur  LeDrun,  une  figure  de  bronze 
iliiii  iidolescent  tendant  les  bras  de  quatre  pieds  de  hault,  prisée  cinq  cens  livres  cy.    V<  I.  i. 

Plus  au  mesme  endroit  un  satire  de  bronze  de  deux  pieds  et  demy  de  hault,  prise 
soixante  et  dix  livres LXX  I.  t. 

Plus  au  mesme  lieu  un  buste  de  marbre  blanc  la  teste  antique  regraticc,  le  buste  moderne, 
de  deux  pieds  quatre  poulces  de  haut  y  compris  son  pied  douche,  prisé  soixante  et  quinze 
livres  cy LXXV  l.  t. 

Item  au  mesme  endroit  trois  testes  de  bronze  d'environ  quinze  poulcc*  de  haut  prisées 
ensemble  soixante  et  quinze  livres  cy.  l.XXV  1.  i. 

Plus  deux  testes  de  marbre  blanc  en  bas-rchct'  d'environ  un  pied  de  haullcur,  prisées 
ensemble  quinze  livres XV  I.  t. 

Item  a  la  cave  sous  le  sallon  une  ligure  de  marbre  blanc  brisée  antique  rcsiorëc  de  cinq 
pieds  et  demy  de  hault  ou  environ,  prisée  deux  cents  livres  cy Il<  I.  t. 

Plus  a  la  salle  du  cnmnumg  un  millier  et  demy  ou  environ  de  carreaux  de  marbre  moiliif 
blanc  moitié  noir''  de  neuf  poulces  et  demy  a  raison  de  douze  sols  chacun. 

Item  au  fond  du  passage  a  gauche  en  entrant,  six  colomnes  de  marbre  *,  scavoir  deux  de 
marbre  noir  et  jnulne  d'Italie  de  huict  pieds  de  hault,  deux  autres  de  sept  pieds  et  demy  de 
marbre  de  l'Alfrique  et  deux  autres  de  sept  pi.-ds  de  long  'K-  ni.irtirc  .l'it.ilu-  M.in.-  \csnc  de 
viollet  cannelé,  en  trois  prisées  tnil  livres  cy  .     .    .    .  M  I.  I. 

Plus  deux  groupes  de  figures  de  pierre  de  Vernun  aux  deux  coins  de  U  icrratse  qui 

I.  AiiRiiolc  cl  Til<^re,  paitc  7I.  11"  1  cl  } 

].  Voir  l'IiiTcnlalrc  de  Vaii«.  p«||j  ■)<>. 

!l.  Voir  riiiYenulrc  de  Vniu,  pane  n^. 

.|.  Voir  pig«  71,  n*  1; 


jx  i.iis  AMA  ri:ijus  1H-:  l'ancienne  frange 

regarde  le  jardin  de  sept  pieds  de  long  assises,  sur  cinq  pieds  et  demy  en  haultcur,  prisées 
chacune  mil  livres  font   ensemble  deux   mil  livres  cy Il  '    I.  t. 

Item  quatre  ligures  de  semblables  pierre  sur  le  devant  du  sallon  au  dehors,  de  luiict  pieds 
ou  environ,   prisées  chacune  cinq  cens  livres  font  deux  mil  livres  cy Il»   1.  t. 

Plus  a  la  descente  de  l'escallier  du  chasteau  deux  scfinxes  de  pareille  pierre  de  quatre 
pieds  et  demy  de  long  ou  environ,  prisez  deux  cens  livres  chacun  font  quatre  cens  livres 
cy IIII'  1.  t. 

Item  ala  salle  d'Hercules  une  table  de  porphire'  avec  sa  bordure  de  marqueterie  gau- 
dronnéc  de  trois  pieds  et  demy  de  long  ou  environ  sur  deux  pieds  huict  poulces,  prisée  trois 
cens  livres  cy HI'  1-  t. 

Plus  dans  le  cabinet  de  la  chambre  du  Roy,  une  table  de  marbre  de  marqueterie  de  cinq 
pieds  huict  poulces  de  long  sur  trois  pieds  neuf  pouces,  un  peu  escornée,  prisée  cinq  cens 
livres,  cy V'  1.  t. 

Finallement  au  derrière  de  la  grange  dans  un  petit  jardin  un  grouppe  de  figure  de  marbre 
blanc  modernes  sçavoir  d'un  Neptune  de  six  pieds  de  hault  accompagné  de  trois  chevaux 
marins  a  demy  corps  avec  la  cocquille  de  quatre  pieds  et  demy  ou  environ,  prisées  le  tout 
douze  cens  livres  cy XII^  1.  t. 

Jean    Le  Guue.  IIouzeau. 

L'an  mil  six  cent  soixante  six  le  mardi  unziesme  jour  de  May  deux  heures  de  relevée  par 
devant  Nous  Jacques  Le  Cornier  seigneur  de  Si'^  Hélène,  conseiller  du  Roy  en  sa  cour  de 
Parlement  de  Rouen,  commissaire  en  la  Chambre  de  justice  et  en  cette  partye  en  nostre 
hostel,  sciz  rue  des  Fossez  Montmartre,  en  exécution  de  l'arrest  de  ladite  chambre  du  sixiesme 
avril  damier  et  de  nostre  ordonnance  rendue  sur  icelluy  du  dix  de  ce  mois,  sont  comparus 
Jacques  lîouzeau  sculpteur  ordinaire  des  bastimans  du  Roy  et  de  la  Cademye  (sic)  Royalle  et 
Jean  Legrue  Marchand  sculpteur  de  cette  ville  de  Paris  lesquels,  après  serment  par  nous 
pris  d'eux  en  la  manière  accoustumée,  ont  juré  et  affirmé  en  leur  consiance  le  rapport  par 
eux  fait  estre  véritable  et  ont  signé. 

Le   Cornier    de   S";   Hélène.  Jean    Le   Grue.  J.    Houzeau. 

I.  Page  74,  n"  i6. 


MEMOIRE   DES  FIGURES  QUI   SONT  A  VAUX 

ET   DU    PRIX   QUE   M.   GIRARDON    LES   ESTIME 

l>  U     2     M  A  H  s      I  ()  8  7 

(Archives  nationales,   O'   i<y>4.) 


PREMIKRKMENT  DANSLESALON 

N"  I.  Auguste  antique  de  ti  pieds  de  haut 2,000  1. 1. 

N"  1.  Tibère  antique...   idem ;,oool.  t. 

N"  3.  4  bustes  '  dont  2  d'hommes  et  deux  de  femmes,  les  draperies  d'albâtre 

orientale  assez   beaux 800I.  I. 

Il  A  N  s    I.  E    J  A  i<  n  I  N 

N°  4.  Une  tigurc  représentant  la  géométrie^  de  4  pieds  3  pouces  de  haut, 
assez  belle  y  compris  son  pied  d'estail  de  marbre  blanc.     .     .     .  i,3ool.  (. 

IIANS    l.E    CHATEAU 

N"  b.  2  petits  Faunes  de  marbre  noir,  de  i  pieds  2  pouces  de  haut  h  l'un 
desquels  il  manque  le  bras  droit jool.i. 

N"  (').  Une  Vénus  tenant  sa  main  droite  contre  -"'ii  ^.  lu  :i»viiii-itviiMi.".-  .l'un 
Cupidon  de  3  pieds  10  pouces  de  haut  cy.     .     .     .  400I.  t. 

N"  7.   Une  autre  Vénus  de  5  pieds  de  haut  apuiéc  sur  la  queue  d  un  Dauphin.  5ool.  t. 

N"  S.   Une  figure  tenant  des  pavots  de  la  main  gauche  de  i  pieds  1  3  de  haut.  Sool.t. 

N»  I).  Une  Diane  antique  de  .^  pieds  10  pouces  de  haut  prenant  de  la  main 
droite  une  flèche,  assez  bonne.  Sool.  t. 

N"  10.  Une  figure  antique  d'homme  nud  i)  la  réserve  du  manteau  qui  pend 
au  coté,  de  ?  pieds  de  haut,  représentant  Trajan  1  .omi  1  i 

A  repurler  'l^u^i  1. 1. 

I.  l'ii  maritc  :  .*>.tiri  Jfutint,  Qiiliuc  dcMlnt  i  U  plunio,  prxitvMcmcni  Je  It  nuln  it  timrJoa  IdI-m^hk. 
ULCiimpagiicnt  ce  niilmulrc. 

1.  Kii  marge  :  Htlf  til.  Jti»fri$  Jf,tn  Honlofnr.  /.iWf  f.ir  M.  Amftter.  h'Ilf  4  If  mr;  ramfm.  9  Jatfli  fjijrt  i  U 
m,uH,  iiN  fifj  *  Jniflt  t-iii>i-(  fl  le  fnkff-  .iiKii.  Clcllc  li||iirc  i<'c<l  p**  m<nllonn««  pimil  le*  ouinfc*  J°.\nf«i«r.  <lâB> 

le  JI«oi>iir»  Je  l'iiilllcl  Je  Silni-Cietirise» 

m 


7^  I.KS    AMATKl.US    D  K    L'ANCIKNNK    FRANCE 

Report.     .     .      >j,5oo\.t. 

N"  11.  Une  autre  figure  antique  d'un  liomiiic  nud,  pour  lii  plus  grande  partie, 
de  5  pieds  1/2  de  haut i.ool.t. 

N"  12.  Une  ligure  antique'  dune  femme  représentant  une  Musc,  de  3  pieds 
3  pouces  de  haut '.<""  '■  '■ 

N"  i3.  Un  p'aunc  d'après  l'antique  de  4  pieds  i/2  de  haut- 4!iol.  t. 

N"  14.  Une  figure  de  jeune  homme  représentant  Paris,  apuié  sur  un  tronc 
d'arbre,  qui  est  assez  beau,  mais  fort  ruiné,  et  de  5  pieds  8  pouces  de  haut.     .     .  43o  1.  t. 

N"  \'?.  Une  figure  de  jeune  Haccus  moderne  curieusement  travaillée  et 
entière  de   2   pieds   de   haut 1,400!.  t. 

N"  11).  U'ne  table  de  porphire  de  3  pieds  12  de  long  montée  sur  un  pied  fort 
propre,  et  2  petites  navichelles  de  marbre  de  couleur 800  1.  t. 

N"  17.  4  colonnes  antiques  dont  2  de  marbre  noir  vené  de  jaune,  de  8  pieds 
10  pouces  de  haut 000  1. 1. 

N"  18.  5o  testes  de  bélier  antiques,  de  marbre  noir Sool.t. 

N"  11).  Une  grande  talile  de  marbre  où  sont  plusieurs  ornemens  de  pierres 
deraport ^""'-t- 


Total itjjoool.t. 

Kn  mjrf;csc  trouvent  les  -  l'rix  de  M''  de  Vaux  ».   iVoir  à  ce  sujet  page  2Ô.I 

No  ,    ....   _ 3,3ool. 

rsl„  .j ...                    .          3,3ool. 

N^  3 1,200  1. 

N»  ^^ •  2,000 1. 

j^„  3 3oo  1. 

Depuis  l'article  tj   jusqua  cclui-cy   114) 10,000 1. 

[y,,.  |3  et  ii'i 3,000  1. 

N"   17 

N"  18 

N"  uj 


1 ,000  1. 
5oo  1. 
800  1. 


Total  des  prix  de  M'  de  Vaux 25,400!. 


1.  En  marsc  :  Il  y  a  une  petite  rupture  ju  br^s  Jriiit. 

2.  Ku  marge  :  I.'nriginat  est  à  Versaitles. 


NOUVELLE  ESTIMACION  DES  PIERRERIES  DE  VAUX 

18     SEPTEMBRE      11)03 

Archives    nationales,  O"    i<i'J4. 


Nous  Antoine  l.ucus  et  Louis  Pluviez  Marchand  orphcvrc.  et  Jean  CatiiUon  marchand 
lapiderc  joualier  de  son  Altesse  Royale  Mademoiselle,  certifions  que  pour  satisfaire  à  Tarrcst 
de  la  chambre  de  justice  et  ordonnance  de  Monsieur  de  la  Bommc  (sic)  conseiller  du  Roy  en  sa 
cour  du  Parlement  de  Grenoble  et  commissaire  en  ladite  Chambre,  nous  sommes  cejourd'huy 
transportez  dans  la  maison  du  Cattelan  rue  Viviene  où  se  fait  Tinvantaire  des  meubles  de 
Monsieur  Fouquet,  ou  estant  ayant  preste  le  serment  par-dcvani  Monsieur  de  Saint-Helenc 
Conseiller  du  Roy  en  sa  cour  du  Parlement  de  Rouen  et  commissaire  en  ladite  Chambre, 
de  desclarer  le  prix  et  valeur  de  joyaux  et  pierreries  qui  nous  seroient  pr>.-sentés  et  nous 
ayant  fait  l'ouverture  d'une  caissette  cachette,  nous  avons  veu  et  visité  et  apprcssic  ce  qui 

suit  : 

Deux  hrasselcts  ou  chuine  de  cornaline  lapis  grave  et  petite  perle  baroque  j;.ir.iy  u  c-i   uc 

soixante  et  dix  livre l-   <o 

Un  brasselet  de  soixante  petites  perles  ronde  et  de  six  bijoux  de  diamant  de  deux  cent 

quarante  livre ^ 

Un  brasselet  de  huit  piùce  de  cornaline,  je  dis  de   turquoise  de   "..LiwIK-   roche  et  huH 

pièce  de  cinq  diamans  l'i  chaque  pièce  de  quatre  cens  livre  ....  -t..  4<» 

Un   brasselet  de  huit  csmeraude  carrée  nu  cadran   et  de  neuf  pièces  de  cinq  diamant» 

î\  chaque  pièce  de  seize  cens  livres '••   '"** 

Un  brasselet  de  dix  pierres  de   ditlerenie   couleurs   et   de   dix  pièce»  de  troi»  diamnn» 

chaqunc  de  onze  cens  livres.     ...  !..   •  loo 

Sept  pièce  de  chaîne  garnie  de  dinmnns  de  dillereuicN  grandcurN  de  quatre  cen»  quarante 

livres l..  +40 

Un  poinvon  d'une  grande  emeraude  A  six  pangs  au  cadran  de  cinq  cens  livre»  L.  5oo 
Une  petite  paire  de  neux  et  le»  deux  pendeloques  de  trente-huit  diamans  avec  deux  perle» 

en  poire  au  milieu  de  on/e  cens  livres '-■   ' '*"* 

Une   paire   de    peiul.ms   de   sept   urands   diamans   &  chaque    pendant    de    quatonc   mil 

livres ';•   '^«» 

Une  paire  d'heure  de  veslin  d  e>cniure  à  la  main  gurny  de  plusieurs  dumans  de  dirtcrcnic 

grandeur  de  quatre  mil  livre» ■•"^*^ 

Un  jonc  de  quatorze  petits  diamans  rose  de  soixante  livres  ' 

Une  paire  de  pendans  forme  de  cloque  de  troi»  e»mer«ude  carrée  cl  »is  diaman*  et  une 

grande  emeraude  en  poire  i"i  chaque  pendant  de  »oi«e  cen»  livre»  ' 


70  Li:S    AMA  I  I.I.KS    1)1-;    L'ANCIENNE    FRANCE 

l'iic  p;iiic  Je  boucles  d'oicillu  de  deux  emeraudcs  facette  entoure  de  dix  diumans  facette 

à  chacune  de  huit  cens  cinquante  livres I,.  83o 

()uatre  pendeloiiues  scavoir  deux  d'aif^le  niaiine   en   poire   facetté   et   les   deux   autre  en 

forme  de  f^rape   de  raisin  f^aniis  de  petis  diamans  de  trois  cens  livres I,.  3oo 

Une   bafoue  d'une    petite   turquoise   de   vieille   roche  et   deux  petis   diamans   a  costé  de 

quinze  livre !..   i5 

Une  bague  de  cornaline  garny  d'un  diamant  caré  en  pointe  de  cent  vingt  livres.  !..  120 
Une    table   de    brasselet    d'une    turquoise   de    nouvelle   roche   entouré   de    quinze    petis 

diamans  de  cent  livres 1..     100 

Un  petit  cachet  de  girassolc  de  cinq  livres L.    3 

Un  cachet  d'une  émeraude  f;arny  d'or  et  de  petis  diamans  de  trente-cinq  livres.  L.  33 
Un  bijou  d'une  petite  miniature  entouré  de  douze  petis  diamans  de  quinze  livres.     L.   i5 

Un  cachet  d'amatiste  garny  d'or  de  neuf  livres L.     ij 

Une  table  de  treize  petis  diamans  jaune  de  trente  deux  livres L.  32 

Deux  petis  neux  de  pendans  de  trente  huit  petis  diamans  de  soixante  et  dix  livres.  L.  70 
Un  crochet  et  la  chaîne  d'or  de  la  valleur  de  soixante  livres  ne  sachant  pas  le  poix.  I,.  (Jo 

Nous  sus  nommez  desclarons  avoir  veu  et  estimé  lesdits  joyaux  et  pierreries  cy  dessus 
au  longs  spécifiez  et  estimez  pour  estrc  du  prix  et  valeur  contenu  au  présent  procès  verbal. 
En  foi  de  quov  nous  avons  signé  à  Paris  ce  dix-huit  septembre  mil  six  cens  soixante  et 
cinq. 

Luc.\s.  Pi.  uviEZ. 

C.VTILLON. 

Apporté  et  présenté  le  présent  acte  d'estimacion  par  les  susdits  experts  suivant  nostre 
ordonnance  et  nostre  procès-verbal  du  dix-sept  du  présent  mois  de  septembre  iC>û?^  et  par 
eux  allirmé  véritable. 

Le    Coknieiî    dk    S.mnte-H  i';i.  ène. 


INVENTAIRE    DE    VAUX 

(Bibliothèque  Nationale,  mss.  fr.  -jfiio,  ('  loO.) 


L'an  mil  six  centz  soixante  un,  le  mardy  treiziesme  jour  de  septembre,  nous  Jean 
d'Estempes  de  Valencay  et  François  de  Vertamont,  Conseillers  ordinaires  du  Roy  en  ses 
conseilz  d'Estat  et  privé  direction  et  finances,  Jacques  Paget  et  Pierre  d'Albertas  aussy  con- 
seillers du  Roy  en  ses  conseilz,  maistres  des  requcstes  ordinaires  de  son  hostel.  nous  sommes 
transportez  au  lieu  de  Vaux  le  Vicomte,  en  vertu  de  la  commission  à  nous  donnée  par  sa 
Majesté  en  datte  de  ce  jour...  Pour  estre  proceddé  par  nous  au  recollement  du  scellé  qui 
auroit  esté  mis  et  apposé  audict  lieu  de  Vaux  et  faire  l'Inventaire  des  Meubles  qui  s'y  trcu- 
veroicnt  soubz  ledict  scellé,  dont  la  teneur  en  suit  : 

Louis  par  la  grâce  de  Dieu  Roy  de  France  et  de  Navarre,  a  noz  amez  et  féaux  conseillers 
ordinaires  en  noz  conseilz  d'Estat  et  privé  et  direction  de  noz  finances,  les  sieurs  d'Estampes 
de  Valencay  et  de  Vcrtamond,  Et  à  noz  amez  et  féaux  conseillers  en  noz  conseilz  et  maistres 
des  requcstes  ordinaires  de  nostre  hostel,  les  s"  Paget  et  d'Albertas,  Salut.  Ayant  fuict  arresicr 
le  s--  Fouquet,  cy-devant  sur-intendant  de  nos  finances.  Vous  sieurs  Paget  et  d'Albertas 
auriez  suivant  nostre  ordre  verbal  et  commandement  à  vous  donné,  mis  et  apposé  le  scellé 
dès  le  Vil"  du  présent  moys  sur  tous  et  chacuns  les  lieux  et  chambres,  coffres,  meubles, 
papiers  et  autres  choses  qui  se  sont  trouvées  dans  la  maison  et  chasicau  de  Vaux  le  Vicomte 
prez  Mclun.  Kt  dautant  que  nous  desirons  estre  particulièrement  informez  et  esclaircis  de 
touttcs  et  chacunes  les  choses  qui  se  sont  trouvées  dans  la  maison  et  chastcau  dudict  Vaux, 
meubles  et  elfects  contenu  soubz  ledict  celle.  Nous  vous  avons  commis  et  députiez,  com- 
mettons et  deputtons  par  ces  présentes,  pour  vous  transporter  en  ladictc  maison  et  chasicau 
de  Vaux  pour  recognoistre  et  lever  les  scellez  qui  y  ont  esté  apposez  avec  les  formaliiez 
requises  et  nécessaires,  faire  la  description  et  inventaire  de  tous  et  chacun  les  meubles,  et 
autres  choses  qui  se  trouveront  soubz  ledict  scellé,  a  cet  elTect  recoller  $y  bcsoing  est.  la 
description  sommaire  desja  fuicte  par  vous  nosdicts  conseillers  en  nos  conseil/  et  maistres 
des  rcquestes  ordinaires  de  nostre  hostel,  d'aucuns  desdicts  meubles  vous  faire  représenter 
les  mémoires  et  inventaires  de  ceux  qui  seront  ez  mains  des  concierges  et  gardes  meubles 
dudict  Chastcau  ou  autres  qui  s'en  trouveront  charge/,  en  faire  nussy  le  recollement  avec  la 
description  et  inventaire  de  ceux  non  compris  en  iceux.  pour  cet  cffcct  faire  procéder  par 
bris  et  rupture  des  coffres,  serreures  armoires,  chambres,  cabinet/  et  autres  que  bcsoing  sera, 
remettre  tous  les  papiers  que  vous  trouvères  dan»  des  cassettes  ou  colTre»  sans  faire  aucune 
description  du  contenu  esdicts  papiers,  compter  et  faire  compter  les  denier*  que  vous  trou- 
verez, iceux  ensemble  les  bagues  et  pierreries,  s'y  aucune  y  a,  remettre  pareillement  dans  de* 
coffres  ou  cassettes  sur  tous  lesquels  coffres  et  cassettes,  armoire»  cabinet/,  chambre*  cl  autre* 
hcux  vous  remettre/  et  restablirei  un  scelle  sur  lequel  vous  commettre/ le»  gardicnscynlcvant 
commis  par  vous  nosdict/  maistres  des  rcquestes,  ou  autres  que  vous  jugerez  &  propfts.    i -\ 


7»  i.i:s  AMAii  riv'S   i)i:   i.'ancii: nni-:   fkanck 

siilliiircs  desquels  sera  par  nous  poiirveii.  Ht  généralement  faire  pour  rcxécution  de  la 
présente  commission  tout  ce  que  vous  jugerez  estre  à  faire,  Mandons  à  tous  noz  odiciers  qu'à 
vous  ce  faisant  soit  obéy  nonobstant  oppositions  ou  appositions  quelconques  et  sans 
préjudice  d'icelles,  desquelles  sy  aucunes  interviennent  nous  réservons  la  cognoissance  îi 
nostrc  personne,  de  ce  faire  vous  donnons  pouvoir.  Car  tel  est  nostre  plaisir.  Donné  ù 
l'ontaincbleau  le  XIIl'"  jour  de  septembre  l'an  de  grâce  MVK  soixante  un  et  de  nostre  reignc 
le  dix  noulicsmc;  Par  le  Roy  signé...  et  scellé  du  grand  sceau  de  cire  jaune 

Et  l.i;  I.I:N1)1;MA1N  QUATOK/JESME  dudict  mois  de  septembre  MVIc  soixante  un, 
six  heures  du  matin,  nous  aurions  esté  en  la  Chambre  où  sont  les  codVes  fortz,  la  vaisselle 
d'argent  et  autres  meubles  plus  précieux.  Et  après  que  les  dicts  sieurs  Paget  et  d'Albertas  ont 
recogneu  leurs  sceaux  sans  aucune  altération  et  qu'ilz  les  ont  levez,  nous  commissaires  sus- 
dicts  avons  faict  faire  ouverture  par  un  serrurier  de  la  porte  de  ladicte  chambre  où  il  y  avoit 
lui  crampon  de  fer  et  au-dessous  deux  pattes  aussy  de  fer  avec  un  cadenat. 

Ht  après  que  lesdicts  sieurs  Paget  et  d'Albertas  ont  veu  que  leurs  sceaux  qu'ils  avoient 
apposé  au  devant  des  serrures  de  tous  lesdicts  collrc  t'ortz,  d'une  armoire,  et  d'une  cassette 
rouge  qui  sont  en  ladicte  chambre  et  reconnu  qu'ils  estoient  sans  altération,  il/  les  auroient 
levez  à  mesure  que  l'oLiverture  en  auroit  esté  faicte  par  ledict  serrurier. 

Et  ayant  premièrement  faict  ouvrir  le  cotl're  fort  du  nommé  Bergeron  '  maistre  maçon, 
lequel  avoit  esté  trouvé  dans  son  cabinet  et  cy-devant  apporté  en  cette  chambre  par  l'ordre 
desdicts  sieurs  Paget  et  d'Albertas  suivant  leur  procès-verbal  du  sept  du  présent  mois,  et 
autres  jours  suivantz,  Il  ne  se  seroit  trouvé  dans  iceluy  que  des  papiers  de  diverses  natures 
de  despences  faites  par  ledit  Bergeron  touchant  les  marchez  et  entreprises  audict  Vaux. 

Dans  le  coffre  fort  qui  estoit  dans  la  cuisine  dudict  Bergeron,  il  ne  sy  est  pareillement 
trouvé  que  des  papiers  qui  sont  de  nulle  consequance. 

Dans  le  coH're  qui  estoit  dans  la  ruelle  du  lict  de  la  chambre  du  s''  Courtois  cap- 
pitaine  de  ce  chasteau  -,  il  s'est  trouvé  un  petit  sacq  de  deux  centz  quarante  trois  pistolles 
d'or. 

Plus  cinq  sacqz  de  louis  blanc  ■'  de  mil  livres  chascun,  et  un  sacq  de  cinq  cens  livres 
aussy  d'argent  blanc.  Et  dans  ledict  coffre,  il  v  avoit  au  dessus  desdicts  sacqs  quelques 
pièces  de  chaises  de  tapisserie  que  nous  y  avons  laissez. 

Dans  le  coffre  de  fer,  nous  y  avons  trouvé,  ainsy  qu'il  est  faict  mention  par  le  susdict 
procès-verbal,  deux  cassettes  noires,  une  médiocrement  grande,  et  une  petite,  desquelles 
n'ayant  les  clefs,  nous  les  aurions  faict  ouvrir  par  ledict  serrurier,  et  dans  la  plus  grande  nous 
y  aurions  trouvé  : 

Un  sacq  de  mil  louis  d'or. 

Plus  une  bourse  de  cuir  en  laquelle  il  y  a  cinq  centz  quatre  vingtz  seize  louis  d'or. 

Plus  une  chaisne  de  quarante  quatre  petittes  tables  d'agates  gravées  avec  quarante  cinq 
petittes  perles  baroques,  ladite  chaisne  estant  d'or  '. 

Plus  une  autre  de  mesme  qualité  de  cinquante  pierres  pareilles  et  cinquante  perles. 

Plus  un  petit  portraict  en  mignature  avec  un  tour  de  petits  diamantz. 

Plus  une  paire  d'heures  de  veslin,   in-seize   escriptes  à  la   main  couvertes  d'or  à   jour 

1.  Antoine  Bergeron  était  «  juré  des  massonneries  du  Roy  ». 

2.  Voir  plus  bas,  pages  Sy  et  96. 

3.  Louis  d'argent  de  soixante  sous. 

4.  Pour  l'estimation  de  ces  pierreries,  voir  ci-dessus,  page  75. 


PIECES    JUSTIFICATIVES  79 

esmaillé  et  touttes  chargL-es  de  diamantz  tout  plain  au  dos  et  aux  fermoirs  aussy,  dont  les 
deux  du  millieu  sont  assez  gros,  et  huict  de  moindre  grosseur  de  chasque  costé  '. 

Plus  un  petit  jong  de  diamantz. 

Plus  une  petite  bague  de  turquoise  avec  deux  diamantz. 

Plus  un  cachet  de  pierres  fines  façon  d'e'meraude  esmaillé  d'or  avec  des  petits  diamantz 
autour. 

Plus  un  autre  petit  cachet  de  pierres  tines  esmaillé  d'or. 

Plus  un  autre  petit  cachet,  non  gravé,  esmaillé  d'or  avec  deux  petits  diamantz. 

Plus  une  petite  table  de  braceletz  de  diamantz  un  gros  au  milieu  et  unze  autres  petitz. 

Plus  sept  tables  à  bracelctz  de  diamants  dont  il  paroist  qu'on  a  osté  à  chascune  le 
diamant  du  millieu. 

Plus  deux  autres  petites  tables  dont  les  diamantz  ont  esté  aussy  estez  du  millieu,  et 
quelques  uns  du  tour  qui  est  fort  petit. 

Et  dans  la  plus  petite  desdictes  deux  cassettes,  nous  y  avons  trouvé  : 

Un  bracelet  de  huict  émeraudes  garnyes  entre  deux  de  neuf  petites  rozes  de  cinq  petits 
diamantz  chascun. 

Plus  un  autre  bracelet  de  dix  pierres  tines  de  diverses  couleurs  que  nou>  >.r.i\on>  e>trc 
du  Temple,  séparées  de  trois  petits  diamantz  chascune  en  dix  endroicts-. 

Plus  une  paire  de  pendantz  d'oreilles  de  sept  gros  diamantz,  chacun  taillez  à  facette. 
dont  les  deux  du  millieu  et  les  deux  pendclocques  sont  fort  gros,  et  les  autres  d'une  grosseur 
raisonnable  •'. 

Plus  une  autre  paire  de  pendants  d'oreilles  assez  beaux  garnis  de  diamants  avec  des 
perles  baroques  aux  pendeloques  entourées  de  diamants  garnies  au-dessus  de  dix  diamanti 
et  de  unze  au-dessus  tour  des  perles. 

Plus  une  autre  paire  de  pendantz  d'oreilles  d'émeraudes  avec  un  pendeloque,  chacune 
garnye  de  petitz  diamantz  par  en  hault. 

Plus  un  bracelet  de  petites  perles  rondes,  avec  six  petites  rozes  de  petits  diamantz. 

Plus  dcu\  paires  de  pendeloques  d'oreilles  garnis  d'or  par  en  hault  avec  des  petits 
diamantz. 

Plus  un  crochet  de  petitz  diamants  et  de  six  perles  baroques. 

Plus  un  poinçon  d'une  grosse  émeraude. 

Plus  un  autre  crochet  d'or  il  neuf  avec  sa  chaisne. 

Plus  une  paire  de  boucles  d'émeraude  avec  chacune  dix  diamants. 

Plus  trois  bagues,  l'une  d'un  petit  diamant,  l'autre  d'émeraude  et  l'autre  d'une  «uirc 
pierre  fine. 

Plus  un  bracelet  de  huict  tablettes,  façon  de  turquoise  avec  huici  rozes  de  cinq  diamantz 
chascune  '. 

Plus  une  autre  paire  de  boucles  vi  oreilles  île  rubis  avec  unze  diamants  autour  Je 
chascune. 

I.  K^liiiiii  (.(iiK)  li\rï». 

1.  Kathiii!  i.iiMi  llvrc«.  •  l.e  TcmpU  c>l  «iicure  Jcpiili  rcnomnii)  pér  c«  mcrvcillcut  «rliMU  l«  «Kar  d'An«c>  4at  ■ 
trouve  rinvoiitliiii  Je  coiilrcfiitrc  le*  Jiaitiiitt*.  c«tncr«uJc«,  lnp«ftc«  cl  rubi*.  J«ii%  Usuelle  tl  «  «i  Ncn   •  i  pa« 

Je  Icnipii  II  «  K"ll"<)  ""■-'  *'  Hr'oJv*  •oninu-  Jai||ciil  >)u  il  tient  i*ru<>c,  et  •  (ail    tvtMir  Jeuv  co(p%  île  '    .  Jkl 

cnclii»  :  en  I  un  II  Jcmeiire  et  l'auire  II  le  Inue.  •  l'oiicerv,  JnnmM  .fan  rorJfr  •>  f^rii,  tu  l6>7-5.<'. 

>.  l'ullmi'*  i.|,iH>u  llvre«, 

I    KMIme  |in>ll%re<. 


8o  i-Es  .\j\iAii:uRS  1J1-:  L'ANCIEN  ni;  I- range 

Plus  une  table  de  braceletz  d'une  grande  turquoise  entourée  de  quatorze  diamants. 
l'ius   une   monstre   a    houette  d'or   avec  un   estuy   de    chagrin    gamy   de    petits    cloudz 

d'or. 

IMus  une  autre  monstre  à  bouette  d'or  avec  les  mouvemens  du  soleil,  de  la  lune,  des 
jours,  et  des  semaines. 

Plus  un  petit  papier  ilans  lequel  il  y  a  du  hezouer. 

Plus  un  gros  chapelet  d'ambre. 

Plus  un  autre  de  guy  de  chesne. 

Dans  une  longue  armoire  de  bois  blanc  il  y  avoit  un  sacq  de  neuf  cens  soixante  et  quinze 
livres  en  argent. 

Plus  un  autre  sacq  dans  lequel  il  y  a  soixante  et  une  pistoles  et  demye  d'or,  et  unze 
escus   d'or  avec  trente  six  sols  de  monnoye. 

Plus  un  autre  sacq  dans  lequel  il  y  a  trente-cinq  escus  blancz  ',  deux  escus  d'or  et  dix 
livres  en  solz  marquez. 

Plus  une  montre  a  boette  d'argent  avec  un  estuv  de  chagrin  et  deux  fourchettes  d'argent 
à  deux  fourchons  rompues. 

Plus  il  y  avoit  dans  ladicte  armoire  quelques  papiers  et  mémoires  concernants  la 
despence  payée  par  ledict  Courtois  audict  Vaux  pendant  l'année  courante. 

Plus  aurions  faict  faire  ouverture  d'une  petite  cassette  de  bois  qui  avoit  esté  apportée  en 
ladicte  chambre  du  logis  dudict  Bergeron  et  dans  icellc  trouvé  deux  grandz  livres  d'architec- 
ture et  des  papiers  et  mémoires  sans  ordre  ny  dattes,  concernant  la  despence  faicte  audict 
chasteau  de  'Vaux  et  dcspendance  par  ledict  P)ergeron. 

Et  dans  la  susdicte  cassette  rouge  nous  avons  treuvé  un  petit  bassin  en  ovalle,  six  petitz 
platz,  une  douzaine  d'assiettes,  une  soubscoupe,  une  esguiere  couverte,  une  autre  petite 
esguière  aussy  couverte,  un  sucrier,  un  vinaigrier,  deux  petitz  flacons,  une  petite  sallière,  six 
petitz  flambeaux  et  des  moucbettes  avec  une  petite  chaisnc,  le  tout  d'argent  vermeil  doré. 

Plus  nous  aurions  treuvé  dans  un  grand  estuy  noir,  une  chappclle  -  concistant  en  une 
croix,  un  calice,  la  platine,  deux  chandelliers,  un  petit  vase,  deux  burettes,  un  bassin  pour  l'eau 
béniste,  une  petite  clochette,  la  paix  et  un  bassin  à  mettre  les  burettes,  le  tout  de  vermeil  doré. 
Lesquelz  calice,  platine  et  deux  burettes  selement  nous  avons  mis  entre  les  mains  de  l'au- 
mosnier  demeurant  en  l'une  des  basses  cours  de  ce  chasteau  •'  qui  a  promis,  et  ladicte  concierge 
de  rapporter  lesdicts  calice,  platine  et  burettes  touttes  fois  et  quantes.  Et  ladicte  Margotière  ' 
a  signé. 

Et  faisant  le  rccolement  de  la  vaisselle  d'argent,  nous  avons  treuvé  dans  un  grand  coffre 
dans  des  mannes  et  des  estuys  touttes  les  pièces  mentionnées  dans  le  susdict  procés-verbal 
du  sept  du  présent  mois  et  Inventaire  particulier  qui  en  a  esté  faict  par  lesdicts  sieurs  Paget 
et  Dalbertas  le  huictiesme  dudict  mois.  Et  avons  trouvé  deux  réchaulx  dargent  qui  sont 
compris  dans  ledict  procès  verbal  et  dont  il  n'est  point  faict  de  mention  dans  ledict 
Inventaire. 

De  plus  nous  avons  trouvé  un  Cousteau  a  manche  d'argent  et  une  esguière  aussi  d'argent 

1.  On  appelait  ccu  blanc  ou  petit  ccii  le  louis  d'argent  de  soixante  sous. 

2.  C'est-à-dire  l'ensemble  des  ustensiles  nécessaires  au  service  de  la  chapelle. 

3.  Voir  page  gS. 

■1.  Françoise  des  Margotiers,  sœur  ou  flile  de  Charles  des  M.irgotiers.  concierge  du  château,  et  femme  d'Antuine 
Trumcl,  jardinier. 


IMECLIS    J  LSI  IlICATIVES  Si 

qui  ont  este  apportez  ausdicts  sieurs  Paget  et  Dalbertas  par  ladictc  concierge  depuis  que  leur 
ilict  procès  verbal  a  esté  clos 

Et  avant  que  de  sortir  de  ladicte  chambre  et  y  faire  mettre  le  cadenas  et  scelle,  avons 
faict  l'inventaire  des  meubles  qui  y  cstoient,  concistantz  en  ce  qui  suit  : 

Sçavoir,  un  grand  lict  de  damas  rouge  cramoisy  de  cinq  piedz  ou  environ  avecq  une 
frange  et  molet  '  d'or  et  d'argent.  Les  rideaux,  la  courte-poincte,  deux  soubzbassemens,  le 
tapit  de  table  deux  fauteuilz  et  cinq  chaises.  Ledict  lict  garny  d'un  matelat,  lict  de  plumes  et 
paillasse  de  crain,  avecq  une  couverture  de  Marseille  et  garny  d'un  tour  de  serge  d'Aumale 
rouge. 

Plus  deux  tables  de  bois  garnyes  chascunc  d'un  tapit  ver. 

Plus  un  grand  miroir  de  vingt  quatre  poulces  enquarré  ou  environ,  garny  de  bois  de 
Sabine-  avec  des  placques  de  cuivre  dore  et  un  cordon  qui  le  pend. 

Plus  une  vieille  tapisseryc  de  haute  lisse  a  petits  personnages  concistant  en  neuf  pièces 
tant  grandes  que  petites. 

Plus  une  chaise  de  bois  tourné  garnye  de  paille. 

Plus  a  esté  trouvé  dans  ladicte  chambre  vingt  six  bandes  de  tapisserye  pour  faire  un  tour 
de  lict. 

Plus  une  grille  de  fer  dans  la  cheminée. 

Et  dans  la  gardcrobbe  joignant  ladicte  chambre  est  un  lict  de  serge  rouge  dcnviron 
quatre  piedz  garny  d'un  matelas,  lict  de  plumes,  traversin  couverture  et  paillasse  commune. 

Plus  deux  chaises  cacquetoires  ■>  de  serge  rouge.  Une  autre  garnye  d'une  petite  cslofTc  de 
la  porte  de  Paris  '  et  une  autre  qui  n'est  point  garnye. 

Plus  trois  morceaux  de  tapisserye  de  Rouen,  une  table,  un  tapit  ver  et  un  petit 
miroir 

Nous  commissaire  susdict  avons  l'aict  porter  Icsdictes  cassette  et  manne  dans  le  garde 
meubles  où  nous  sommes  entrez  après  que  Icsdictz  sieurs  P.inct  et  n.ilbcrias  ont  levez  leurs 
sceaux  quilz  ont  recogneu  entiers  et  non  altérez. 

Et  auparavant  que  de  procedder  ii  l'inventaire  des  meubles  contenus  en  iccluy,  nous 
aurions  fiiict  venir  ladicte  Margoiière,  concierge,  pour  nous  les  faire  veoir,  cl  commanccani 
par  l'armoire  qui  est  auprès  de  la  porte  de  ladicte  chambre,  en  entrant  h  main  droicie,  nous 
y  aurions  trouvé  un  lict  de  brocards  fondz  dargent  à  Heurs  dor*,  nuances  de  diverses  coul- 
Iciirs  garny  de  moletz  crespine  et  boutons  dor  et  dargent  fin,   sçavoir  le  >'  »  de 

dedans,  fourcaux  de  pilliers,  doubleures  de  rideaux,  quamimiiieres.   bnn:..  .rtc 

poincte  de  satin  incarnadin  bordée  dor  et  dargent. 

Plus  trois  pentes,  quatre  rideaux  dos  quantonniércs,  deux  bonnes  grâces  et  trois  soubx- 
bussemens,  dudict  brocars  fond  dargent. 

Plus  trois  pièces  de  tapisscryes  diceluy,  brocard  fondz  durgcnt  a  passement  dor  semé  de 
(leurs  nuancé  de  diverses  couleurs  ayant  une  bordure  oussy  de  brocard  or  et  argent  faisant 
ensemble  sept  aulnes  ci  demye  de  cours  ou  environ  sur  trois  aulnes  de  hault  ou  environ. 

Plus  un  dessus  de  fcnestrc  de  brocard  de  mesme  façon,  ayant  quatre  aulno  Je  cours 
ou  environ  sur  une  aulne  de  hault  ou  environ. 

I.  l'ctitc  fmiiiic  xtit  hoio. 

T.  Iloln  de  itciiCvrlcr. 

:'.  Voir  »iir  l(irl|îiiic  de  «;«  mot  VlurfHLurr  Jf  Cétktrint  Je  M^idt,  p,  q6, 

.|.  l'Iolta  de  laplticrio  ,'ammun»  >iitl  •«  vcndtll  nie  Satnl-Dcnlu. 

J.  l'iUmi!  .^,»kio  livre»  et  riiservi!  pour  le  Roi,  page  o;. 


82  I.KS    AM.\II;i:KS    DI-;    l.'ANCIF.NNli:    FRANCE 

Plus  un  autre  lict  de  brocard  d'or  lin  fondz  incarnadin,  sçavoir  le  dossier,  pente  du  dedans, 
fourcaux  do  pillicrs,  courte  poincte,  doublcures  de  rideaux,  quantonnieres  et  bonne  grâces  de 
brocquart  tout  or  à  palmes. 

Les  pentes  du  dehors  quatre  rideaux,  quantonnieres  et  bonnes  grâces,  pentes  de  soubz- 
basscmens,  le  tout  t;arny  de  crespincs  et  moUetz  tout  or  lin. 

Plus  quatre  pièces  de  tapisserie  dudict  brocard  dor  fondz  incarnadin,  avccq  une  bordure 
allentour  aussy  de  brocard  or  et  argent,  garnyes  de  crcspine  et  molet  dor,  faisant  les  dictes 
quatre  pièces  quatorze  aulnes  de  cours  ou  environ,  sur  deux  aulnes  de  hault  ou  environ. 

Dans  la  mesmc  armoire  est  un  lict  de  repos  de  brocard  d'or  et  dargent,  matelas  soubs- 
bassemcnts  et  traversin. 

Et  ayant  faict  ouvrir  par  ladicte  concierge  l'armoire  suivante,  nous  y  aurions  trouvé  : 

Un  lict  de  \elour  rouge  en  broderyc  dor  et  dargent  garny  de  son  fondz,  dossier,  pentes 
du  dedans,  fourcaux  de  pilliers,  doublures  de  rideaux,  quantonnieres,  bonne  grâces  et  courte 
poincte  de  brocard  à  fleurs. 

Plus  une  ouaite  de  thoille  dargent  a  fondz  rouge. 

Plus  un  autre  lict  de  brocard  de  soye  à  fondz  ver  doublé  de  satin  incarnat,  la  courtc- 
poincte  piquée.  Le  dossier  et  le  fondz  du  lict  aussy  de  brocard  ver  de  diverses  coulleurs. 

Plus  trois  pièces  de  tapisserye  de  taffetas  rayé  incarnadin  et  blanc. 

Plus  six  souhzbassemens  de  tapisserve  de  basse  lisse  dcnviron  deux  piedz  et  demy  de 
hault. 

Plus  un  pacquet  de  plusieurs  morceaux  destofl'e  en  hroderye  propre  à  faire  un   meuble. 

Et  dans  la  troisième  armoire,  que  nous  avons  pareillement  faict  ouvrir  par  ladicte 
concierge,  sont  les  meubles  qui  ensuivent.  Scavoir  : 

Un  lict  de  velours  ver'  garny  de  broderye  d'or  et  dargent  où  il  y  a  trois  pentes,  trois 
souhzbassemens,  quatre  quantonnieres  et  quatre  rideaux,  le  tout  garny  de  crespines  et 
moletz  aussv  dor  et  dargent.  Le  fondz,  dossier  pentes  du  dedans,  foureaux  de  pilliers  et 
courte  poincte  de  brocard  or  et  argent  incarnad  et  ver. 

Plus  un  autre  lict  de  velours  ver-  chamaré  de  passement  dor  et  dargent  garny  de  molletz, 
crespines  et  glandz.  Scavoir  le  fondz,  dossier,  pentes  de  dedans,  foureaux  de  pilliers,  dou- 
blcures de  rideaux,  quantonnieres,  bonnes  grâces  et  courte  poincte  de  brocard  dor  et  dargent. 
Les  trois  pentes  du  dehors,  quatre  rideaux,  deux  quantonnieres,  deux  bonne  grâces  et  trois 
soubzbassements  dudict  velours  ver  chamaré  de  passement  dor  et  dar.^ent. 

Plus  trois  pièces  de  tapisserye  de  velours  ver  chamaré  servant  pour  Talcove. 

Et  dans  le  coing  qui  est  entre  la  susdicte  première  armoire  et  la  suivante  avons  trouvé 
plusieurs  pacquets  dans  lesquelz  sont  tous  les  dessus  des  chaises,  fauteuilz  et  sièges  pliantz, 
pommes  de  lictz  et  petites  despcndances  de  tous  les  meubles  qui  sont  dans  les  susdictes  trois 
armoires,  a  la  réserve  des  sièges  et  fauteuils  du  lict  de  velours  rouge  cramoisy,  lesquels  sont 
dans  l'une  des  chambres  de  l'appartement  d'en  bas-'. 

Plus  une  housse  garnve  et  traversin  d'un  lict  de  repos  de  velours  nuancé  a  fondz  dor  sis 
fauteuilz,  six  chaises,  six  sièges  pliants  et  un  tapit  de  table.  Le  tout  avecq  crespine  et  molet 
dor  fin  et  soye. 

1.  Eslimc  14,000  livres  et  réserve  pour  lo  Roi. 

2.  Estimé  4,400  livres  et  réservé  pour  le  Roi. 

3.  Ainsi  les  garnitures  des  sièges  et  des  fauteuils  do  luxe  sont  encore  mobiles,  indépendantes,  suivant  les  anciennes 
traditions.  La  garniture  ad/icrente.  cousue  au  meuble  et  fixée  à  demeure,  n'était  pas  encore  admise  partout,  bien  qu'elle 
date  du  temps  de  Louis  XIU.  Le  mobilier  du  cliâteau  d'Llliat,  an  musée  de  Cluuy,  est  à  garniture  adhcrcntc. 


PIECES   JUSTIFICATIVES  83 

DU  JEUDY   QUINZIESME  dudict  mois  de  septembre  mil    six  cents  soixante   un  six 
heures  du  matin. 

Nous  avons  faict  appeller  la  dicte   Margotière   concierge,   pour   continuer  nostre  com- 
mission et  à  cet  cffect  nous  sommes  montez  dans  le  coridor  où  est  ledict  gardemeubles où 

estant,  nous  aurions  faict  ouvrir  par  ladicte  concierge  une  armoire  qui  est  au-dessus  de  la 
porte,  en  laquelle  nous  avons  trouvé  : 

Huict  parasolz'  de  tabis  de  diverses  couleurs  avec  une  petite  dent  de  soye. 
Plus  quatre  parasols  de  moire  dargent  avec  une  petite  frange  argent  et  soye. 
Plus  un  autre  parasol  de  peau  de  senteur  avec  une  grande  dentelle  or  et  argent  chamaré 
de  mesmc. 

Plus  un  déshabillé  de  senteur  contenant  un  sachet  et  deux  orilliers. 
Plus  quatre  petits  lustres  de  crisiail  -,  deux  de  six  branches  et  deux  de  cinq. 
Dans  une   petite  armoire  à   main  gauche  en   entrant,   sont   les  meubles  qui  ensuivent 
sçavoir  : 

Une  tenture  de  tapisserye  a  crotesque,  ayant  trois  aulnes  et  demye  de  hault  ou  environ 
sur  vingt  cinq  aulnes  de  cours  ou  environ  en  cinq  pièces. 

Plus  une  tapisserie  de  haute  lisse  des  Vertus,  de  trois  aulnes  et  demye  de  hault  ou  environ 
sur  vingt  cinq  aulnes  de  cours  ou  environ  concistant  en  huict  pièces. 

Plus  une  autre  tapisserye  aussy  de  haute  lisse  représentant  l'Histoire  d'.Abraham  et 
concistant  en  dix  pièces. 

Plus  un  tour  de  lict  de  taby  a  Heurs  ver  et  blanc  avecq  frange  et  molet  de  soye  meslêe  et 
quatre  fauteuils. 

Plus  un  tour  de  lict  de  damas  de  Flandres  ver  et  blanc,  molet  et  frange  de  soye  mcslco, 
six  fauteuilz  et  six  chaises  avec  la  courte  poincte  et  les  pommes. 

Plus  un  autre  tour  de  lict  de  lezine  blanc  ver  et  aurore.  La  tapisserie  pour  une  garJc- 
robbe  de  mesme  estolle,  quatre  pommes  et  courte  poincte. 

Plus  un  tour  de  lict  de  tall'etas  rayé  blanc  et  incarnadm  dont  la  tapisserv-e  d'alcôve  est 
dans  la  seconde  armoire  cy  dessus,  couric-poincie,  tapit  de  table  et  quatre  sièges  plians  dont 
la  frange  en  soye  et  argent. 

Plus  un  lict  de  velours  rouge  de  broderye  en  piramidc  et  chiffres  avecq  crcspincs 
et  franges  dor,  dont  il  ny  a  que  les  pentes,  quantonnières,  soubzbnssemcns  de  velours 
et  les  rideaux  de  brocard  dor,  quatre  fauteuils  de  velours  et  la  couverture  d'ouattc 
picquée. 

Plus  un  tapis  de  pied  de  moquette  denviron  trois  aulnes  de  long  et  de  deux 
de  large. 

Plus  une  tenture  de  tapisserye  de  brocaiellc  commune  a  fondx  ver,  contenant  sept  pièces. 
Dans   une   gronde   armoire   attenant    ladicte    petite,   se   sont   Ireuvcx   les   meubles  cy 
après  spécilliez  sçavoir  : 

Une  riche  tenture  de  tapisserye  de  cuir  doré  de  Flandres  contenant  huici  pièces. 
Plus  une  tenture  de  tapisserye  de  liaulte  lisse  a  personnages  contenant  huici  pièces 
d'antique. 

Plus  une  autre  tenture  de  tapisserie  verdure  de  hnulte  lisse,  contenant  six  pièces. 
Plus  une  pièce  de  tapisserye  dcsortye  de  haute  lisse  ù  personnages  doublée  de  bleu. 

I.  Pour  U  prumonaJc  Jin»  Ict  UrJliit. 
I.  ()rl>l«l  Je  riKlic. 


S4  LF.S    AMATEURS    DF,    L'ANCIENNE    l'RANCE 

Plus  une  seule   pièce  de  tapisserie  des  Sauvages  aussy  de  haultc  lisse,  le  surplus  de  la 
ti-nlure  estant  à  Paris,  suivant  ce  que  nous  a  dict  ladicte  concierge. 

Plus  une  autre  pièce  de  tapisserye  de  haulte  lisse  dont  le  reste  de  la  tenture  est  dans 
plusieurs  chambres  de  ce  chasteau. 

Plus  une  autre  pièce  de  tapisserye  de  haulte  lisse,  aussy  désortie,  de  Saincte  Suzanne. 

Plus  une  autre  pièce  de  tapisserye  de  haulte  lisse  d'Angleterre  où  sont  représentez  les 
pèlerins  dEmahus. 

Plus  trois  pièces  de  tapisserie  de  celles  qui  ont  été  faictes  a  Mincy,  rehaussée  dor'. 

Plus  deux  beaux  tapitz  de  perse  rehaussé  dor. 

Plus  un  cscran  dozier  avec  son  pied  de  fer. 

Plus  quatre  guéridons  de  bois  de  noyer. 

IMus  un  traversin  de  fustaine. 

Plus  quatre  boucquez  de  plumes-  dans  quatre  estuys  de  carton. 

Dans  l'armoire  suivante  se  sont  trouvés  vingt  grandz  rideaux  de  serge  verte  pour  couvrir 
des  tapisseries,  a\ec  leurs  cordons  et  anneaux. 

Plus  un  tapit  de  drapt  verd. 

Plus  deux  chaises  persées  de  velours  ver  avccq  une  frange  dor  et  dargent. 

Plus  une  tenture  de  tapisserie  blanc  et  bleu  de  Flandre,  contenant  neuf  morceaux. 

Plus  un  tour  de  licl  de  garde  robbc  de  lezine  aurore  blanc  et  verd,  avec  la  tapisserie, 
courte  poincte  et  pommes. 

Plus  un  autre  tour  de  lict  de  damas  de  Flandres  blanc  et  bleu  avec  la  courte  poincte,  six 
chaises,  six  fauteuils  et  quatre  pommes  de  lict. 

Plus  un  tapy  de  pied  de  mocquette. 

Plus  un  petit  tour  de  lict  de  damas  aurore  et  bleu  avec  la  courte  poincte,  quatre  fauteuils 
et  les  pommes  de  lict,  le  tout  garny  de  frange  de  soye  aurore  et  argent. 

Plus  un  lict  a  pente  de  camelot  de  Ilolande,  brune  couleur  de  musc,  avec  des  bandes  de 
tapisserye  a  basions  rompus-'  et  une  petitte  broderie  dargent  au  tour,  doublé  de  satin  gris  de 
perles  à  fleurs.  La  courte  poincte  de  mesme  satin,  quatre  fauteuils  et  les  pommes  de  lict.  Le 
tout  avec  un  molet  de  frange  do  soye  et  argent. 

Plus  un  entour  de  lict  de  petite  camelotine. 

Plus  une  tenture  de  tapisserye  de  taffetas  blanc  imprimé  de  plusieurs  figures,  contenant 
six  pièces  doublées  de  thoille. 

Plus  une  grande  ouatte  de  la  Chine  à  fleurs. 

Plus  un  entour  de  serge  rouge  d'un  lict  tout  complet. 

Plus  un  lict  de  velours  rouge  cramoisy  avec  une  crespine  or  et  argent.  La  courte  poincte 
aussy  de  velours,  six  fauteuils,  six  chaises  et  trois  sièges  plyans,  le  tout  garny  d'une  petite 
broderye  et  d'une  dentelle  or  et  argent. 

Plus,  trois  couvertures  d'ouatte,  une  de  satin  rayé  de  taffetas  blanc,  l'autre  couleur  de 
chair,  et  l'autre  doublée  de  taffetas  couleur  de  citron. 

Plus  quatre  pièces  de  tappisserie  de  damas  incarnadin  et  jaulnc. 
Plus  deux  rideaux  de  mesme  damas  pour  les  fenestres. 
Plus  un  pacquet  de  couvertures  de  chaises. 

1.  Pour  toutes  CCS  tapisseries,  voir  pages  .p  et  07.  ' 

2.  Servant  à  la  décoraliou  du  lit. 

3.  Point  de  Hongrie. 


PIÈCES    JUSTIFICATIVES  85 

Plus  cinq  pièces  de  tapisserye  de  verdure  de  haulte  lisse  fine. 

Plus  quatre  quareaux  feuilles  morte,  deux  rouges  de  moire  dargent,  un  de  damas  cramoisy 
et  un  de  deux  couleurs. 

Plus  quatre  bouquetz  de  plumes. 

Plus  une  tenture  de  tapisserye  de  brocatelle  de  Venize,  aurore  et  ver,  consistant  en  neuf 
pièces. 

Plus  un  petit  tapy  de  Turquie  de  deux  aulnes  de  long. 

Plus  un  autre  tapy  de  Turquye  de  deux  aulnes  et  dcmyc  de  long  ou  environ,  doublé 
de  verd. 

Plus  une  tenture  de  tapisserie  de  haute  lisse  représentant  la  vie  de  Nostre  Seigneur  ' 
concistant  en  cinq  pièces  doublées  de  ver,  denviron  une  aulne  et  demyc  de  hault  servant  à  la 
chappellc. 

Plus  quatre  autre  petites  pièces  de  tapisseries  de  haulte  lisse  servant  à  la  chappelle. 

Plus  un  tapy  de  table  de  deux  aulnes  en  quarré  ou  environ. 

Plus  dix  soubzbassements  de  haulte  lisse  dont  deux  rehaussez  dor,  se^^•antz  aussy  à  la 
chappellc. 

Plus  deux  pièces  de  tapisseryes  de  haulte  lisse  d'environ  deux  aulnes  de  hault,  représentant 
l'Histoire  Saincte. 

Plus  une  autre  pièce  de  tapisserye  de  haulte  lisse  dont  la  bordure  est  de  satin  bleu. 

Plus  une  autre  petite  pièce  de  tapisserye  de  haulte  lisse  rehaussée  dor,  représentant 
Sainct  Luc. 

Plus  une  autre  pièce  de  tapisserie  au  point  représentant  les  quatre  Evangclistcs. 

Plus  six  pièces  de  tapisserie  de  haulte  lisse  rehaussées  dor,  ayant  deux  aulnes  demy  tiers 
de  cours  chascunc,  sur  une  aulne  et  demy  quart  de  hault  ou  environ,  représentant  les  Actes 
des  Apostres. 

Plus  huict  soubzbassemens  doublez  de  toille  verte. 

Plus  trois  tapitz  pcrsiens  rehaussez  dor  denviron  deux  aulnes  de  long. 

Plus  un  tapy  de  perse  de  soyc  doublé  de  thoille  noire,  d'environ  deux  aulnes  de  long. 

Plus  un  grand  tapy  de  perse  tout  de  soye  doublé  de  tatfetas  bleu,  denviron  cinq  aulnes 
de  long. 

Plus  un  grand  tapy  verd  de  perse  rehaussé  dor,  denviron  trois  aulnes  de  long. 

Dans  une  grande  armoire  estant  en  forme  de  table  entre  les  deux  fcnesires,  .i\on\ 
trouvé  : 

Vingt  neuf  carreaux'  de  diverses  fafons  et  couleurs  de  velours  et  brocart  avec  lot  gland< 
or  et  argent. 

Plus  six  rideaux  de  dessus  de  porte  de  tulfetus  verd. 

Plus  huict  rideaux  de  talfetas  blanc  pour  les  fcncstrcs  avec  cordons. 

Plus  s'est  trouvé  le  tapy  du  lict  verd  en  brodcrye  qui  est  dans  la  iruuicmc  armoire  en 
entrant  h  main  droite. 

Plus  quatre  rideaux  de  moire  aurore. 

Plus  un  morceau  de  brocart  à  fond*  dargent,  de  cinq  lays  cl  demy  d'environ  une  haulnc 
trois  quart/:  de  hault. 

I.  Cette  Itpittcrie  cl  le»  >ulv«iil<ii  dltlcnl  dctiinic*  It  U  dioortllon  ii«  l«  chapelle  <)al  n°<l«ii  f*  cbom*  Khrrt*. 
Voir  paiie»  4)  cl  97. 
].  Cuiitiihiii. 


86  i.i:,s  A.MA  I  i;i' i>s   i)i;   i.anci  i;.\.\k   fu  an  ce 

l'kis    qiKiiiL'    nieschantcs    housses    de    sièges    plyans    de    damas    bleu    avec    un    molei 

dor  faux. 

IMus  sept  pièces  de  vieille  tapisseryc  de  satin  de  fîurgc  '. 

Plus  deux  pctitz  morceaux  destoll'e  de  pluche  de  la  (Jhine. 
I        Plus  dans   ledict  f^ardcmeubles   au   pied   de   la  grande   table   du   costé  de  la  porte  sur  le 
plancher  avons  trouvé  : 

Une  tenture  de  tapisseryc  de  haulte  lisse  représentant  l'histoire  de  Priam,  contenant  sept 
pièces  d'environ  deux  aulnes  et  dcmye  de  hault. 

Plus  une  tenture  de  tapisseryc  aussy  de  haute  lisse,  représentant  l'histoire  des  Mathisbée-, 
contenant  aussy  sept  pièces  denviron  trois  aulnes  de  hault 

Douze  tables  de  bois,  dont  six  brisées  et  six  pliantes-',  et  un  bois  de  fauteuil  garny 
de  crain. 

Plus  au  plancher  dudict  gardemeublcs  est  suspendu  un  petit  lustre  de  cristal  envelopé  de 
boucassin  rouf^c 

Plus  dans  ledict  j^ardcmeublcs,  le  long  des  armoiries,  il  y  a  unzc  tant  fauteuilz,  chaises 
que  sièges  plvaiis  '■  de  bois  tourné  garny  scuUement  d'une  toille  rouge 

Et  ensuite  ladicte  Margotière  nous  a  mené  dans  une  autre  chambre  qui  a  veue  sur  le 
jardin,  servant  aussy  de  gardemeubics,  dans  laquelle  estant  entrez  après  avoir  recogneu  le 
scellé  sans  aucune  fraction  ny  altération,  nous  avons  trouvé  en  entrant  à  main  droite  les 
meubles  qui  ensuivent,  sçavoir  : 

Six  bois  de  lict  completz. 

Plus  environ  quatre  vingt  deux  bois,  tant  de  fauteuils  que  de  chaises  couvertes,  les  unes 
de  tluiiUc,  et  les  autres  de  Ic/.ine. 

Plus  deux  douzaines  de  bois  de  sièges  plyans. 

Plus  audcvant  desdicts  bois  de  chaises,  sièges  et  fauteuils  sont  sept  tapis  de  Turquie, 
tant  grandz  que  petitz  sur  des  tresteaux. 

Plus  deux  chaises  percées  de  moquette. 

Plus  douze  bois  de  lict  de  sangle,  sur  lesquelz  il  y  a  un  matelas  de  laine  et  de  crain, 
entouré  d'un  morceau  de  tapisseryc  de  Rouen 

Plus  dix  neuf  pièces  de  tapisserie  de  Bergame. 

Plus  huict  vieux  morceaux  de  tapisseryc  de  Rouen. 

Plus  deux  garnitures  de  lict  complette  comme  dessus,  et  un  lict  de  plume  et  de  plus. 

Plus  vingt  couvertures  blanches  tant  de  grandz  lictz  que  de  commune. 

Plus  au  dessoubz  des  tréteaux  sur  lesquels  sont  les  susdictes  pièces  de  tapisseryc  en  un 
rouUeau  de  bandes  de  jong  servant  à  faire  des  tapis  de  pied 

Plus  la  garniture  de  douze  lictz  pliantz  concistant  en  un  matelas,  traversin  et  couverture 
pour  chacun 

Plus  un  lict  de  repos  garny  de  son  bois,  matelas  et  traversin  avec  la  housse,  le  tout  de 
satin  à  fleurs 

Plus  six  fauteuilz  et  six  sièges  plyans  de  damas  rouge  avecq  la  frange  or  et  argent  et 
les  dessus  de  serge 

1.  Bruges. 

2.  C'est-à-dire  l'histoire  de  Pyrame  et  Tliishé,  voir  page  8S. 

3.  Six  à  rallonges  et  six  se  repliant  comme  les  tables  de  jeu. 
.|.  Sièges  à  X. 


PIKCES    JUSTIFICATIVES  87 

Plus  six  vieux  sièges  plyans  garnis  de  brocatelle  de  Venise  à  fleurs  à  fondz  blanc... 

Et  dans  un  autre  grenier  joignant  dont  nous  avons  aussy  faict  ouvrir  la  porte  par  ledict 
serrurier,  nous  avons  trouve  ce  qui  ensuit,  sçavoir  : 

Quarante  et  un  mousquetz  tant  sur  les  ratelliers  que  sur  une  table  '. 

Plus  vingt-trois  j^randz  fuzilz. 

Plus  quatorze  mousquetons,  treize  à  fuzilz  et  un  à  rouet. 

Plus  quatre  paires  de  pistoletz  d'arçon. 

Plus  douze  bandollières  -. 

Plus  sept  gros  tonneaux  et  un  petit  dans  lesquels  il  y  a  des  munitions  pour  lesdictes 
armes,  et  sur  le  plancher  quantité  de  mesche. 

Plus  dans  un  des  coings  dudict  grenier  sont  plusieurs  grenades. 

Plus  un  esteau  attaché  à  une  grande  table 

Ensuite  ayant  reconnu  le  scellé  apposé  à  la  porte  de  la  chambre  appelléc  la  lingerie, 
entier  et  non  altéré,  nous  y  sommes  entrez  et  y  avons  trcuvé  : 

(Suit  le  détail  de  Li  lingerie.) 

Plus  huict  rideaux  de  serge  rouge  servant  aux  calèches'  du  jardin. 

Plus  cinq  petitz  miroucrs  garnis  de  leurs  placques  et  chandeliers. 

Plus  trois  chasubles  compicttcs  dont  deux  de  broquart  dor  en  brodcrye  et  lautrc  de 
satin. 

Plus  deux  orilliers  dautel. 

Plus  deux  déshabillez  faicts  en  lassctte,  l'un  de  poinct  dEspagne  et  lautre  de  cuir 
brodé. 

Plus  un  autre  déshabillé  jaulnc  piqué  dargcnt,  avecq  un  autre  petit  a  mettre  les 
moucheoirs. 

Plus  deux  housses  de  serge  de  soyc  à  llcur^  rehaussées  dor.  pareilles  à  un  lict  qui  est 
dans  une  des  chambres  de  ce  chastcau. 

Plus  un  deshabillé  de  broderie  de  rapport  sur  du  blanc  et  de  lauirc  costé  incarnadin. 

Plus  un  grand  morceau  de  velours  violet  brodé. 

Plus  un  tableau  de  bois  en  sculpture  représentant  une  Nativité. 

Plus  deux  autres  petits  tableaux  h  bordure  de  bois  doré,  représentant  une  Vierge  avec  un 
petit  Jésus... 

Plus  un  atlas  in-folio  avec  les  cartes,  couvert  de  maroquin  rcmec-. 

Plus  deux  chandeliers  de  fer  poly  à  meure  contre  le  mi; 

Plus  deux  grandz  lustres  de  cristal  et  un  petit,  envclopcz  de  leurs  fourcaux,  suspendus 
au  plancher... 

Plus  trois  beaux  mirouers,  dont  un  des  plus  grundx  et  deux  moyens,  les  deux  plus  grandit 
garnis  dargent  massif  et  l'autre  avec  des  feuillages  dorez. 

I.  A  Sainl-ManJO,  il  y  «vili  comme  A  Vtuv,  un  mj/tMi»  d'armei  et  J<  muntllont.  it^ire  liu  Coat«ill«r  Je  la 
l'oMi:  Jii  7  ocliibre  i6(it.l  l.c  w.ift>iiiit  Je  Vaut  <u)l  uni»  la  Jlrecllon  Je  CounoU,  i|ttl  avait  anc  eharf*  <i«  Ca«> 
mlMnirc    Je»  Ruerrea.   cl  tenait  le  clUleiu  «tir    une  aorte    de  pleJ  militaire.    (Voir  Dut.  d<  Jal  aa  mol  WéHft-i 

1.  Ilauje»  Je  cuir  uù  iStaient  attaclu'et  Je*  cliariic<  Je  niuu>.)nel  toute*  préparée*. 

:<.  •  Ou  appelle  auani  nue  tlalechc,  nue  «pece  Je  pclil  oarrooc  Irv»  Ueci.  et  a<ev  Je»  ratn  tria  haun.  Joat  oa 
ae  «cri  pour  la  promeuaJc  Jan«  le»  parc»  et  iarJiu>    : 
naircineni  JouMCi»  Je  rlvlie»  et  belle»  eii>il<»,  ate^  ., 

Jo  l'air  cl  Je  la  vu4,  nu  acuicmeni  fcrmOc»  Je  Iokwk  iiiaiiieki».  ...  Il  )  •  Je  . 
rang»,  où  l'un  c>l  a»»l»  ..  .  ton»  Je  Iront,  kha>)n.-  rauii  Je  •uneatanl  nu  Joxiet  i- 
f.'owmerir.l 


ss  L  i:  s  A  A!  A  r  i;  u  k  S  i  j  i  ;   la  n  c  i  rc  iN  n  !■:   1 1<  a  n  c  i-: 

Plus  un  petit  cabinet  J'csbcnne  dans  lequel  y  n'y  a  rien 

(Suit  l'inventaire  de  plusieurs  chambres  secondaires,  situées  au  même  étage  '.) 

Dans  une  petite  chambre  estant  au  bout  dudict  coridor  prés  un  petit  cscailier  et  en 
laquelle  lo.neoit  ordinairement  le  sieur  Naule-  : 

Une  tapisserie  de  Kouen. 

Plus  un  lict  garny  comme  dessus  avecq  un  tour  de  fustaine  à  pctitz  carreaux. 

Plus  un  tapy  de  pied  de  moquette. 

Plus  sept  chaises  et  un  fauteuil  pareils  au  lict. 

Plus  une  table,  un  tapy  vcrd  et  un  guéridon. 

Plus  dans  un  coin  de  ladicte  chambre,  il  y  a  une  armoire  dans  le  bas  de  laquelle  il  y  a 
une  paillasse,  matelas,  couverture  et  traversin,  pour  coucher  un  vallet,  et  au  dessus  une 
armoire  que  ledicte  sieur  Naute  nous  a  ouvert,  où  il  ne  s'est  trouvé  que  des  papiers  de 
desseins  de  ses  ouvrages  de  Vaux,  de  laquelle  armoire  ensemble  de  sa  dicte  chambre,  nous 
luv  avons  remis  les  clcfz  en  main  après  avoir  veu  l'ordre  du  Roy  du  treize  de  ce  mois  par 
lequel  il  est  enjoint  au  sieur  d'Angeville  ■',  exempt,  de  luy  laisser  l'entrée  libre  de  ce 
chasteau  a  l'efi'ect  contenu  audict  ordre. 

Plus  dans  ladicte  chambre  est  encore  un  niirouer  et  dans  la  cheminée  deux  chevrettes, 
des  pincettes  et  une  pelle 

DU  VRNDREDY  SEIZIKMF.  jour  du  mois  de  septembre... 

Dans  la  grande  antichambre  qui  a  veue  sur  la  cour  en  montant  du  grand  escallier  à  main 
gauche  : 

Une  douzaine  de  chaises  de  mocquette  avecq  un  gallon  de  soye. 

Plus  une  douzaine  de  perrocquetz  aussy  de  moquette  avecq  du  gallon  dargent  faux. 

Plus  une  chaise  percée  de  moquette. 

Plus  un  lict  estant  par  terre,  consistant  en  paillasse  matelas,  couverture  et  traversin. 

l'ius  une  table  de  bois  sans  tapy. 

Plus  une  grille  de  fer,  deux  pelles  et  des  tenailles. 

Dans  une  chamlire  joignant  et  un  cabinet  il  ne  s'est  trouvé  autre  chose  que  une  table  de 
bois. 

Dans  une  chambre  qui  est  à  costé  de  la  cheminée  de  ladicte  antichambre  et  qui  a  une 
porte  dans  le  corridor  : 

Sept  pièces  de  tapisserie  de  haute  lisse,  dont  il  y  en  a  six  rehaussées  dor  qui  repré- 
sentent les  Douze  Mois  de  l'année,  et  l'autre  est  une  pièce  dépareillée  d'une  tenture  de  Piram 
et  Thisbée  qui  est  dans  le  garde  meubles  '. 

1.  Une  de  ces  chambres  était  celle  do  la  demoiselle  de  lîcaujeii,  fille  d'un  lieutenant  général  tné  en  1634  au 
siège  d'.Vrras,  et  demoiselle  suivante  de  mademoiselle  Foncquet.  (.Irc/i.  .fc  la  Btistillc.  I,  'M''';.} 

2.  L'appartement   de  Le  Nôtre. 

'}.  »  Noble  gentilhomme  Mathieu  d'.\iigevillc,  exempt  des  gardes  du  corps  du  roy,  puis  escuicr,  Seigneur  de  l'ressy 
Nostre-Dame,  escnier  du  roy  dans  sa  grande  escurie,  capitaine  exempt  des  gardes,  servant  près  la  reyne-mèrc,  com- 
mandant pour  Sa  Maiesté  au  château  de  Vaux-le-Vicomte.  »  Kug.  Grésy,  p.  21.  Dans  une  lettre  datée  de  décembre  i663 
et  adressée  au  Roi,  M""'  Foucquet  se  plaint  des  déprédations  commises  par  les  agents,  chargés  de  garder  les  pro- 
priétés de  son  mari  :  «  le  nommé  d'Angeville  a  pris  dans  la  maison  de  Vaux  tout  ce  qu'il  a  voulu,  et  continue 
encore  tous  les  jours.  11  s'est  approprié  de  plusieurs  bestiaux,  de  provisions,  de  linge  de  prix,  d'étoffes  et  choses 
semblables.  11  a  fait  transporter  des  ballots  en  son  pays,  et  on  a  reconnu  en  Champagne,  dans  la  maison  dudit 
d'Angeville,  de  la  vaisselle  d'argent  marquée  aux  armes  dudit  sieur  Foucquet.  »  (Arcli.  eir  la  Baslillc,  U.  169.1 

■1.  N'oir  ci-dessns,  page  Sô. 


PILCES    JLSTIKICAI  IVES  S.» 

Plus  un  tapy  de  pied  Rhodien. 

Plus  un  lict  tendu  complet  avec  des  pentes  de  velours  en  broderye  dor  cramoisy  rouge. 
Les  foureaux  des  pilliers,  fondz  et  dossier  de  mesme,  avec  crespine  dor  et  dargent,  rideaux 
de  damas,  et  courte  pointe  avec  des  nattes  dor. 

Plus  quatre  bouquetz  de  plumes  avec  des  aigrettes. 

Plus  quatre  fauteuils  et  sept  chaises  aussy  de  damas  avec  de  la  frange  dor  et  argent. 

Plus  une  table  de  bois  avec  un  tapy  persien. 

Plus  un  miroucr  et  un  petit  lustre  pendant  au  plancher. 

Plus  une  grille  de  fer,  tenailles,  pincettes  et  pelle. 

Dans  un  autre  département  vis-à-vis  et  qui  a  vcue  sur  le  jardin,  nous  n'avons  trouve  dans 
lantichambre  qui  est  toute  dorée,  peinte  et  lambrissée,  qu'un  tableau  sur  la  cheminée  et  un 
sur  la  porte  d'entrée. 

Plus  sept  fauteuils  de  pluche  de  la  Chine. 

Plus  une  table  de  bois,  une  grille  de  fer,  une  pelle  et  des  tenailles. 

Plus  un  buste  de  jaspe  dont  la  teste  est  de  marbre  sur  un  pied  destail  de   jaspe. 

Dans  la  chambre  joignant  qui  est  toute  dorée  peinte  et  lambrissée,  garnye  de  glaces  de 
mirouer  et  ornée  d'une  alcovc  avec  des  balustres  dorez  : 

Un  bois  de  lict  avecq  sa  garniture  sçavoir  sommier,  lict  de  plumes,  matelas,  traversin  et 
couverture. 

Plus  six  chaises,  six  fauteuils  et  six  plians  garnis  de  thoille  rouge. 

Plus  un  escran  dozier  avec  sa  verge  de  fer. 

Plus  deux  tables  de  bois  sans  tapy. 

Plus  dans  la  cheminée  une  grille  de  fer. 

Dans  un  cabinet,  aussy  doré,  peinct,  lambrissé  et  orné  de  glaces  de  miroucr  : 

Un  lict  de  repos  taillé  doré. 

Plus  une  petitte  tapisserye  de  brocard  de  soye,  de  trois  piedz  de  h.i"t'.'"-  'ii  J.sius  du 
lambris  prés  le  plat  fondz. 

Plus  six  fauteuilz  de  bois  tourné  avec  des  housses  vertes  garnycs  de  fran.?c  cl  moict. 

Au  bout  duquel  cabinet  est  un  petit  lieu  où  il  y  u  une  chaise  percée  de  moquelle. 

lit  dans  le  mesme  coing  sont  trois  petites  .irnioires  dans  le  mur  ou  nous  n'avons  trouve 
aucunes  choses. 

Avons  passé  dans  ledict  corridor  par  un  lieu  destiné  pour  la  chappellc,  qui  n'est  pas 
achevée  et  où  il  ne  s'est  trouvé  aucune  chose. 

Dans  l'uniichambre  d'un  appartement  joignant  l'escalier  a  montant  A  main  droite  : 

Vingt  quatre  chaises  de  moquette  avec  un  galon  dargent  faux. 

Plus  une  tapisserie  de  haultc  lisse  de  huict  pièces  à  personnages  représentant  l'histoire 
d'Israël. 

Plus  une  table  de  bois  et  un  t.ipy  de  Turquie  dessus. 

Plus  dans  la  cheminée,  une  grille,  une  pelle,  des  pincettes  et  des  tenaille»  de  fer  poly. 

Dans  la  chambre  joignant  qui  est  d'alcove,  un  lict  complet  dont  la  couverture  est  de 
coton.  Les  pentes  soubzbassemen»  et  cantonnières  sont  de  satin  cramoisy  rouge,  en  broderie 
di)r.  Les  rideaux  fondz  dossier  doubles  pentes  et  courte  poincic  de  damas  cramoisy  roujtc 
avec  frange  et  mulet  dor  et  dargent. 

Plus  quatre  bouquetz  sur  les  pommes  du  lict. 

Plus  cinq  fauteuils  en  broderye  comme  les  pentes. 


(lO 


i,i;s  AM  \  1  I  I  !■  -   im;   i.'an<;ii;nn  k   kkance 


Plus  lin  hiutcuil  de  damas. 

Plus  unccliiiisu  de  velours  vc-rd  avccq  une  fraiif^c  dor  et  dargent  clouée. 

Plus  trois  parasols  de  taby. 

Plus  quatre  carreaux  de  difTérentcs  coulleurs. 

Plus  quatre  chaises  de  paille  tournées. 

Plus  une  tapisscryede  haulte  lisse  à  Vieux  Personnages  concistant  en  sept  pièces. 

Plus  un  niirouer  d'environ  doux  picdz  en  carré  avccq  une  bordure  de  poirier  et  son 
cordon. 

Plus  en  la  ru.lle  du  lict  un  petit  t.ibleau  d'une  Vierge. 

Plus  une  table  avec  un  tapy  de  Turquie. 

Plus  une  autre  petite  table  avec  un  tapy  vcrd. 

Plus  deux  guéridons  de  bois  de  noyer. 

Plus  un  escran  dozier  avec  son  pied  de  fer  poly. 

Plus  deux  meschants  chenets,  une  grille,  une  pelle,  des  pincettes,  des  tenailles. 

Dans  la  garde  robbc  de  hidictc  chambre  : 

Trois  pièces  de  tapisserie  de  Rouen. 

Plus  un  lict  garny  d'un  tour  de  fustaine  blanche,  paillasse,  lict  do  plumes,  matelas, 
couverture  et  traversin. 

Plus  deux  meschantes  chaises  a  bras  de  vieille  tapisserye. 

Plus  une  table  sans  tapy. 

Plus  un  petit  mirouer  commun  avec  un  bord  noir. 

Plus  une  chaise  percée. 

Dans  un  petit  cabinet  '  qui  estoit  cy  devant  celuy  dudict  sieur  Foucquet  dans  lequel  on 
entre  de  la  première  antichambre  : 

L'ne  tapisserie  de  petit  taby  à  Heurs. 

Plus  un  petit  lict  de  campagne  complet  dont  la  couverture  est  douatte,  la  courte  pointe 
de  satin  à  fleurs  avec  une  frange  et  molet  or  et  argent  les  rideaux  de  serge  de  soye  avecq 
dos  fleurs  rehaussez  d'or,  doublez  de  satin  verd,  l'entour  de  taffetas  verd. 

Plus  quatre  bouquetz  sur  les  pommes  du  lict. 

Plus  doux  fauteuils  et  un  siège  pliant  de  pareille  estofle  que  celle  du  lict. 

Plus  quatre  fauteuils  et  trois  chaises  pareilles  à  la  tapisserie. 

Plus  deux  petites  tables  et  deux  tapis  verds. 

Plus  une  escritoire  fermant  à  clef. 

Plus  une  grille,  des  tenailles  et  une  pelle. 

Dans  la  garderobbe  auprès  : 

Une  tapisserie  de  Rouen. 

Plus  un  tour  de  lict  rouge  complet  dont  la  paillasse  est  commune. 
Plus  quatre  chaises  pareilles  au  lict. 

Plus  deux  tables  et  un  tapy  verd. 
Plus  un  petit  mirouer. 

Plus  une  grille  de  fer,  des  tenailles  des  pincettes  et  une  pelle. 

Dans  la  chambre  où  logeoit  le  sieur  Le  Brun  peintre-,  dans  ledict  coridor  près  l'escallier, 
laquelle  nous  avons  faict  ouvrir  par  ledict  serrurier  pour  n'en  avoir  la  clef  : 

1.  Cabinet  do  FouciTiiot,  au  premier  étage. 

2.  .\ppartenaent  do  Le  Brun. 


PIÈCES    JUSTIFICATIVES  •.»• 

Un  lict  de  taby  jaune  garny  complet  dont  la  paillasse  est  commune  avec  la  courte  pointe 

de  taby. 

Plus  quatre  fauteuils  de  mesme  estoffe. 

Plus  six  chaises  et  un  fauteuil  de  serge  bleu  avec  de  la  frange  de  soie  meslêe. 
Plus  une  tapisserye  de  Bcrgame  en  la  chambre  et  alcôve. 
Plus  cinq  bustes  de  fonte  sur  des  piedz  destail  de  bois. 
Plus  une  figure  de  marbre  blanc  sur  un  pied  destail  de  bois. 
Plus  neuf  tableaux  du  Bassan  de  moyenne  grandeur  à  bordures  dorées. 
Plus  quatre    autres    tableaux    dont    deux    grandz    et    deux    moyens    aussy    à    bordures 
dorées. 

Plus  une  table,  une  grille  de  fer  et  une  pelle. 

Dans  la  garde  robbe  de  ladicte  chambre  : 

Une  tapisserye  de  Bergame. 

Plus  deux  tableaux  de  fruictz  rouliez  sur  un  baston. 

l>lus  un  tableau  à  bordure  dorée  représentant  une  bataille  avec  plusieurs  personnages. 

Plus  un  autre  tableau  qui  n'est  qu'esbauché. 

Plus  un  autre  tableau  à  bordure  dorée  représentant  un  homme  et  un  chien. 

Plus  une  grande  figure  entière  de  bronze. 

Plus  une  autre  plus  petittc  de  marbre. 

Plus  trois  testes  et  un  buste  de  fonte. 

l'ius  deux  autres  petites  ligures  et  un  buste  de  marbre. 

Plus  un  modelle  de  cire  d'un  hercule  '. 

Dans  un  petit  bouge  a  costé  : 

Un  lict  avecq  un  tour  de  serge  et  un  lict  Je  plumes. 

Plus  un  quadre  doré  de  tableau. 

Plus  dans  un  coing  il  y  a  un  tas  de   testes  de  mouton,  taillées  sur  des  picres  en  rond  de 
couleur  de  iironze-. 

La  chanilire  estant  ensuittc  est  celle  où  sont  les  collrcs  forts  argent  monnoyc  cl  vaisselle 
dargent  et  piereries  et  autres  meubles  dont  est  cy-dcssus  faici  particulière  mention  *. 

Dans  une  chambre  estant  au  bout  dudict  coridor  près  un  petit  cscallicr,  du  costc  du  soleil 
couchant  et  en  laquelle  loge  le  sieur  DAngeville.  exempt  : 

Une  tapisserye  de  brocatcllc  de  Venise. 

Plus  un  lict  complet  A  pentes  de  mesme  estolle  doublé  de  tallctas  de  lu  Chine  a  crcspmc 
de  soye  et  des  moletz,  rideaux  et  courte  poincte. 

Plus  un  orillier  et  une  paire  de  dr.ips. 

Plus   six    chaises,   un    fauteuil,   six    cscabeoux    pliuns   et    deux    carreaux    de   mcsmc 

estolle. 

Plus  un  matelas,  un  traversin  et  une  couverture. 

Plus  une  table  et  un  tapy  vcrd  sur  icellc,  de  la  mesme  cstode  du  lict. 

Plus  un  petit  mirouer. 

Plus  une  chiiise  percée  lU-  ummhh.iic. 

I   J  «i  parlO  v|.Jc...i..  r«Kc  J».  <««  «»  JlTcr.  objet,  quk  (wurrilcnt  Ncn  iitoir  (ormi  U  <oll«c<ton  pértMilkw  i* 
l.c  llriiii. 

I.  I'ciil-<lr«dcii  biicrinc*/ 

II.  Voir  p»utf  ;N. 


,,•  1.1. .s  .\  \i  \  I  I  I  i.^   m:   i.WNf.i  i:n  NI",   kkanct: 

Plus  une  grille  de  fer,  une  pelle  et  des  pincettes 

Rt  après  que  lesdicts  sieurs  Pagct  et  dAIbertas  ont  rcapposé  leurs  scellez  aux  portes  de 
touttes  les  autres  chambres  dudict  coridor,  nous  sommes  descendus  en  bas.  et  passant  parle 
vestibule',  nous  y  avons  treuvé  deux  figures  de  pierre  et  quatre  bustes-.  Kt  dans  la  première 
salle  ou  antichambre  de  l'appartement  qui  est  en  entrant  à  main  droite  joignant  le  salion  où 
le  scellé  estoit  entier  et  sans  aucune  altcralion,  les  meubles  qui  ensuivent  : 

Une  tenture  de  tapisserie  de  haute- lisse  de  Clytemnestre  •'•  concistant  en  quatre 
pièces. 

Plus  trois  douzaines  et  quatre  chaises  de  moquette. 

Plus  une  table  de  marbre  sur  un  pied  de  bois. 

Plus  dcLix  petits  bras  de  fer  dore  attachez  au  lambris. 

Plus  une  table  commune. 

Plus  deux  lustres  de  cristal  avec  leurs  cordons  et  fourreaux  de  l'ustaine. 

Plus  une  grille  de  fer  dans  la  chemincc,  des  tenailles  et  une  pelle. 

Plus  un  grand  quadrc  de  tableau  qui  est  hors  de  place. 

Dans  la  chambre  d'auprès  appellée  la  chambre  des  Muses,  en  alcôve  : 

Iluict  pièces  de  tapisserie  de  haulte  lisse  de  trois  aulnes  et  deniye  de  hault  ou 
environ  représentant  Ihistoire  de  Vulcain  avec  des  rideaux  verdz  tout  à  lentour  pour  les 
couvrir. 

Plus  un  _t;rand  tapv  de  pied  persien  deaviron  huict  aulnes  de  long. 

Plus  vingt  fauteuilz  de  pluche  de  la  Cabine  '. 

Plus  une  grande  table  avec  un  tapis  de  tapisseryc  à  l'esguille. 

Plus  une  autre  table  avecq  un  tapis  verd. 

Plus  deux  guéridons  vernis  de  rouge. 

Plus  un  cscran  dozicr  avec  son  pied  de  fer. 

Plus  dans  la  cheminée  une  grille  de  fer. 

Plus  un  grand  mirouer  avec  une  bordure  dargent  massif. 

Plus  quatre  lustres  de  cristal  avecq  leurs  cordons  et  fourreaux  de  tafTetas. 

Plus  deux  mirouers  en  ovalle  avec  une  bordure  dargent. 

Plus  deux  baux  (hautsi  guéridons  de  bois  de  noyers. 

Dans  le  cabinet  attenant  de  ladicte  chambre  qui  est  tout  doré,  il  n'y  a  aucun 
meuble. 

Dans  la  chambre  à  main  droicte  de  ladicte  première  grande  salle  regardant  sur 
la   cour  : 

Une  tenture  de  tapisserie  en  six  pièces  représentant  l'histoire  diphigenye  couverte  de 
rideaux  de  serge  verte. 

Plus  untapy  de  pied  de  perse  d'environ  dix  aulnes  et  demye  de  long"'. 

Plus  deux  fauteuils  et  douze  chaises  de  velours  rouge  cramoisy  en  broderye  et  le  tapy  de 
mesmc  avec  leurs  housses  de  serge  rouge. 

Plus  six  carreaux  de  diverses  couleurs. 

Plus  deux  tables  et  deux  tapis  verdz. 

1.  W'stihulc  d'ciilrce  du  i^raiid  salon  au  rcz-do-cliaussiie. 

2.  Staun;»  d^;  Tibcre  et  d'AiiS'isl^  ^^  quatic  biisics  d'albâtiv  uiiciitai  cvistanl  cncoio  aiiiuurJ  luii. 

3.  Pour  cette  tapisserie  et  les  suivantes,  voir  page  73. 

.|.  I.a  fabrication  des  peluclies  frauçaisjs  ne  c  >mmença  qii:  vers  iiiijo.  (Savary,  Ilicl.  du  Commerce.) 
5.  L'aune  de  Parais  valait  i  m.  iS  c. 


PIECES    JUSTIFICATIVES  .,3 

Plus  deux  guéridons  de  bois  de  noyer. 

Plus  un  grand  mirouer  garny  de  placques  de  cuivre  doré. 

Plus  un  lustre  de  cristal  avec  son  estuit  de  taffetas. 

Plus  une  grille,  une  pelle,  des  pincettes  et  des  tenailles. 

Dans  une  garderobbe  voûtée  de  pierres  attenant  ladicte  chambre  : 

Une  tapisserie  de  Bergamc. 

Plus  un  lict  complet  à  pentes  de  damas  Isabelle  et  la  courte  pointe  avec  des  franges 
de  soye. 

Plus  six  chaises  et  six  fauteuils  de  tapisserie  de  bastons  rompus  '. 

Plus  une  table,  un  tapy  verd  et  une  chaise  percée. 

Dans  le  passage  allant  dans  une  autre  chambre  est  une  tapisserie  de  Rouen. 

Et  dans  ladicte  chambre-  : 

Une  tapisserie  de  haute  lisse  représentant  l'histoire  de  Raphaël,  concisiatit  en  sept 
pièces. 

Plus  un  lict  complet  de  damas  bleu,  avecq  des  bandes  de  tapisser)'  brodé  à  doubles 
pentes  et  courte  poincte  avec  frange  et  crespine  dor. 

Plus  six  chaises  et  trois  fauteuils  et  le  tapy  de  table  de  damas  bleu  avec  une  simple 
frange  dor. 

Plus  six  carreaux  de  plusieurs  couleurs. 

Plus  un  deshabillé  sur  le  lict,  d'un  sachet  et  deux  orilliers. 

Plus  un  tapy  de  pied  de  moquette. 

Plus  deux  lustres  avec  leurs  estuys  de  tatVetas  et  leurs  cordons. 

Plus  un  grand  mirouer  garny  de  feuillage  de  cuivre  doré. 

Plus  deux  tables  et  deux  tapis  verdz. 

Plus  deux  guéridons  de  bois  de  noyer. 

Plus  deux  chaiseï  de  paille  tournées. 

Plus  un  feux  garny. 

Plus  dans  la  ruelle  du  lict  trois  placques  à  mirouers  avec  deux  branches  chascun  Je 
cuivre  doré. 

Plus  un  petit  tableau  brodé  représentant  la  Magdeluine  •^. 

Dans  la  garderobbe  : 

Un  tour  de  lict  rouge  garny,  complet  dont  la  paillasse  est  commune. 

Plus  cinq  pièces  de  tapisserie  de  verdure. 

Plus  quatre  chaises  et  un  fauteuil  de  la  meMiK-  .>>.ii;e  ki':^  i.^n>.  ^m  lict. 

Plus  une  table  et  un  tapy  verd. 

Plus  une  chaise  percée  de  moquette. 

Au  passage  qui  va  dans  une  autre  chambre  auprès  : 

Une  tapisserie  de  Rouen. 

Et  dans  ladicte  chambre  : 

Cinq  pièces  de  tapisscryc  de  verdure  et  danimaux. 

Plus  un  lict  complet  de  serge  jaulne  dont  lu  paillasse  est  commune. 

Plus  si\  chaises  et  un  fauteuil  pareils  nu  lict. 

I.  .\  piiinl  Je  lliiiiitric. 

1.  e'.ouc  ..liiimhrr  r<rjU  a»olr  v'Iil  U  vh«mhr<  k  ouchcr  Je  M-*  K<»Ui.*mi.>l,  iIKiMnl  à  «on  «iiptrumciil . 

y.  l*ri!nom  Je  M~'  l'i>uc.)iict  >)ul  •!t<lt  MnJcIcInc  Je  Coullv-. 


(,4  i-HS  .\\i\ii;i;ns   di;   i.'anci  i:n  nI':   frange 

l'ius  Jlux  tables,  deux  tapis  vcrdz  et  un  petit  miroucr. 

Plus  une  eiiaise  persée  de  moquette. 

{'lus  lieux  chaises  de  paille  tournées. 

Plus  une  grille  de  fer,  une  pelle  et  des  pincettes. 

Dans  une  autre  chambre  auprès  : 

Une  tapisserie  de  Rouen. 

Plus  un  lict  complet  comme  dessus  de  serpe  rouge. 

Plus  six  chaises  et  un  fauteuil  pareils  au  lict. 

Plus  une  table  et  un  tapis  verd. 

Plus  une  grille  de  fer  avec  des  pincettes. 

Au  dessus  desdictes  deux  dernières  chambres: 

Il  y  a  des  entresolles  dans  lesquelles  nous  sommes  entrez  après  avoir  reconnu  le  scellé 
entier  et  non  altéré.  {Suit  l'inventaire  de  ces  chambres  qui  ne  présente  aucun  intérêt.) 

Dans  l'autre  appartement  qui  est  du  costé  du  vestibulle  à  main  gauche,  où  nous  serions 
entrez  après  avoir  recogncu  le  scellé  sans  aucune  altération  et  aussy  après  avoir  apposé  le 
scellé  à  la  dernière  chambre  d'où  nous  sommes  sortis. 

Dans  la  première  salle,  il  n'y  a  aucuns  meubles,  sinon  une  chaise  à  porter,  et  dans  la 
cheminée  une  grille  de  fer,  une  pelle  et  des  tenailles. 

Dans  la  salle  à  manger  qui  est  tout  joignant  : 

Trente  une  chaises  de  moquette,  de  bois,  de  noyer  tourné,  clouées  avec  un  galon 
de  soye. 

Plus  une  grande  table  de  marbre  sur  un  pied  de  bois. 

Plus  une  table  de  bois. 

Plus  une  autre  table  sur  un  cliasis. 

Plus  deux  parasols  de  talletas,  l'un  blanc  et  l'autre  jaulne. 

Plus  deux  lustres  de  cristal  avec  leurs  fourreaux  et  cordons. 

Plus  dans  la  cheminée  une  grille  à  chenetz  une  pelle  et  des  tenailles. 

Dans  toutes  les  autres  cbamiires  dudict  appartements,  il  n'y  aucuns  meubles  '. 

Ausquelz  deux  appartemens  d'en  bas  nous  aurions  différé  d'apposer  le  scellé  à  nostrc 
départ,  attendu  que  dans  le  premier,  l'un  de  nous  y  est  logé  et  que  l'autre  nous  sert  pour 
prendre  nos  repas. 

Dans  le  cabinet  du  maistre  d'hostel  -  estant  en  bas,  au  bout  du  bastiment  en  entrant  à 
main  gauche,  y  avons  trouvé  une  table  de  bois  seulement  avec  une  armoire  que  nous  aurions 
faict  ouvrir  par  le  serrurier,  en  laquelle  il  n'y  avoit  aucune  chose. 

Près  ledict  cabinet  allant  dans  le  jardin,  il  y  a  quatre  chaises  sur  roues,  garnyes  de  serge 
rouge  et  six  colonnes  de  marbre,  quatre  jaspées  et  deux  de  blanc. 

Dans  l'entresolle  audessus  des  salles  à  manger  il  y  a  quatre  couchettes  garnyes  pour  les 
lacquais. 

Dans  une  autre  entresolle  auprès,  sont  trois  lictz  complets  aussi  pour  des  lacquais. 

Dans  une  chambre  au  haut  de  lescallier  estant  au  bout  du  bastiment  en  entrant  à 
main  gauche,  en  laquelle  logeoit  le  sieur  Le 'Veau  •'',  avons  trouvé  après  avoir  recogneu  le 
scellé  entier. 

1.  Cet  appartameut  au  rcz-Jc-chaiissco  formait  l\iyfjrlL'mctit  du  Roi.  En  rabsoiicc  du  surintendant  tous  les  meubles 
étaient  CDUservés  daus  le  garde-meuble. 

2.  C'est  le  célèbre  François  Watt^-1.  dit  Vatel,  qui  mourut  à  Chantilly  d'une  façon  si  tragique  en  1(171 

3.  AppartJmeitt  de  I.c  V'au. 


PIECES    JUSTIFICATIVES  y5 

Une  tapisserie  de  Rouen  et  une  table  avec  son  tapy  de  mesme. 

Plus  un  lict  complet  d'une  cerge  rouge  avec  une  paillasse  commune. 

Plus  un  fauteuil  et  quatre  chaises  de  serge  rouge. 

Plus  des  chevrettes,  une  pelle  et  des  tenailles. 

Dans  le  cabinet  auprès,  que  nous  avons  faict  ouvrir  par  le  serrurier  pour  n'en  avoir 
la  clef  : 

Une  petite  tapisserye  de  Rouen. 

Plus  un  morceau  de  la  mesme  tapisserie,  avec  une  table  de  bois  sur  des  trcteaux. 

Plus  une  chaise  couverte  de  thoille. 

Plus  une  petite  cassette  de  bois  de  noyer  dans  laquelle  il  n'y  a  aucune  chose. 

Plus  un  petit  miroucr  à  bord  noir. 

Dans  lu  gardcrobbe  auprès  ladicte  chambre  : 

II  n'y  a  qu'une  couchette  garnye  complète 

Ce  faict,  et  après  avoir  apposé  le  scellé  à  la  porte  de  ladicte  chambre,  nous  sommes 
descendus  dans  les  sommellcryc,  paneterie  et  cuisines  ou  nous  aurions  reconnu  le  scellé  entier 
et  sans  aucune  altération (Suit  l'inventaire  de  cette  partie  du  château.) 

Dans  la  salle  du  commun  à  costé,  il  n'y  a  que  des  tables  de  bois  et  une  grande 
placque  de  fonte  hors  d'œuvrc,  et  dans  un  coing  quantité  de  carreaux  de  marbre  et  pierres 
noires  ' 


DU  SA.MEDY  DIX  SEPTIÈME  dudict  mois  de  septembre  1661. 

(Continuation  de  l'inventaire  de  la  grande  cuisine.) 

Et  estant  sortis  dudict  chastcau  pour  aller  dans  lesdictes  basses  cours  nous  serions  entrez 
dans  un  gros  pavillon  double  qui  est  le  premier  à  ht  main  droittc  en  entrant  et  y  aurions 
trouvé  sçavoir  : 

Dans  la  cuisine  quelques  meubles  et  ustancilles  fort  peu  considérables. 

Lesquelles  ustancilles  de  cuisine  on  nous  a  dict  appartenir  ii  un  cabareticr  qu'on  appelle 
le  Traictcur  pour  les  avoir  faict  venir  du  cabaret  où  il  demeuroit  auparavant  au  lieu  ilc 
Guignes-. 

Dans  la  chambre  du  chappelain  qui  est  joignante  un  meschunt  lict  rouce.  uariiv  comoki. 
une  table  et  cinq  meschantz  sièges... 

Dans  la  chambre  ou  couchoit  Icdict  Hergcron  maistre  masson... 

Tous  lesquels  meubles  nous  avons  laissé  en  la  garde  i"  '^'-i  dudivi  Hl.kv.u.i  jvnir 
l'absence  de  son  père. 

(.1  la  suite  vient  l'inventaire  des  weubles  d'un  •  autre  pavillon  de  la  mcsmc  hassc-cour, 
tirant  du  costé  du  fossé  «  oh  se  trouve  »  la  chambre  du  tapissier  •  «•/  f Inventaire  du  .  premier 
pavillon  en  entrant  dans  l'avant-cours  i'i  main  g.iuche  «  oii  /..i.v«f  .  quelques  peintres  ci  lo* 
doreurs  ".l 

De  tous  lesquels  meubles  Claude  l.egras  aprcntif  du  nomme  Legendrc*  sculpteur  »  est 
chargé  et  a  promis  pour  l'absence  de  son  muistrc  de  les  représenter  touttcs  fois  et  quanics. 

Dans  le  pavillon  plus  e.sloigné  de  l'aisle  qui  csl  du  costc  du  fossé  et  qui  a  vcuc  sur  Je» 
jardins  du  chasteau,  nous  avons  trouvé  les  meubles  qui  ensuivent. 

I .  Achctt>ii  pour  Itf  Roi  Ion  de  U  «ciil«  <le  Koiicjun 
■1.  ('iiiIhiio  nu  liulHiio-Riihulhi,  •mm  1  »• 

'.  Niiu»  avdiK  Ji'ii*  parlo  Jo  Nlcola»  I  , 


<)<' 


LES  A.\i.\  1  i;t Ks   \y\-:   i.'.\n'(;ii;nn1':   i-uance 


En  une  cliambrc  où  loge  le  sieLir  de  la  Rivière  médecin  : 

Une  tapisserie  de  Bcrgamc. 

l'kis  un  lict  de  serge  jaulnc  garny  complet  avec  une  paillasse  commune. 

Plus  six  sièges  et  un  fauteuil  de  mesme  esioffc. 

Plus  une  couchette  garnyc  complettc. 

Plus  une  table  et  un  tapy  verd  et  un  petit  miroucr. 

A  costé  est  une  petite  chambre  servant  d'appoticairerie  en  laquelle  il  n'y  a  que  des 
drogues  et  ustancilles  servans  à  la  médecine.  Lesquelles  ledict  sieur  de  la  Rivière  nous  a  dit 
luy  appartenir. 

Tous  lesquels  meubles  et  linge  nous  avons  laissé  en  la  garde  dudict  sieur  de  la  Rivière 
qui  s'en  est  chargé,  a  promis  de  les  représenter,  et  déclare  ne  pouvoir  signer  à  cause  de  sa 
maladie. 

Dans  le  pavillon  qui  est  dans  hidicte  basse  cour,  sur  le  fossé,  où  logcoit  ledict  Courtois  * 
capitaine,  et  où  sa  femme  demeure  encore  à  présent,  nous  avons  trouvé  les  meubles  qui 
ensuivent... 

Dans  une  autie  chambre  joignant  où  logent  les  gardes... 

Dans  un  grenier  ayant  veue  sur  ladicte  basse  cour  : 

Nous  avons  trouvé  plusieurs  thoilles  de  machines,  du  fer  blanc,  des  cordages,  du  papier 
à  faire  fuzées  et  autres  choses  servant  ausdictes  machines  -. 

Les  meuliles  desquelles  trois  chambres  nous  avons  laissé  en  la  garde  de  ladicte  Courtois 
qui  s'en  est  volontairement  chargée,  a  promis  de  les  représenter  toutes  fois  et  quantes 

Ht  parce  que  pendant  le  temps  que  nous  avons  esté  audict  lieu  de  Vaux  pour  vacquer  à 
l'exécution  de  noslre  dicte  commission,  mesme  depuis  nostrc  retour  à  la  suitte  du  conseil  de 
sadicte  iVIajesté,  plusieurs  particuliers  créanciers  dudict  sieur  Fouquet  nous  ont  faict  signilfier 
diverses  oppositions  à  la  levée  dudict  scelle  et  confection  de  l'inventaire  des  effects  trouvés 
soubz  iceluy,  auz  fins  destre  conservées  et  payez  de  leurs  deul>z,  mesmes  que  plusieurs  domes- 
tiques, ouvriers  et  marchandz  qui  ont  travaillé  et  fourny  des  mathériaux  et  autres  choses  audict 
lieux  de  Vaux  ont  présenté  diverses  requestes  et  placetz  à  sa  dicte  Majesté  et  à  nous,  pour  estre 
payez  de  marchandises  et  denrées  par  eulx  fournycs  pour  la  construction  et  entretien  des 
bastimens  et  dépendances  dudict  lieu  de  Vaux,  et  pour  leurs  gages  et  sallaires.  Nous  avons 
icelles  oppositions  requestes  et  placetz  faict  rédiger  en  deux  estatz  séparez,  le  premier  conte- 
nant lesdictes  oppositions,  et  l'autre  Icsdictes  requestes  et  placets.  Lesquelz  estatz  nous 
n'avons  jugé  à  propos  d'incérer  en  nostre  susdict  procès-verbal  auquels  néantmoins  ils 
demeurent  joinctz  et  nous  y  rapportons. 

Je.\n    d'Estempes.  De    Verth.\mont. 

De  Vallancav.  Paget. 

Albertas. 

Par  mesdits  sieurs 

Guis  AIN. 

i.Rcnigne  Courtois,  dont  on  a  dcji  parlé  page  .S;,  avait  quitte  la  maison  du  Roi,  où  il  était  maître  d'hôtel 
ordinaire,  pour  entrer  chez  le  Surintendant.  Sa  femme  se  nommait  .Marie  Coûtant. 

2.  Ces  pièces  avaient  prohahlement  servi  au  feu  d'artifice  qui  termina  le  ballet  des  Fàcliciix  do  iMolière,  lors  de  la 
fameuse  fête  de  Vaux  le  17  août  irtôi  ;  La  Fontaine  en  parle  dans  une  lettre  à  Maucroix  (22  août  i66i|. 


ETAT   DES   MEUBLES 

DK   l'inventaire   DE   M.    FOUCQUET  QLI  ONT  ÉTÉ  MIS  A   PART   PAR  LE  ROV 

(Archives  de  l'Oise.) 


.N'uméms 
ii>.'  rJDteDliire. 

1  i 

U3      — 

s  5 

s 'S. 
•sa 

ç 

s 

M.     .    -^ 

Un  lit  de   brocart  fond  d'argent  avec  les 

1     et        12 

5,(>oo 

siètîcs      .      .      .          .          

."*-fS*--' 

Un  lit  de   velours   vert  en    broderie   fort 

1 0  et      1  3 

14,000 

riche  avec  tous  les  sièges. 
Un  autre  lit  de  velours  vert  ch.imarc  de 

1 1  et     i6 

4,400 

grandes  passement,  d'or  et  d'argent.  .  . 

23 

i,5oo 

Tenture  d'Appollon  ci 4  s jisoiis\aine etsoic. 

3 

24 

78 

3  1  2 

24 

i,Goo 

Tenture  L'Hisloirc  d' Abraham  soie.  . 

33 

1/3 

2  1 1  li 

33 

5,000 

Tenture  Les  Œuvres  de  miséricorde  %o\^. 
Tenture  Verdure  et  Chasses  de  Bruxelles 

"2'* 

!    ■? 

*     •■    : 

34 

800 

soie  ... 

38 

tlO 

Tenture  Sujamif  ci  ics  vieiiurjs  -.nu- 

4 

^       -     ,N 

4" 

2,000 

Tenture  \.' Histoire  de  f'ntistaïUin  or 

■  -K 

3  1  i 

-t' 

i5o 

Une  portière  or 

'  1  i 

4î 

2()0 

Tenture  La  Fracitoit  du  pain  so;c 

2 

«.J 

i 

43 

200 

Un  grand  tapis  or  .  . 

3 

l'a 

1     ?    12 

■44 

t'.o 

Tapis  or 

'  4 

L-? 

1,200 

Tenture  Verdures  de  Fouquieres  soie. 
Le  festin  de  Simon  le  lépreux  or.  .  .  . 
.\otre  Sei<;iieur  portant  sa  croix  or.   . 

13 

11 

a 

73 

1,000 

.\otre  Seigneur  devant  Pilate  or.   .  .  . 

«4 

Un  f'cce  homo  or 

•4 

1  S 

3  1  .• 

J    i    1  j 

La  Résurrection  de  S.  i'.,  or 

70  et     77 

750 

Tenture  Lhistoire  de  Si  Jeàn-liaptiste or. 

4 

10 

7  H 

t)0 

Tenture  Sotre  Seii;neur  en  croix  soie.  .  . 

1  4 

"•1 

.i5o 

Tenture  S'  Luc  qui  peint,  or.    .  . 

1,3 

•    *   4 

^  i 

i,3oo 

Tenture  Les  Actes  des  Apâires  or 
Un  tapis  or 

f. 

i3 

-  s 

1    ï   » 

Si 

3oo  '  Tnpis  or.  . 

1     1    i 

(   Tiipis  or. 

$l> 

I 

•^4 

30      Un  tnpis  de  velours  vert  de  la  Chine.  .  . 

^ 

S.'> 

3oo 

Tupi»  demi  double,  tnfctax  bien 

9« 


LKS    AMA  I  IllKS    I)K    L'ANCIENNE    FRANCE 


41 


\uiDfri)\ 
(II'  l'iuïi'rilaiie. 

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2.400 

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1)00 

102 

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"J7 

120 

200 

1)0 

liOI 

2  5o 

202 

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354 

3,000 

337 

•'4 

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1,800 

m',    et   4:;  + 

4,000 

424 

11,789 

425 

800 

447 

8,000 

Tenture  IJHisioirc  de  Priant  soie  . 

L'histoire  t-VArthémisa  soie 

Tenture  Les  Vertus   soie 

Un  tapis  de  Perse 

Tapis  de  Perse 

Tapis  de  Perse 

Tapis  de  Turquie 

Tapis  de  Perse 

Les  Doitje  mois  or 

Tapis  de  Perse 

Tenture  l^'Histoire  de  Gèdéaii  soie 
Tenture  L'Histoire  d'Iphigcnie.  .  . 
Tenture  La  Fable  de   Viilcan  or.  . 

Tapis  de  Perse 

Tenture  L'Histoire  de  Saloninii.  .  . 

L' Adoration  des  Kois 

Deux   petits   soubassements 

Six  soubassements  de  même.  .  .  . 


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3  1/6 
3  7/12 

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3  1/2 
3  2/3 
3  3,8 
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1  3/4 
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AUTRES    MEUBLES 


lin  chandelier  de  cristal. 

Un  vase  de  vermeil  doré  avec  figures  d'ivoire. 

Une  petite  table  ronde  de  porphire  sur  4  piliers  de  bois. 

Quatre  petites  tables  octogone  de  marbre  jaspé  sans  pied. 

Deux  tables  octogones  de  marbre  des  Pvrennées  sur  un  pied  en  balustre  de  même 
marbre. 

Deux  tables  longues  de  marbre  blanc  et  noir  sans  pied. 

Une  table  de  marbre  de  rapport  octogone  en  de  sordre  sur  un  pied  de  hois  doré  tout 
gasté. 

Une  table  de  marbre  vert. 

Une  table  carrée  longue  de  marbre  de  Languedoc  rouge  et  blanc  sur  un  méchant  pied 
de  bois. 

Une  table  de  marbre  jaspé  de  3  pieds  7  pouces  de  long  sur  2  pieds  7  pouces  de  large. 

Une  table  d'étain  et  cuivre  sans  pied. 


PIÈCES    JUSTIFICATIVES  ,„j 

Deux  tables  rondes  et  pans  de  bois  de  cèdres  sur  leurs  pieds. 
Cinquante  six  aunes  de  brocar  bleu  à  fleurs  d'or. 

Trente  huit  aunes  brocat  fond   de  lames  d'argent  à  fleurs  d'or  et  de    soie    de  diverses 
couleurs  à  41. 

Deux  petits  bassins  de  cristal. 

Un  vase  de  cristal  avec  son  pied  d'or  émaillc. 

Treize  cent  trente  six  carreaux  de  marbre  blanc  et  noir'. 

I.  Voir  riiivi:ntairc  Je  Vaux,  page  95. 


ESTAT  DE  CE  QUI  A  ESTE  VENDU  ET  ADJUGE  AU  ROY 
A    l'inventairf    fait   des    meubles    de    m.    foucquet 

(Archives  de  l'Oise.  Pièce  probablement  incomplète  ) 


Premièrement  cinquante  six  aulnes  et  demie  de  brocard  à  grand  fleurs 

fond  bleu,  à  21  1.   l'aune iiSo  1.  lo  d. 

Trente  huit  aulnes  trois  quart  de  brocard  nuance,  ù  quarante  une  livres 

l'aune 1428  1.  i5  d. 

Deux  plats  de  cristal  de  roche  garnis  d'argent  doré  avec  les  estuis     ...  43 1  I. 

Une  couppe  de  cristal  avec  son  pied  dor  esmaillé  ou  il  y  a  4  petits  rubis, 

le  couvercle  d'or  esmaillé  avec  son   estuy 93 1  1. 

Une  table  de  porfire  en  rond  avec  son  châssis 1098  l. 

Quatre  dessus  de  table  de  marbre  de  Languedoc  jaspé  en  octogonne    .    .  400  I. 

Un  grand  lustre  de  cristal i353  I. 

Huit  cens  de  carreaux  de  marbre  blanc  et  noir' 960  1. 

(Pièce  non  signée  et  avec  des  ratures.) 
I.  Voir  riiivcntiiire  de  Vaux,  page  95. 


TABLE 


CHAPITRE    1 


La   Curiosité   française  au    xvn-   siècle,    les    précurseurs  de   Nicolas    Foucquet.    M- Je    Rn:.- 
bouillet,  le  Cardinal  Mazarin,  les  grippes,  les  financiers  

CHAPITRE    II 

Nicolas  Foucque.,   Krançois  Foucquet.  Sain-Mande,   la  bibliothèque,  les    sarcophages.   Vaux- 
Ic-Vicomtc,  inventaire  du  château 

CHAPITRE    111 

Les  agents  de  Foucquet  en  Italie,  l'abbc  Louis  Foucquet;  le  Poussin,  la  Ma.,.,,  et  les  T^mcs. 
Maucroix,  Bertinetti . 

CHAI'IIRE    IV 

Procès  de  Foucquet.    Ce  que  «ont  devenus  Sainl-Mande,  V..ux.  les  tarisserics.  les  statues.  le, 
meubles,  les  livres,  les  sarcophages 

PIECES    jrSTllICA  1  1\  L> 

Prisée  des  bustes  de  Snint-.Mandc 

Estimation  des  médailles 

Estimation  de»  bustes  de  Vaux 
Mémoire    de   Girnrdon 
Estimation  de»  pierreries.   •   • 

Inventaire  du  chAtcnu  de  Vaux 

Etat  des  meuble»  mis  à  part  pour  le  Roi. 
Kiut  de  ce  qui  a  ete  vendu  au  R"'i 


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BonnaTf^,  Ednond 

Les  anateurs  de  l'ancienne 
France 


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iii. 

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